IV. Culture sur pommes de terre
Ces cultures se font dans le vide ou dans un gaz inerte, qui peut être l'acide carbonique, l'hydrogène, l'azote. L'acide carbonique est le plus ordinairement employé.
Les instruments nécessaires à la culture des anaérobies sont d'une part les instruments à faire le vide, d"autre [tart des gazomètres remplis du gaz inerte choisi.
Gazomètrks. — Nous n'avons pas à insister sur la disposition etla construction de ces appareils, non plus que sur la préparation du gaz inerte H ou C0-. La ligure 30 montre un gazomètre très simple qui consiste en deux flacons tubulés à leur partie inférieure, et communiquant par un gros tube de caoutchouc. Ces flacons fermés par des bouchons de caoutchouc munis de robinets, contiennent l'un le gaz, l'autre de l'eau, à laciuelle, suivant le conseil de M. Houx, on fera bien d'ajouter une trace d'hydrosulfitc de chaux pour absorber les dernière^ traces d'oxygètie.
Les INSTRLMENTS A FAUIE LE VIDE SONT :
A. La machine pneumatique à mercure (d'Alvergiiiat);
B. La trompe à eau d'Alvergniat.
La trompe à eau est d'un prix infiniment moins élevé que la machine pneurriatique à mercure, nuiis elle exige une forte pression d'eau, qui ne se rencontre pas partout, et elle est un extracteur de l'aii' moins puissant que la pompe à mercure. C'est à la iiuictiine pneumatique à mercure qu'on doit donner
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la préférence, en n'oubliant pas qu'à son défaut la trompe peut rendre les plus grands services et permet, sans grands frais, d'arriver à d'excellents résultats.
Avant d'entrer dans le détail de la culture des anaérobies, nous allons décrire sommairement les deux appareils extracteurs de l'air, et la façon de les employer à la production du vide.
A. Machine pneumatique a mercure (1). — Cette machine (fig. 30) se compose en principe d'un tube barométrique à large chambre A, relié à un réservoir B par un tube en caoutchouc. A l'aide de la manivelle G, l'opérateur fait à son gré monter et descendre le réservoir B le long du support en bois. Au-dessus de A est un robinet à trois voies D qui permet de faire communiquer A ;
1° En G avec le récipient dans lequel on veut faire le vide ;
2° En R avec l'air atmosphérique.
Entre G et D est en H un réservoir à acide sulfurique concentré, servant d'appareil à dessécher et muni d'un baromètre tronqué M indiquant le degré du vide; entre R et D est le robinet indépendant E.
Soit maintenant un récipient F (qui dans la figure ci-contre est un tube double de Pasteur) dans lequel on veut faire le vide, l'opération se fera de la façon suivante :
Le robinet E étant fermé, le robinet à trois voies étant dans la position ci-conlre J de façon à intercepter toute communication entre A et G, A enfin étant vide de mercure, on relie le récipient F à G par un tube de caoutchouc et on ouvre le robinet du tube G. On établit alors par le ro-
(1) Nous empnnilons la iiluparl des liolails ci-dessous à la notice de M. Alvergniat.
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binet D la communicalion entre A et G, c'est-àdire aussi avec le récipient F ; une partie de l'air contenu dans ce dernier pénètre en A; on établit la communication de A avec R tout en maintenant E fermé, et l'on élève le réservoir B jusqu'au haul du support. Le mercure monte en A, et l'air qui s'y trouvait vient se comprimer sous le robinet E (1); on ouvre alors ce dernier, et l'air comprimé s'échappe dans l'atmosphère à travers la couche de mercure qui garnit R, avec un bruit caractéristique. On referme D et E et l'on opère de nouveau comme il vient d'être indiqué. A chaque opération une certaine quantité d'air est extraite du récipient; on répète ces manœuvres jusqu'à ce que le baromètre M n'indique plus de différence de niveau appréciable.
Le vide avec la machine pneumatique à mercure d'Alvergniatpeutêtre poussé jusqu'à moins de l/oO" de millimètre. II n'est donc pas nécessaire, comme il le sera quand on opère avec la trompe à eau, de remplir le récipient de gaz inerte à plusieurs reprises pour chasser le résidu de l'air.
