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II. Culture et morphologie du bacille de la diphthérie

Voici comment MM. Roux et Yersin, suivant d'ailleurs à peu près le procédé deLofller, ont isolé le bacille de la diphthérie, et en ont obtenu des colonies pures qu'ils ont pu cultiver ensuite.

L'isolement se fait sur sérum ou gélose. « Avec un fil de platine, on étale à la surface d'un tube de sérum coagulé une petite parcelle de la fausse membrane. Avec le même fil, sans le recharger de semence, on faitplusieurs stries sur différents tubes de sérum. Dans les tubes ensemencés les premiers, il se développe à la température de 4- 33°, le long des stries, un grand nombre de colonies variées trop rapprochées pour être reconnues ; mais dans les tubes semés en dernier lieu, les colonies sont assez nettement séparées pour que l'on puisse distinguer parmi elles celles du bacille spécifique. Elles se présentent sous la forme de petites taches arrondies, blanc grisâtre, dont le centre est plus opaque que la périphérie; elles poussent énergiquement sur le sérum, et forment bientôt de petites plaques rondes et saillantes. La rapidité du développement sur le sérum fait que les colonies de ce bacille sont déjà très apparentes avant que les organismes d'impureté aient pullulé. »

La séparation sur tubes de gélose se fait de la même façon ; le développement plus lent, mais très caractéristique, se fait bien à -+-33".

Les colonies pures ainsi isolées seront semées dans les milieux appropriés, c'est-à-dire les bouillons, le sérum et la gélose.

Le bacille de la diphthérie est aérobie et aussi anaérobie, toutefois il pousse plus vigoureusement à l'air : de toute façon son développement nécessite la température de l'étuve.

Dans les bouillons (le bouillon de veau alcalin

MALADIES MICROBIENNES

paraît le plus convenable) le bacille pousse abondamment à l'air; le milieu devient bientôt acide, et l'acidité disparaît à son tour après un temps assez long : le milieu redevient alcalin. « Le développement se fait sous forme de petits grumeaux qui se fixent sur les parois du vase. » Cultivé dans les bouillons à l'abri de l'air, le bacille de la dipbthérie donne au milieu une réaction acide, qui persiste.

De tous les milieux solides, celui qui paraît le plus convenable est le sérum peptonisé de bœuf, de mouton ou de cheval.

Le bacille de la dipbthérie est immobile.

Il se colore facilement par le bleu alcalin de Lôffler et apparaît sous forme d'un petit bâtonnet, de la longueur du bacille de Koch, mais plus épais, à extrémités arrondies se colorant mieux que la partie moyenne. Il paraît dans les cultures plus petit que dans les fausses membranes. Dans les cultures un peu anciennes « les bâtonnets ne se colorent plus uniformément; on voit dans l'intérieur des grains très foncés qui donnent l'illusion de spores ». Dans les cultures plus âgées encore, » les bacilles ont presque tous perdu la propriété de prendre les matières colorantes. Quelques-uns qui présentent des formes renflées, arrondies, ou en poires se teignent encore fortement ».

Les cultures se conservent longtemps sur sérum, et dans le bouillon, soit à l'étuve, soit à la température ordinaire.

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