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III. Dipbthérie expérimentale

MM. Roux et Ycrsin ont montré que :

A. Les cultures pures portées au contact des muqueuses excoriées chez certains animaux donnaient naissance à la fausse membrane diphtérique.

DlPUTHÉRlt:.

B) L'inoculation sous-culanée, l'injeclion intraveineuse, l'injection iiitra-péritonéale de cultures pures tuaient les sujets (rcxpérience.

C) Les inoculations expérimentales de cultures pures pouvaient reproduire la paralysie diphthérique.

A. En excoriant, avec un fil de platine chargé de la culture, soit la muqueuse du ])liarynx, soit la conjonctive cliez les lapins, les cobayes, les pigeons, les poules, on reproduit la fausse membrane dip h Ibérique.

Une curieuse expérience consiste à trachéotomiser un lapin, et à porter un fil de platine, chargé de la culture, sur la muqueuse trachéale. La fausse membrane se développe en cette région, el J'issue fatale est la règle avec des symptômes mécaniques qui rappellent le croup chez l'homme.

B. « L'introduction dans le muscle pectoral et le tissu sous-cutané de pigeons de un centimètre cube d'une culture » tue l'animal en moins de soixante heures. Inoculé avec un cinquième de centimètre cube et avec des doses inférieures le pigeon résiste ordinairement.

A l'autopsie des pigeons qui ont succombé on trouve « au point d'inoculation, sous la peau et dans le muscle, un petit enduit grisâtre et un (edème gélatineux. Le muscle qui a reçu une partie du liquide est gonflé et ses fibres ont une teinte jaune. On ne rencontre aucune lésion apparente des organes internes, si ce n'est de la congestion. Les vaisseaux sont dilatés et contiennent un sang noir coagulé. »

Les lapins inoculés sous la peau avec une dose suffisante de virus (plus de un centimètre cul)C de culture) meurent d'autant plus vite que la dose a été plus forte. << Après l'introduction du bacille de la diphthérie sovis la peau d'un lapin, on observe rn. riE jucnoiiir:. 22

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bientôt un œdème considérable; l'animal devient triste, ne mange plus et meurt sans convulsions dans l'attitude où il se trouve. L'autopsie montre au point d'inoculation un œdème étendu, infiltrant un tissu induré, avec piqueté hémorrliagiquc ; un gonflement des ganglions de l'aine et de ruisselle; une congestion de l'épiploon et du mésentère avec petites ecchymoses le long des vaisseaux. Le foie friable présente une teinte jaune, et il est le siège d'une dégénérescence graisseuse. L'épanchement pleurétique est exceptionnel et les poumons sont presque toujours sains. »

Le cobaye est, de tous les sujets de laboratoire, le meilleur réactif expérimental de la diphthérie ; il succombe à l'inoculation sous-cutanée de petites doses, et présente à l'autopsie les lésions suivantes : enduit membraneux grisâtre limité au point d'inoculation, œdème gélatineux plus ou moins étendu, congestion des ganglions et des organes internes, surtout des capsules surrénales, épanchement séreux dans les plèvres, splénisation pulmonaire.

Chez l'homme succombant à la diphthérie le bacille ne peut être retrouvé que dans les fausses membranes, qui seules peuvent donner des cultures : le sang et les organes ne contiennent jamais l'agent pathogène ; le même fait, si intéressant et si important, se retrouve dans la diphthérie expérimentale.

Chez les cobayes inoculés sous la peau, le bacille ne pullule qu'au point d'inoculation, dans l'œdème gélatineux qui se développe en cet endroit. « Après quatre heures l'œdème est manifeste au point d'inoculation; les bacilles augmentent dans cet œdème local jusqu'à la sixième ou huitième heure; un certain nombre sont enfermés dans les cellules; mais l)ienlôt leur nombre va en

DIPIITHÉRIE.

décroissant, et au moment de la mort de l'animal, il y a moins de microbes au lieu de l'injoction qu'il n'y en avait six ou huit heures après qu'elle venait d'être faite. Le sang et les pulpes organiques ne contiennent pas le bacille, ou le contiennent exceptionnellement, et restent absolument stériles à l'ensemencement.

