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HISTORIQUE SOMMAIRE

soie : la pébrine, la maladie des corpuscules ouvrait cette série qui chaque jour s'accroit de quelque nouvelle découverte.

En 1851, deux savants français, Rayer et Davaine, découvraient dans le sang des animaux morts du >ang de raie, de petites baguettes immobiles, aux- ([uelles ils ne paraissaient pas d'ailleurs attaciier ;i cette époque une importance quelconque. La |iublication du mémoire de M. Pasteur sur le ferment butyrique éclaira Davaine : il pensa que ces hagnettes, qu'il avait entrevues entSol avec Rayer, riaient la cause du Cliaroon, et ses dermères années l urent consacrées ;i la dénujnstration de ce fait, à la réfutation patiente et ingénieuse de toutes les critiques ([ue rencontra sa découverte. Le Charbon rst donc incontestablement la première maladie des animaux jiour hujuelle la démonstration de la nature microbienne ait été faite.

Quelques points, cependant, étaient restés obscurs ilans l'éliologie du Charbon, et Davaine était im- ])uissant h, les éclaii'cir. La découverte de la spore ciiarlionncuse par un savant allemand, 11. Koch, dont le nom devait dans la suite acquérir une si hauto illustration, leva tous les doutes et dissipa toutes les obscui'ilés.

Ciqiendant M. Pasteur continuait la série de ses déciuivcrtes, et, se donnant tout en lier à la rei'herche du n'ilc des microbes dans la genèse des maladies, ]M)bliail snc('essivcment avec ses élèves .loubert, Cliaiiiiter land. Houx, Tiiuillier, ses (■ludes sur le Cliarbon, \c Choléra des Poules, le Vibrion Septique, le liougid-du l'orc, la liage; en même lenqis il dotait la si'ienc(; microbiologiipie lie ses nu'- Ihoijrs si lu'i'cises de culture dans les milieux liquides, s(jit en iin^scuci;, soit ;i, rai)ri di- l'aii'-. mfm, mettant II' sceau à tousci's adtiiirai)b^s travaux, il nous donnait les vaccins du Cliarbon, du Ciioléra

des Poules, du Rouget, etc., en dernier lieu de la Rage, vaccin dont il faisait l'application à l'homme lui-même. En Allemagne R. Koch poursuivant ses travaux créait la méthode des cultures sur milieux solides, découvrait le l)acille du Choléra asiatique, celui de la Tuberculose, et se plaçait ainsi sans conteste à la tête des microbiologistes allemands.

\. Leurs formes; leur classifirMtion morphologique. — Les microbes (i) se présentent sous des formes très variées qui dépendent non seulement de l'espèce à laquelle ils appartiennent, mais aussi des habitats de toute nature dans lesquels ils évoluent. Leur aspect extérieur ne suffit pas à distinguer sûrement les espèces les unes des autres ; il ne peut donner qu'une j^rcsomplion ; la certitude ne résulte que de la concordance parfaite des renseignements tirés de la morphologie, de la réaction aux matières coloranles, des cultures et des inoculations expérimentales. 11 ne faut donc attacher à la forme des microbes qu'une importance relative. Il serait cependant très intéressant de connaître les aspects difîérents que peut revêtir un microbe au cours de son évolution; mais cette étude est à peine ébauchée, sauf pour un petit nombre d'espèces bien connues aujourd'hui.

Nous prendrons pour exemple la bactéridic charbonneuse. Les travaux de Koch et de Pasteur ont montré qu'elle accomplit son évolution complète en passant par deux formes spéciales : la forme sporulaii c ou initiale, puis la forme bdcillaire ou

). Microbe, bactérie, sont des iiiotr; synonymes ; microhe est lo mot français, bactérie le mot alleniaiid ; nous emploiei-ous doue le premier de |)réfOrence.

adulte; nous savons de même que dans les culUircs liquides elle évolue en prenant un aspect particulier, une forme intermédiaire, la l'orme filamenteuse.

Quelles que soient cependant la multiplicité et la variabilité de formes sous lesquelles se présentent les microorganisraes, ils peuvent toujours être ramenés à deux types extrêmes, le type rond et le type droit ; auxquels nous ajouterons un type intermédiaire, le type spiralé.

A rexoinple de Hueppe, nous diviserons donc les microbes en trois groupes, comprenant : le premier, les microbes à forme arrondie; le deuxième, les microbes à forme allongée; le troisième, les microbes à forme spiralée.

