V. Culture du bacille de la morve
Aérobie, le bacille de la morve ne se cultive qu'en présence de l'air.
La cidture réussit mal à la température ordinaire, 0 il elle pousse peu et lentement; aussi la gélatine est-elle un milieu peu favorable ; le bacille morveux sera donc cultivé dans le bouillon, sur la gélose et la pomme de terre à la temperature de l'étuve (35" à 40°).
Il ne faut pas choisir pour semence, sauf un cas spécial dont nous parlerons ci-après, des produits impurs tels que le pus ou le j étage : c'est dans les lésions viscérales de la morve de l'ànc ou du cobaye qu'il faut prendre la semence: la rate où pullulent les bacilles est très favorable.
Bouillon. — La culture se fait en vingt-quatre ou quarante-huit heures ; le bouillon se trouble sans apparence spéciale.
Gélose. — • En vingt-quatre ou quarante-huit heures, la semence «pullule sous forme d'une mince couche blanchâtre, à demi transparente, reflétant une teinte légèrement bleuâtre, qui va graduellement en augmentant d'épaisseur, et qui devient bientôt entièrement opaque » (Nocard).
Pomme de terre. — La culture sur pomme de terre est une des earacléristiques du bacille de la morve. Sur la pomme de terre mise à l'éluve il se forme aux points inoculés » une sorte d'enduit épais, humide, luisant, visqueux, reflétant après quelijues jours une couleur fauve qui se fonce déplus en plus, et qui arrive bientôt à la teinte chocolat clair. De tous les bacilles actuellement connus, le bacille morveux prend seul cet aspect absolument caractéristique » (Nocard).
Cet aspect, sufilsiuit à lui seul pour permettre d'aflirmer que le pidduit ensenuMicé était morveux.
MORVE
pinnict de faire servir la pomme de lerre au diaiinorilio des cas douteux de morve, au môme Lilre que riuoculaliou au coi^aye, à l'àne.
Étautdouué un produit suspect, délayez-le dans une quantité d'eau ou de ijouillou stériles, et ensemencez la pomme de terre avec cette dilution suivant les procédés décrits au chapitre iv. « Après quelques jours, il se développera un i;rand nombre de colonies d'aspect divers (le ]u-oduit ensemencé étant naturellement impur), parmi lesquelles celles de couleur jaune brun >• si le produit contenait le virus morveux : l'examen microscopique avec le procédé de Lûftler complétera la démonstration de la nature morveuse du produit, démonstration bien simple, facile, et de plus demandant fort peu de temps.
Les cultures de morve, quel que soit le milieu sur lequel elles ont été faites, se conservent peu. Une culture qui n'est pas renouvelée a perdu au bout d'un mois environ, et souvent plus tôt, la faculté de repulluler.
Résumé des caractères du bacille de la morve.
D'une extrême finesse, aérobie, le bacille de la morve se cultive bien à une température de So"- 30" dans le bouillon, sur la gélose et sur la pomme de terre; il donne su?' celle-ci une rdacHon chromofjcne caractérislique. Le bacille de la morve I)rcnd mal les couleurs d'aniline; il ne se colore ni parla méthode de Grain ni parcelle de Weigert; le i)len de Loffler ou celui de Kiihne le colorent bien; il prend à la coloration un asjject granuleux très spécial.
MALADIES^ MICROBIENNES
SEPTICÉMIE DE PASTEUR
C'est dans une noie lue à l'Académie des sciences en juillet 1876 que M. Pasteur annonça la découverte du vibrion scptique.
La présence de cet organisme dans les cadavres charbonneux avait jeté, jusque-là, une grande confusion dans les résultats des inoculations faites avec le sang provenant de ces cadavres. M. Pasteur dissipa toutes les obscurités, remettant chaque chose à sa place, indiquant nettement le rôle de la hacléridie et celui du vibrion scptique.
Les affections que produit le vibrion septique étaient connues depuis longtemps en pathologie humaine et vétérinaire, encore qu'elles n'eussent pu, jusqu'à M. Pasteur, cire rapportées à leur cause véritable ; les expérimenlalions sur les maladies conférées aux animaux par l'inoculation des substances putrides avaient été nombreuses depuis les premiers essais de Barthélémy et Dupuis d'Alfort jusqu'aux expériences récentes de Coze et Feltz, et Davaine.
Chez Vhomme l'alTection produite par le vibrion septique est connue depuis Pirougoff sous le nom cïœdéme malin; c'est aussi le vibrion septique qui provoque cette terrible complication des ph\ies accidentelles ou chirurgicales, désignée sous les noms de gamjrfme foudroyante, gangrène gazeuse, gangrène Iraiinialiquc envahissante, érysipèlc trauniatiqiie, complication qui, aujourd'hui, est devenue
SEPTICÉMIE DE PASTEUR.
bien rare, grâce aux progrès de l'anUsepsie chirurgicale. C'est à MM. Chauveau et Arloing qu'on doit la connaissance de la nature exacte de cette affection : ils l'ont étudiée en 1884 sous le nom de septicémie gangreneuse.
En vétérinaire, l'aU'ection causée par le vibrion septique est la gangrène tranmuliquc de Renault (d'Alfort).
Les Allemands, qui ont retrouvé le vibrion septique de Pasteur, ont pris soin de le débaptiser, et Koch lui a donné le nom de bacille de l'œdème malin.