Ainsi donc développement du bacille au point seul d'inoculation, et encore même semble-t-il qu'en ce point son développement soit liientôt entravé. Aussi les passages de cobaye à cobaye sont-ils très difficiles, et ne peuvent aller au delà du deuxième passage.

Inoculations intra-velneuses. — Chez les lapins, inoculés dans les veines avec le virus de culture pure, la mort est la règle en moins de soixante heures.

« Les lésions que l'on trouve à l'autopsie sont une congestion générale des organes abdominaux, une dilatation des vaisseaux, le gonflement des ganglions, une néphrite aiguë, et très souvent une dégénérescence graisseuse du foie qui présente cette teinte jaune dont nous avons déjà parlé. »

A l'examen microscopique du sang ou des organes des lapins qui succombent à l'injection intra-veineuse on ne trouve pas de microbes. « Il faut semer de grandes quantités de sang ou de pulpe de rate pour obtenir de temps en temps une culture. A aucun moment, avant la mort de l'animal, on ne peut surprendre une culture notable dans le sang ou les organes. »

Inomlalions dans le péritoine. — Elles tucut le cobaye, mais moins rapidement que l'inoculation sous-cutanée. Le liquide péritoiiéai des animaux qui succombent, et lui seul, coutieut le bacille.

C. L'i reproduction cxpcrimenlale de la paralysie diphthériqiie est un des points les plus intércs-

MALADIES MICROBIENNES

sants du beau travail de MM. Roux et Ycrsin. M. Lôffler n'avait pu constater ces paralysies chez les sujets auxquels il inoculait le bacille qu'il avait cultivé. MM. Roux et Yersin ont été plus heureux. « Des paralysies, écrivent-ils, s'observent chez les animaux inoculés de la diphthérie, soit dans la trachée, soit sous la peau. C'est même un phénomène très fréquent lorsque les animaux no succombent pas à une intoxication trop rapide. »

Le premier cas de paralysie diphthérique expérimentale fut observé par eux sur un pigeon qui, inoculé dans le pharynx, avait eu de belles fausses membranes et paraissait guéri.

Les lapins qui résistent aux accidents immédiats (le la diphthérie inoculée dans la trachée présentent le plus souvent ces symptômes paralytiques, auxquels ils finissent par succomber.

La terminaison ordinaire chez le lapin inoculé dans les veines avec un centimètre cube de culture pure est la mort dans un délai de quatre jours, ainsi que nous l'avons dit plus haut, et l'accident terminal est une paralysie généralisée.

« Lorsque la mort ne survient pas dans un délai aussi court, la paralysie est plus facile à observer.

Elle débute d'ordinaire par le train postérieur, et parfois elle est si rapidement progressive qu'en un ou deux jours elle a envahi tout le corps, et que l'animal meurt par arrêt de la respiration et du cœur. « D'autres fois la paralysie reste limitée pendant un certain temps aux pattes postérieures: elle commence par une faiblesse des muscles qui donne à la démarche une allure particulière, puis elle devient plus complète, et les mouvements du train antérieur sont seuls conservés. La maladie est presque toujours envahissante; la paralysie gagne le cou et les membres antérieurs. Il n'est

DIPimiÉRIE.

pas rare de voir la morl survenir subitemeiil sans convulsions, surprenant l'animal dans l'altilude où on venait de le voir quelques instants auparavant. Un groupe de muscles peut être frappé tout d'abord; ainsi, on voit des lapins dont les pattes de derrière sont écartées du corps, comme si l'action des adducteurs était supprimée. Quand ils marchent, leurs membres postérieurs ne se détendent plus, ils avancent l'un après l'autre sans se détacher du sol. Lorsque les pattes du devant sont atteintes à leur tour, l'allure devient comme rampante. Bien que la paraplégie soit le début le plus fréquent, la paralysie peut aussi porter sur les muscles du cou, de façon que la tète ne peut se soulever du sol, et aussi sur les muscles du larynx, ce qui donne la raucité à la voix. »

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