1" Microbes à forme arrondie. — Le contour des bactéries faisant partie de cette première catégorie est généralement rond; quelquefois cependant il est ovale. Les microbes qui affectent cette forme particulière sont connus sous le nom de " Coccus ».

La plupart des Coccus, à cause de leur extrême ténuité, sont qualifiés de >' Micrococcus par opposition il ceux qui sont d'un volume supérieur et que l'on désigne sous le nom de « Mnrj'ocor.cus ».

Les micrococcus reçoivent suivant leurs différents modes de groupement des noms spéciaux.

S'ils sont rangés sans aucun ordre visible on leur donne simplement b; nom (b; Micrococeus. Exem[)le : Microcucciis proili>jio^us.

S'ils sont réunis par deux, on les appelle ^ Tïiplococcus ».

Uéunis par quatre, ils juvimont le nom de Mi(M'ococcus <( en lélradcs ». Exemple : Micvocoerm Telraçienn^. Dans certains cas, les li'tvades peuvent se juxtaposi;r, il en résuKe alors une sorin de masse cMl)i(pic f[ualilii'e df " Harcine. •> i'^xi'mplf : Sarciiui. luira.

La réunion irrégulière de plusieurs micrococcus est connue sous le nom de « Zooglôes ». Celles-ci, à contours irréguliers, plus ou moins étendues, peuvent quelquefois être entourées d'une membrane d'enveloppe ; elles prennent alors le nom « d'Ascococciis •■K Exemple : Ascococcus Billrothii.

Les micrococcus peuvent se trouver places les uns au hout des autres. Il en résulte un véritable chapelet, ordinairement sinueux, plus ou moins long, quelquefois si long qu'il donne lieu à des enchevêtrements inextricables : on donne à ces microcoques ainsi disposés le nom de « Streplococcus », ou celui de « Torula ». Exemple : Streplococcus de la mammile contagieuse des vaches laitières.

Enfin les mici^ococcus peuvent être groupés les uns près des autres de manière à simuler une grappe de raisin, dont chaque grain serait représenté par un micrococcus. Dans ce cas, on les nomme « Slaphylococcus ». Exemple : Staphylococcus pyogenes aureus.

2° Microbes à forme allongée. — Les microbes rentrant dans cette deuxième catégorie prennent la forme d'un bâton, droit lorsqu'ils sont courts, s<nuci/.ï' lorsqu'ils sont longs : les premiers portent le nom de « bacilles »; les seconds celui de leptothrix ». Exemples : Bacillus sicbtilis; Leplothrix buccalis.

Le leplothrix est le plus généralement ondulé : il décrit alors des courbes capricieuses et d'une régularité véritablement géoméiriquo. Dans quelques cas, les leplothrix sont si longs, qu'en so repliant un grand nombre de fois sur eux-mêmes, ils forment des amas considérables rappelant les échcveaux de fil de Bretagne : telle est l'apparence que prend la baclérldie cliarbonncuse dans les cultures.

On donne le nom de « Cladothrix » aux microbes

ayant la forme droite, allongée, mais dont les articles se ramitient en fausse dichotomisation : tel est le microbe du farcin du bœuf.

Les bacilles, nettement limités par un profil rectiligne sont dits « droits ». Ils sont dits « en fuseau » lorsque leur partie centrale est plus ou moins renflée.

Certains liacilles, généralement courts, présentent dans leur milieu un point très réfringent qui n'a aucune affinité pour les matières colorantes, qui ne se colore pas, tandis qu'au contraire les extrémités du bacille se colorent fortement. A cette forme spéciale nous donnons le nom de << bacilles àespace clair »; qualification qui dépeint bien clairement dans le langage le caractère typique de ces microbes. Exemple : Bacilles à espace clair de notre Septicémie du lapin. Bacilles à espace clair du Cholëra des poules.

Quelques bacilles présentent un renfiement brusque, nettement arrondi, à une de leurs extrémités. Tels sontles bacilles que Nicolaïera observés dans le Tétanos.

D'autres afTeclent la forme d'une poire allongée : ce sont des « bacilles en ballant de cloche ». Exemple : liucilles du charbon symptomatique.

3° Microbes à forme spiraU'c. — Dans cette catégorie, on range ii's agents qui prennent la foinic d'un arc de cercle ou d'une spire. On les connaît sous les noms de « bacilles -vinjules, lioiiimabaciiles, spirilles ».

Dans cerlîiins cas, et vus au microscope, ces microbes peuvent paraître dioits, bien que réellement ils soient incurvés, (le fait est dù simplement à ce qu'ils se présentent dans le cliainp microscopique suivant un plan perpendiculaire à leur rayon de courbure.

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