DU VIBRION DE KOCH DANS LES EAUX
Le rôle de l’eau dans la propagation du choléra est encore moins contestable, si c’est possible, que pour la fièvre typhoïde (KocH,NicATietRiETscH, etc.). Le V. cholérique de Koch est aujourd’hui bien connu et universellement admis comme l’agent du choléra ; il semble donc que sa recherche dans les eaux suspectes doive trancher la question de savoir si une eau est cholérigène ou non. Les premières analyses d’eau, faites par Koch (dans l’Inde) et par les auteurs français, avaient semblé donner ce résultat schématique. Malheureusement, avec les progrès de la bactériologie , la question s’est obscurcie ; elle a suivi une marche absolument parallèle à celle de la fièvre typhoïde, et nous allons nous trouver aux prises avec les mêmes hésitations que pour cette dernière affection. Il existe plusieurs variétés de Vibrions cholériques , et on a surtout trouvé, dans des eaux n'ayant jamais engendré le choléra, dans des selles d’individus bien portants ou d’animaux sains, des vibrions bien difficiles à distinguer des véritables vibrions de Koch ; il existe des Vibrions pseudo-cholériques comme il existe des bacilles pseudo-typhiques (Dunbar, Sanarelli, etc.). Il est aussi difficile, à l’heure actuelle, d’affirmer, dans une eau, la présence du V. cholérique que celle du B. d'Eberth.
A. Pour rechercher le Vibrion cholérique dans l’eau, on tentera d’abord l’isolement de* tous les vibrions qui ont avec lui de
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grandes analogies. Pour cela on emploiera les procédés suivants ;
a. Procédé de Schottelius. — On ajoute à une dose assez forte de l’eau à examiner deux volumes de jus de viande stérilisé et
Fig. 183.
F. cholérique. Aspect schématique des colonies sur plaques de gélatine. Divers types. Faible.grossissement.
on met le tout à l’étuve à + 38°. Au bout de douze heures, les vibrions forment à la surface une pellicule très visi'ble; à ce moment la culture est à peu près pure. On prélève de la semence pour faire des passages.
b. Procédé de Koch. — On ensemence la solution peptonée gélatinée (voir p. 98) et on prélève la pellicule formée au bout de douze heures. Il est bon d’ensemencer 150 centimètres cubes de l’eau suspecte.
RECHERCHE DU VIBRION CHOLÉRIQUE DANS l’eAU 439
c. Cultures sur plaques cle gélatine (fig. 183). — On ensemence de la gélatine avec l'eau à analyser et on l’étale en tubes d’Esmarch ou en boîtes de Pétri (voir p. 155). Au bout de vingtquatre heures à+ 18° les colonies sont déjà visibles (petits points blanchâtres) et apparaissent à la loupe comme des petits disques granuleux (van Ermengem). Versle troisième jour, le centre de la colonie commence à se liquéfier en forme de cupule, au centre de laquelle est un noyau non liquéfié, bien net le quatrième jour. Les colonies qui ont cet aspect sont immédiatement examinées et repiquées.
L’analyse est terminée si ces différents procédés n'ont pas donné de cultures de vibrions. Sinon, il faut alors faire, avec les cultures pures obtenues, toute la série des réactions susceptibles de caractériser le vibrion cholérique.
d. Procédé de Chantemesse (1902). — C’est un procédé absolument identique à celui du même auteur pour la recherche du B. d'Eberth (p. 434). La seule différence consiste à employer du sérum anticholérique , et à ensemencer non plus sur gélose lactosée, phéniquée et tournesolée, mais simplement sur gélatine.
e. Procédé de Metchnikoff. — On utilise le gélo-pepto-sel. Mettre dans des flacons : 50 centimètres cubes d’une solution concentrée :
Eau 1 000 grammes.
Peptone Chapoteaut 40 —
Sel marin 40 —
Gélatine 80 —
Sol. de soude (alcalinité légère) ... Q. S.
et 150 centimètres cubes de l’eau à analyser. Porter à -f- 37°. Examiner au bout de huit à dix heures. S'il s’est formé un voile, l’examiner au microscope et purifier par deux ou trois passages sur gélo-pepto-sel ordinaire, ou sur gélose.