Si on veut cependant procéder à cette opération, et si on veut d'autre part remplir définitivement le récipient vide d'un gaz inerte CO- ou H, un dispositif ingénieux de la machine permettra d'arriver à ce résultat sans déplacer le récipient, v K g représente un système de tubes dont on comprend facilement l'utilité : ajustez en g un tube de caoutchouc relié au flacon à gaz; ouvrez K, fermez lerobinctde (î ; le gaz passera dans F ; si vous voulez extraire ce gaz, i'ermez K, ouvrez G; F restant en
(1) (JuamI l'ail- est di-jà à un certain degié île rai-ofactiim en A. il faut n'élever le r<Vi|iieut B qu'au tiers du support, et laisser le mercure monter de lui-même ; ou relève ensuite B au haut du support. En élevant li sans précaution, on projetterait le mercure violemment en A et on risquerait de briser le robinet E.
ClJLTURl' DES MICKOBES ANAÉRODIES. 117
place, vous y ferez le vide comme nous l'avons dit.
H. Tkompe a eau. — La ligure (31) ci-conlre donne la l'epvésentalion de ce petit appareil si commode et d'un prix si modique. On l'installe à demeure au moyen d'un tube de caoutchouc bien serré, ou d'une monture métallique, sur un robinet d'où l'ciiu s'cehuppe à forte pression : c'est là une condition essentielle. Il suffira d'ouvrir ce robinet pour mettre l'appareil en marche, et produire le vide dans un récipient en communication avec la tubulure T de la trompe.
Mais le vide avec la trompe, pour être poussé aussi loin que le vide avec la machine pneumatique à mercure, demande un temps fort long : pour abréger l'opération il est nécessaire de remplir et vider plusieurs f(jis le récipient de gaz inerte afin d'en chasser les dernières le vide fait, on peut ih'sircr le récipient de CAï- on do II.
Le récipient doit donc être mis en communication d'une part avec la tubulure de la trompe, d'autre part avec le gazomètic ; l'un des deux disfiositifs suivants, également siniiile, réunira toutes les conditions voulues :
Kig. 31. — Tronifio ù Oiiu.
traces d'air. En outre, remplir delinlLivemcnt
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i" Près de la trompe, sur un support, installez un (( tube en T, qui communiquera par sa branche F
avec la trompe, et par sa branche E avec un gazomètre contenant de l'acide carbonique... Les deux branches F et E portent chacune un robinet »
(Roux) (flg. 32).
Rattachez par un caoutchouc épais le récipient à vider d'air (ce récipient, dans la figure ci-contre d'après Roux, est un tube double de Pasteur) au tube en T; reliez chacune des branches F et E avec la tubulure latérale de la trompe et avec le gazomètre. Pour faire le vide fermez le robinet de la branche E, ouvrez celui de F et mettez la trompe en marche. Lorsque le vide est partiellement fait, il faut, pour le compléter, rincer l'appareil deux ou trois fois avec CO'' ou H qu'on extraira ensuite. Fermezle robinetF, ouvrez le robinet E ; le gaz passe dans le récipient ; videz le gaz on fermant E et ouvrant F ; recommencez deux ou trois fois cette manœuvre; vous aurez extrait tout l'air du récipient, qui pourra alors être laissé vide ou être rempli de gaz inerte.
CULTURE DES MICROBES ANAÉROBIES. il9 La figiu'c 33 représente un autre dispositif
qui repose sur le jeu d'un lobiiict à Irois voies
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Le Uibe enT ABC inainleiiu par un support porte en 0 un robinet à trois voies. Le tube A sera relié ix la tubulure latérale de la trompe par un tube en caoutchouc S; le lube B sera mis en communication avec le gazomètre parle tube U; enfin le récipient à vider d'air sera suspendu à C par un troisième tube du caoutchouc.
On comprendra facilement comment le jeu du robinet 0 permet de faire le vide dans le récipient (qui dans la figure ci-contre est un tube simple de Pasteur), d"y amener ensuite CO- ou H et de vider ce gaz autant de fois qu'il est nécessaire, et enfin de laisser l'appareil vide ou rempli d'acide carbonique.