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MAMMITE DES VACHES LAITIÈRES

iiailvc à la Société centrale de médecine vétérinaire une mammit^ chronique s'observant assez fréquemment c'iu^z les vaches en lactation, et qui, « par la profonde altération du lait qu'elle entraîne, et surtout par la faculté qu'elle possède de se transmettre des vaches malades aux vaches saines, devient une véritable calamité pour les établissements où l'on entretient un grand nombre de femelles pour la production industrielle du lait destiné à la consommation. »

En 1887 MM. Nocard et Mollereau donnaient dans les Annales de Pasteur (n" 3, mars 1887) une description complète de l'affection et de son microbe pathogène. Nous empruntons presque textuellement la substance de notre article au mémoire de ces auteurs.

II. Contagion de la mammite de Nocard et Mollereau. — - Lésions de la mamelle. — Altérations du lait.

Ainsi que l'indique son nom, cette mammite s'observe chez les vaches en lactation ; elle est très contagieuse; une vache malade, introduite dans une étable jusque-là indemne, contamine bientôt un grand nombre d'autres vaches.

La contagion se fait par contact médiat, et l'agent virulcMit est le lait, qui contient toujours une grande quantité de microbes pathogènes.

« C'est la main de la personne chargée de la traite qui transporte les germes du contage du trayon malade au trayon sain. Non seulement le trayeur néglige de se laver les mains lorsqu'il passe d'une vache à la suivante, mais encore c'est l'habitude générale dans toutes les vacheries de malaxer le trayon, avant de commencer la traite, en l'imprégnant à diverses reprises du lait qu'on vient do recueillir; il est facile de comiucndre que, si ce lait renferme les microbes de la mammite, la

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petite couche ({ui, après la traite, reste adiiérenlc au tégument peut devenir le point de départ de l'infection de la mamelle. »

La inaramite contagieuse des vaches laitières présente deux symptômes cardinaux :

1» La lésion de la mamelle ;

2° V altération du lait.

{° De la lésion de la mamelle nous ne dirons qu'un mot : c'est une induration, un noyau induri' qui, paraissant d'abord à la partie inférieure de l'un des quartiers, au-dessus de la base du trayon, s'étend lentement, mais d'une façon continue, et finit par envahir plusieurs quartiers.

2" L'altération du lait est des plus importantes. Pour la bien étudier, il convient de recueillir jnirement le lait des glandes malades dans des tubes à essai stériles, suivant le procédé deDuclaux que nous avons indiqué déjà ailleurs (V. chap. ui).

" Les tubes ainsi recueillis sont maintenus debout pendant vingt-quatre heures à la température de la chambre. Après ce temps, il s'est déposé dans la moitié ou le tiers de la hauteur de la colonne liquide une substance opaque, de couleur blanc sale, homogène ou grumeleuse suivant que la maladie est récente ou plus ancienne ; au-dessus, le liquide s'est éclairci, prenant l'aspect d'un sérum opalescent, d'une teinte blanc jaunâtre, ou jaune sale, ou légèrement rougeàlre, suivant l'âge de la lésion. Enfin, à la surface, s'est amassée la matière grasse plus ou moins diminuée de quantité. La réaction du lait, même au moment de la traite, est ordinairement acide, et l'acidité augmente de jour en jour, très rapidement, si le lait recueilli est conservé à l'étuve. Plus le lait parait modifié dans ses caractères physiques, plus l'acidité est prononcée. >i

« Lorsque la lésion est roccnle, il est possible

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i[ue lu luit prusL'Ulo au moment do l;i traite tous les caractères du lait normal ; mais il tourne, c'ost-à-dire se coagule et devient acide, avec une grande rapidité et, si l'on commet l'imprudence de le mélanger au lait fourni par les vaches saines, la masse tout entière s'allère au point de ne pouvoir être utilisée. »

m. Le microbe de la mammite de Nocai'd et MoUereau. — Caractères dans le lait, dans les tissus malades. — Coloration.

Si l'on port(ï sous le microscope et qu'on examine sans coloration une goutte du lait altéré recueilli purement, on constate qu'il renferme un nombre considérable de leucocytes, parfois agglutinés pai' un réseau très serré de filaments muqueux et librineux; en prolongeant l'examen, on peut distinguer, au centre de ces masses cellulaires, un enchevêtrement de véritables chapelets ou de chaînettes extrêmement fines, dont chaque grain arrondi ou ovoïde mesure à peine un [j. de diamètre.

« L'enqiloi des couleurs dérivées de l'aniline rend plus nette la constatation de cet élément anormal.

« Le lait étalé en couche sur une lamelle séchée à l'air libre, ]niis fixé par l'action rapide de la flamme, de la lampe à alcool, la lamelle est déposée à la surface d'une solution aqueuse de bleu (le méthylène, de violet de gentiane ou de fuclisiiii; (rabine ou rougi; diamant); puis, après un temps variable, elle est lavée à l'eau distillée, séchée à une douce température, éclaircie à l'essence de girofle, puis au xylol, montée nuliii dans le baume ou larésine d'Animar.

» Ivvaminée à un grossissement d'au moins trois cents diamèli'os, la préparation nionl le un nombre considérable de cliapelels ou de ciiainettes (.s/rr/*-

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lococcus), parfois extrêmement longues, enchevêtrées en tous sens, et formant un réseau dont les mailles enferment un grand nombre de leucocytes, réunis d'autre part par des lilaments plus ou moins abontlants de matière muqueuse ou fdjrineuse. « En règle générale, les cliainettes sont d'autant

l'ig. .'i.'i. — .Manimile dos vaciu-s laitière*.

A, Cullmc. I.eilz. oc :i. oljj. l/li.

B, Lait. Mrme ^i^i'ussisseniont.

plus longues, et les grains qui les composent paraissent fixer la matière colorante avec d'autant plus fie rapidité et d'énergie, que la lésion de la mamelle est plus récente. Quand la lésion est déjà ancienne, les cliainetles sont moins longues, ré-

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duitcs il un assemblage de six, huit ou dix grains, et on ne trouve plus trace de matière niuco-fihrineusc, on sorte que les éléments anatomiques sinublciit libres dans le sérum, et se répartissent plus uniformément sur la lamelle.

« La méthode d'Ehrlich échoue absolument. La méthode de Gram donne également des résultats peu satisfaisants; pour peu que l'action de l'alcool soit prolonge, le microbe se décolore pour prendre rapidement la couleur complémentaire. »

L'examen des coupes des tissus malades se fera parles procédés de Malasscz ou de Lol'fler. Le procédé de Gram ne donne aucun bon résultat; le procédé de Weigert réussit beaucoup mieux.

« On peut aussi obtenir de bonnes préparations en employant le violet 6B en solution aqueuse, ou le violet de gentiane en solution alcaline, et en substituant à la solution iodo-iodurée de Gram l'action de la liqueur de van Swieten avant la décoloration par l'alcool. »

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