CHAPITRE XXII
LE BACILLE TÉTANIQUE
Le Bacille du tétanos a été décrit par Nicolaïer, en 1884, [B. de Nicolaïer), et cultivé par Kitasato, en 1889. C’est l’agent du tétanos de l’homme et des animaux. C’est, grâce à sa toxine, le microbe pathogène le mieux différencié 1.
A) — Isolement, cultures
1° Isolement. — L’isolement du B. de Nicolaïer est assez délicat, car il existe dans la terre, au milieu d’impuretés de toutes sortes ; il reste cantonné dans la plaie parmi les souillures, et en disparaît même assez rapidement.
On inocule un cobaye avec de la terre des jardins ou avec des produits pathogènes (pus d’une plaie tétanigène). Dès les premiers symptômes, on recueille la sérosité du point inoculé, on la chauffe à -f- 80°, pendant une heure, ou à -j- 100° pendant une ou deux minutes, et on fait des cultures anaérobies, qu’il faudra souvent encore purifier.
On peut commencer par la culture dans le vide, qu’on chauffe à -f- 80° vers le sixième jour et qu'on réensemence ; on opère ainsi plusieurs fois de suite. Si les cultures sont contaminées de V. septique, on fera l'isolement sur. gélatine en tubes de Roux (p. 192) ou de Vignal (p. 190).
1 Consultez : J. Courmont et Doyen., Le tétanos. Actualités médicales, Baillière, 1899; von Leyden et F. Blumenthal : Der Tetanus ; Specielle Pathologie, von Nothnagel, Y, 2. Wien, 1900.
BACILLE TETANIQUE
2° Caractères
Fig. 301.
B. tétanique.
Culture en gélatine (d’après F R Æ N K e l et Pfeiffer).
généraux des cultures. — Anaérobie, mais moins strictement que le V. septique. Il se développe dans les milieux légèrement aérés, et s’ y accoutume (voirp. 165). 11 est cependant préférable de le cultiver dans le vide ou dans l’hydrogène ; l’acide carbonique ne lui convient pas. Végète de + 14° à + 43°. Température optima — 38°. Se développe bien sur tous les milieux usuels neutres ou faiblement alcalins ou même acides. Les cultures liquides deviennent rapidement alcalines.
3° Cultures sur milieux solides. — A.
Gélose. — Par piqûre profonde, culture nuageuse peu caractéristique. Gaz
B. Sérum. — Culture nuageuse. N’est pas liquéfié.
C. Gélatine. — En profondeur : vers le sixième jour, petits points nuageux, armés d’aiguilles plantées à angle droit (fig. 116,2 et 301). La liquéfaction commence vers le dixième jour; lorsqu’elle est complète : liquide clair avec dépôt floconneux au fond. Quelques bulles de gaz.
D. Pomme de terre. — Culture maigre, mince, humide, ressemblant à celle du B. d'Eberth.
4° Cultures en milieux liquides. — A. Bouillon. — Le trouble apparaît, en même temps que des bulles de gaz, vers la trente-sixième heure, parfois plus tard si le bouillon est ancien. La culture est complète vers le quinzième jour ; le bouillon s’éclaircit ; il se forme un précipité au fond. Quand on débouche la culture : odeur puante, très forte, caractéristique ,
COLORATION, CARACTÈRES MICROSCOPIQUES
Fig. 302.
B. tétanique. Culture en bouillon âgée de 48 heures. B. sporulés et non sporulés (Ziehl et bleu).
2° Forme. — Elans les cultures à basse température, dans les cultures très jeunes à -f 37° et parfois dans le pus, on rencontre des bacilles non sporulés. Ce sont des bâtonnets, fins, allongés (3 à 4 fx sur 0,3 à 0,4 fr). Dans les cultures à -j- 37°, dès l’âge de trente-six heures, c’est-à-dire presque
comparée à celle de la corne brûlée ou du fromage avancé. Le bouillon de bœuf récent est le milieu le plus favorable.
B. Sérum. — Culture pauvre.