AMPUTATION DES OS DU MÉTATARSE DANS LEUR CONTINUITÉ
Quelques faits d'anatomie chirurgicale. — La face dorsale du
pied est plus convexe que celle de la main -, s'il n'est pas possible de se procurer les cisailles de Liston^ cette disposition augmente les difficultés pour pratiquer la section des cinq métatarsiens avec ]a scie.
La face plantaire du pied est plus concave que la région palmaire de la main ; cette circonstance semble rendre beaucoup plus difficile la confection du lambeau inférieur, lorsqu'il doit être fait de dedans en debors 5 mais les os du tarse couvrent une épaisseur considérable de tissus -, le couteau en embrassera une couche suffisante en rasant seulement le premier et le cinquième métatarsien.
Les intervalles qui séparent les métatarsiens sont moins larges qu'à la main, abstraction faite du premier; cette largeur diminue graduellement de celui-ci au quatrième ; elle est infiniment moins marquée postérieurement qu'à la partie moyenne, et même à l'antérieure; des divers états que nous venons d'exposer, naissent plus de difficultés pour le passage du couteau : les os du métatarse sont juxtaposés en arrière dans une plus grande étendue que les métacarpiens : au devant de cette juxtaposition les espaces interosseux sont en général tellement étroits qu'il est trèsdifficile , je dis même impossible de pouvoir y engager convenablement le couteau pour dénuder les os des parties molles qui les recouvrent; l'étroitesse dont nous nous occupons, s'observe surtout sur le troisième et le quatrième de ces espaces où elle s'étend d'ailleurs plus loin, il faut le répéter.
Les extrémités antérieures des métatarsiens sont plus rapprochées les unes des autres, que celles des irëtacarpiens ; ce fait,] très-important d'anatomie chirurgicale exige que, surtout au pied, le couteau racle l'articulation de l'os du métatarse qui doit être enlevé , afin d'éviter sûrement l'article voisin qu'on est tant intéressé à ménager et que j'ai vu si fréquemment ouvrir dans mes cours de médecine opératoire par de jeunes chirurgiens distingués, qui avaient oublié le principe que je viens d'indiquer.
La face plantaire des extrémités antérieures des métatarsiens offre , toutes choses égales d'ailleurs , des saillies plus marquées que celles qu'on observe sur la même région des métacarpiens ; sous ce rapport , la marche du couteau sera donc plus difficile au pied.
Bien que les os du métacarpe jouissent d'une plus grande mobilité que ceux du métatarse;, ceux-ci néanmoins se rapprochent
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comme à la main lorsque surtout l'un d'eux est coupé en biseau aux dépens de Tune de ses faces latérales.
Plus volumineuse que les autres , l'extrémité antérieure du premier métatarsien est souvent augmentée de volume par un état pathologique, qu'occasionnent ordinairement les chaussures étroites et qui en général n'est pas dangereux -, cette extrémité osseuse constitue un grand obstacle pour la formation du lambeau interne, pratiqué de dedans en dehors, quand on fait l'amputation de l'os du métatarse qui soutient le gros orteil,
La concavité de la face plantaire est plus profonde en dedans qu'en dehors ; les chairs qui embrassent le premier métatarsien offrent une légère saillie du côté du bord tibial du pied ^ elles jouissent de peu de mobilité -, or il est difficile de les attirer assez en dedans pour que, si l'on ampute cet os, le lambeau ait la largeur et l'épaisseur nécessaires.
Les muscles de la région plantaire débordent en dehors le cinquième métatarsien dans une certaine étendue j ces muscles peuvent être beaucoup refoulés de ce côté par des pressions exercées de bas en haut et du bord interne à l'externe avec les trois doigts du milieu appliqués sur la face inférieure du pied ; il résulte de ces faits qu'on peut fort bien, quand l'extrémité antérieure et externe de cet os n'est pas trop tuméfiée , pratiquer le lambeau en divisant les tissus d'abord par ponction et ensuite par incision.
On sait que les orteils sont plus profondément implantés dans l'épaisseur du pied que les doigts dans l'épaisseur de la main 5 ainsi les articulations des premiers sont moins faciles à reconnaître que celles des derniers et exigent nécessairement plus de soins pour constater leur siège et pour éviter dans les amputations les articles qu'on doit ménager; car personne n'ignore combien leur lésion est dangereuse et à quelles phlegmasies ces lésions donnent lieu 5 j'ai vu dans ma jeunesse des malades succomber à la suite de l'ablation d'un ■= orteil 5 l'autopsie m'a montré quelquefois que l'une des articulations voisines avait été ouverte et qu'elle était devenue le point de départ de l'inflammation phlegmoneuse , des fusées purulentes qui, s'étendant même jusqu'à la jambe, avaient réagi sur le canal intestinal et produit bientôt des phénomènes locaux et généraux mortels.
Le corps du premier métatarsien est beaucoup plus volumineux que celui des autres ; cette circonstance exige que la scie
le divise davantage en biseau aux dépens de sa face interne. Près de son extrémité postérieure le cinquième métatarsien présente une largeur considérable ^ il faut aussi que la section en biseau soit faite sur ce point de l'os dans une plus grande étendue aux dépens de son côté externe. .