DouIjIc eobralioii des lamelles par lu méthode de
Gram. — Placez la lamelle, la face enduite en bas, sur la surface du violet de Gram, pendant au moins cinq minutes. Portez ensuite la lamelle dans la solution iodo-iodurée pendant une à deux minules; la lamelle prend une teinte brun l'oncé.
Décolorez aussi complètement que possible dans l'alcool absolu.
Lavez et séchez.
Placez ensuite la lamelle dans une solution hydro-alcoolique faible d'éosine, de brun de Bismarck, ou de vésuvine pendant une minute. Lavez, séchez, moulez. —
Les microbes sont colorés en violet foncé, les éléments figurés en rose ou bien en brun, suivant qu'on a employé comme coloration de fond, l'éosine, le brun de Bismarck ou la vésuvine.
Nota. — 11 s'en faut, et de beaucoup, que tous les microbes traités par le procédé de Gram résistent au troisième temps, c'est-à-dire à la décoloration par l'alcool absolu, « prennent le Gram », pour nous servir de la locution usitée en bactériologie.
Les microbes qui ne <( prennent pas le Gram » se colorent alors comme le fond, c'est-à-dire en rose pâle par l'éosine, ou en brun par le brun de Bismarck ou la vésuvine.
La méthode de Gram doit toujours être tentée pour tout microbe donné, car elle fournit un élément diagnostique important, suivant que le microbe prend ou non le Gram.
Dans les cullures pures en milieux solides ou liquides, on obtient des préparations fort nettes en traitant les microbes par la métiiode de Gram, lorsque cette méthode est apte à les colorer : le microorganisme tranche alors plus vivement sur le fond, dont le distingue sa coloration spéciale, que dans les préparations à coloration simple, où
il ne se détache des éléments environnants que par sa coloration pins forte.
5. Double coloration des lamelles par la méthode d'EhrUch (employée pour les bacilles de la tuberculose et de la lèpre).
Placez la lamelle dans le liquide d'Ehrlich violet ou rouge) contenu dans un verre de montre, et chauffez sur la platine jusqu'à ce que des vapeurs se dégagent à la surlace du liquide.
Laissez la lamelle en contact avec la solution colorante pendant au moins cinq minutes. - • Décolorez très rapidement dans l'alcool absolu contenant un dixième d'acide azotique.
Lavez à fond et séchez. Faites la double coloration avec l'éosine, le brun de Bismarck ou la vésuvine, si vous avez employé l'Ehrlich violet; avec le bleu hydro-alcoolique, le brun de Bismarck ou la vésuvine,si vous avez employé rEhrlicli rouge.
Lavez, séchez, montez.
Les bacilles sont colorés en violet, le fond en rose ou brun; ou bien les bacilles sont en rouge, et le foud en bleu ou brun.
i). Double coloration des lamelles pur la méthode de Weigert. — Colorez d'abord la lamelle au picrocarmin ordinaire, ou mieux au picro-carmin de Ortii : ciii([ minutes de contact au plus suffisent. Lavez alors la lamelle dans l'eau distillée, séchezla et placez-la dans la liqueur de Weigert pendant environ dix minutes.
Passez la lamelle dans la liqueur iodo-iodurée. Séchez alors complctcnumt avec du papier- filtre lin, ou mieux avec une ou deux feuilles bien propres de papier à cigarettes.
Lorsque la lamelle est bien sèche, placez-la pour la décolorer dans :
llnilo (l';iniline hUitidic, Xyldl
2 jinfl
Surveillez la décoloration. Lorsque la teinte violette a complètement disparu, et qu'il ne reste plus que la teinte du picro-carmin, lavez au xylol pur, et montez dans le baume.
Les microbes sont colorés en violet; le reste de la préparation en rose.
