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II. Morve spontanée

La morve est une maladie commune à l'homme et aux animaux.

Chez l'homme la morve provient, dans l'immense majorité des cas, de source animale, et presque uniquement de contagion dquine.

La contagion vient à l'homme de l'animal morveux vivant, du cadavre, des objets souillés tels que couvertures, harnais, fourrages, litières, etc. ; elle se fait par inoculation, l'épiderme présentant une solution de continuité venant au contact de la matière virulente.

On admet encore, pour expliquer certaines formes de morve humaine, que la contagion peut se faire par la voie digestive, non pas à coup sûr par ingestion de produits morveux, mais parce que les doigts souillés de virus morveux sont portés par inattention aux lèvres, à la bouche.

La morve de l'homme débute par un accident local correspondant au point d'entrée du virus {anyioleucite farcineuse), ou par des symptômes

zoogl. du l'oie, de la rate, du poumon) ; par inoculation intra-veiufcuse (péritonite, ploui'ésie, tub., apparente seulement au microscope, du l'oie, de la rate) ; par inoculation intra-péritonéale (piqueté blaucliâire de tubercules lins sur le l'oie et la raie). Le pigeon a succombé aussi en quatre jours à l'inoculation intra-veiueuse (Société de biologie, !> mars iSSn).

MORVE

généraux; elle évolue ensuite sous le type aigu {t':.rcin aigu, dont les symptômes se localisent sur la peau et le tissu cellulaire sous-cutano ; et morve aiguc, localisée sur la muqueuse respiratoire et pituitaire) ; ou sous le ti/pe chronique [morve furcineuse chronique caractérisée par des abcès cutanés ulcéreux multiples, de l'enchifrènement et un jetage muqueux et sanguinolent).

La morve est d'ailleurs une maladie rare chez riiomme, et d'un diagnostic obscur dans la grande majorité des cas (1).

Morve spontanée des animaux. — Dans les conditions naturelles les équidés prennent seuls la morve.

La contagion naturelle se fait par des voies multiples : a) 2)ar le tube digestif, l'animal ingérantdes aliments ou des boissons souillés par le virus morveux; b] par le contact direct des matières virulentes (jetage ou pus) avec la muqueuse des premières voies respiratoires; c) par inoculation au moyen des objets de pansement souillés : cette inoculation peut se l'aire sur les muqueuses {pituitaire, conjonctive, vagin) et sur la peau.

Le cheval prend ordinairement la morve spontanée sous la forme chronique: il faut faire exception pour les animaux de sang, chez lesquels l'affection revêt la forme aiguë; l'âne et le mulet prennent toujours la forme aiguë.

La forme chronique de l'affection correspond à deux types :

-1. Le furcin chronique dont les lésions principales sont : les abcès cutanés ou boutons; les lymphangites spécifiques ou roviles, qui aboulissent, ainsi que les boutons, à l'ulcération, au clianrre; les engorgements diffus des membres; le sarcorèlc;

(I) l'our loa (lét.iib cliiiifiuos sur rnllo nialiulie clicz riiiiniiin', voir le iiicîinoii'e magistral clo liaycr et l'art cli; clo llruuardol ilain le Dictionnaire enajclup/'iUrju/;.

MALADIES MlCROBIEiNNES.

2. La. morvc chronique caructérisee par les lésions suivaiiles : chancres nasaux avec adénite de l'auge; chancres laryngo-trachéaux; tubercules pulmonaires souvent accompagnés de foyers de pneumonie lobulaire, de pleurésies chroniques ; adénite des ganglions bronchiques ; et parfois tubercules morveux du foie, de la rate, des ganglions mésentériques, des capsules surrénales, de l'ovaire, de l'utérus.

Dans les formea aigiics (farcin et morve aigus), les lésions sont semblables au fond, quoique, par suite de la rapidité de l'évolution, elles revêtent une forme différente, en apparence.

Sur l'animal vivant, la virulence morveuse existe dans lejetage ou dans le pws qui résulte de l'ulcération des boutons et des cordes.

Los produits virulents du cadavre sont toutes les lésions essentielles de la morve, c'est-à-dire le tubercule morveux et ses dérivés, chancres et abcès, dans quelque région qu'ils se rencontrent. Le sang n'est jamais virulent, même dans la morve aiguë, non plus que la sueur, la salive pure (c'est-à-dire celle qu'on recueille par une fistule du canal de Sténon) et le suc musculaire.

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