Nola. — Tout ce que nous avons dit de la méthode de Gram s'applique à la méthode de Weigert ; il faut ajouter seulement que beaucoup de microbes qui ne prennent pas le Gram, prennenl le Weiije^'t, beaucoup plus puissant, mais aussi inférieur en finesse de coloration. ~"
III. Examen des cultures provenant de milieux solides avec coloration.
On prend purement, suivant la méthode indiquée au chapitre V, avec le fil de platine, une parcelle minime de la culture à examiner; on la mélange à une goutte de bouillon stérilisé, placé sur une lamelle bien propre. On a ainsi un liquide lactescent. On nettoie une seconde lamelle qu'on applique sur la face enduite de la première ; avec le pouce et l'index on les fait glisser l'une sur l'autre. Les deux lamelles sont ainsi uniformément enduites. Il ne reste plus qu'à les sécher et les colorer par les procédés indiqués au paragraphe II ci-dessus.
rv. Examen des liquides et des pulpes organiques
1. Examen des liquides sans coloration. — Les liquides étant recueillis comme nous Tavons dit au chapitre IV dans des pipettes, il suffit d'en placer une goutte sur une lamelle, de renverser celle-ci sur une lame. La goutte s'étale enti'e elles, et l'on porte la prépai'ation sous le microscope en
loi
procédant comme nous l'avons dit au paragraphe I fl).
2. Examen du sang avec coloration. — On place une gouttelette de sang sur une lamelle; avec l'effilure de la pipette promenée à plat, on l'étalé en couche mince et uniforme sur toute la surface de la lamelle, ou mieux encore, on écrase et on étale cette goutelelte entre deux lamelles. On sèche sur la platine chauffante.
On traite alors j)ar le mélange d'alcool et d'éther à parties égales, afin de bien fixer les globules et de dissoudre les parties grasses; on sèche, et l'on colore par l'un des procédés indiqués ci-dessus de coloration simple ou double (Gram ou Weigert), si la coloration double est possible.
Dans les colorations simples, la liqueur de Lôffler donne d'excellents résultats, car elle permet une soi'te de double coloration : les microbes sont en bleu vif, et les globules en vert pâle.
Dans les préparations de sang des oiseaux (poule, pigeon), la solution hydro-alcoolique de violet de gentiane donne de très beaux résultats. Le bleu de Loffler teint le noyau du globule sanguin en bleu vif, la partie périphérique en vertpàlc.
Dans les doubles colorations il faut colorer les globules à Véosine qui est ici la couleur d'élection.
3. Examen de ta sérosité périlonéale, pleurale, i>cricardique avec coloration. — On étale une goutte du liquide recueilli dans une pipette sur une lamelle; on sèche, on colore et on monte comme s'il s'agissait d'une culture liquide.
(I) Il ne faut j.imais nogliffcr de proccdnr ;i ccl oxamen dans line autopsip, surtout pour h; sang, (" est par ce procédo que Pasteur et 303 élèves ont découvert le microbe du choléra des poules, du rouget, etc. Ou sait que pour le charbon il donne des résultats frappants, et plus iin[iortants peut-être que ceux (|u'oii obtient par la cidoration.
d52 EXAMEN DES MICRO-ORGANISMES.
Pour la sérosité péritonéale, le meilleur procédé consislo à placer des lamelles bien propres sur la surface du foie qui se trouve toujours enduite de sérosité. On sèche et on colore. La lamelle est ainsi enduite d'une couche uniforme aussi mince que possible.
4. Examen des pulpes d'organe, et de la moelle osseuse avec coloration. — Les pulpes ont été recueillies purement dans la rate, le foie, etc. ; la moelle osseuse a été puisée dans le canal médullaire (V. chap. IV) : pour en faire une préparation, il suffit de placer une goutte de la pulpe donnée sur une lamelle; on applique alors une seconde lamelle sur la première : la goutte est incluse entre les deux lamelles; en pressant légèrement entre le pouce et l'index, et en faisant glisser les lamelles l'une sur l'autre, on écrase et on étale la pulpe. On sèche et on colore par les procédés divers cidessus indiqués.
.5. Examen des muscles avec coloration. — La méthode la plus simple est la méthode du « frottis ». On coupe un fragment de muscle à l'endroit où la lésion est le plus marquée, et on en frotte légèrement la surface d'une lamelle. On sèche et on colore par les procédés connus.
6. Examen du pus avec coloration. — Quand le pus est liquide, on l'étalé sur les lamelles comme les pulpes. S'il est caséeux, on en dépose une parcelle sur une lamelle, et on verse sur cette lamelle une goutte de bouillon stérilisé. Avec la palette en platine stérile, on mélange le pus au bouillon. On obtient ainsi un liquide opalescent épais. On place une deuxième lamelle sur la surface enduite de la ])remière, et on les fait glisser l'une sur l'autre. On a ainsi deux lamelles que l'on sèche et colore.
RECflERCIlES DANS LES COUPES DE TISSUS. 153