‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 187 sur 274 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

LE COLIBACILLE

Le Colibacille a été isolé par Escherich (1885), des matières fécales du nouveau-né. On l’a rapidement trouvé dans l’intestin de l’homme et des animaux. Considéré pendant longtemps comme un vulgaire saprophyte il peut occasionner, au contraire, diverses maladies (voir Action naturelle).

L’espèce Colibacille n’a pas de limites bien tranchées. Il y a, en réalité, un groupe de races bacillaires qu’on appelle : les colibacilles. Dans ce groupe sont rangés des bacilles très voisins, mais non absolument identiques. On a créé le nom de paracolibacilles, pour désigner les bacilles qui s’éloignent du type habituel du Colibacille (Gilbert et Lion, Tavel et Lanz, Van de Velde, Beco,'Widal et Norécourt) .

Le Colibacille a été identifié (ou rapproché) avec : le B. pyogènes fœtidus de Passet (1885), le B. fœtidus de Babès (1890), le B. neopolitanus d’EMMERiCH (1885), le B. de Brieger, le B. septicus vesicæ de Clado (1887), le B. lactis aerogenes d’EscHERiCH (1886), le B. fœcalis alcaligenes (Petrusckky, 1889) qui se rapproche beaucoup du B. d’Eberth (Doebert), le B. de la diarrhée verte de Lesage (1888), etc. On ne peut affirmer que tous ces microbes soient de véritables colibacilles ; ils en sont, en tout cas, très voisins.

À) — Isolement, cultures

1° Isolement. — Il suffit de cultiver une matière excrémentitielle quelconque en suivant les principes formulés à propos de Y Analyse de l'eau (voir p. 417).

LE COLIBACILLE

2° Caractères généraux des cultures. — Aérobie facultatif. Végétation rapide et abondante sur tous les milieux. Végète de 4- 4° à 46°. Température optima 35° à 37°. Les cultures liquides traversent les filtres (Cambier) (voir p. 153). Odeur urineuse. Le Colibacille végète dans les milieux solides où ont

Fig. 315.

Colonies de B. cVEberth et de Colibacille sur gélose d’ENDo en boîte de Pétri.

Les colonies de Colibacilles sont rouges ; les colonies de B. d'Ebzrth sont petites, brillantes, incolores.

déjà végété des colonies de B. d'Eberth , qu?on a enlevées par grattage (Chantemesse et Widal). Ce caractère est inconstant. Le Colibacille végète dans les milieux acides.

3 Cultures sur milieux solides. — A. Sérum, gélose. — Strie blanchâtre, crémeuse. Rien de caractéristique.

ISOLEMENT, CULTURES

Les modifications apportées par le développement du Colibacille sur des géloses diversement colorées, sont utilisées comme éléments de différenciation avec le Bacille Typhique.

B. Gélose lactosée et tournesolée de Drigalski-Gonradi. — Le B. coli donne sur ce milieu des colonies opaques et rouges. Le B. typhique donne des colonies transparentes et bleues.

C. Gélose fcchsinée de Endo. — Les acides secrétés par le colibacille recolorent cette gélose décolorée par le sulfite de sodium (colonies rouges en vingt-quatre heures)* les colonies du B. d'Eberch restent incolores.

30 grammes de gélose dans un litre de bouillon. Filtrer. Neutraliser. Ajouter 10 centimètres cubes d’une solution de bicarbonate de soude à 0 p. 100,10 grammes de lactose et a centimètres cubes de solution saturée et filtrée de fuchsine. Ajouter : 25 centimètres cubes de solution récente de sullite de sodium (.10 p. 100). Stériliser à -f- 115°.

D. Gélose au vert malachite (Lôffler, Lentz, Tietz). — Le vert malachite pur, sans dextrine, empêche le développement du Colibacille et permet celui du B. d'Eberth. L’addition de bile rend ce milieu encore plus sensible.

On ajoute à de la gélose (au bouillon de bœuf et à la nutros.e) : 3 p. 100 de bile de bœuf et 1,9 p. 100 d'une solution (0,2 p. 100) de vert malachite.

La méthode n’est pas d'une fidélité absolue.

Pour Lôffler si on ajoute à l’agar nutrose vert malachite de la safranine et du Reinbleu ou de l’Azobleu, les colonies typhiques sont bleues, aplaties, avec éclat métallique ; celles de Coli sont. épaisses, succulentes, rouges.

F. Gélatine. — Pas liquéfiée. — Piqûre : disque mince, irisé à la surface ; le long du trait : petites boules rondes, comme une grappe de raisin. Parfois apparaissent dés cristaux de phosphates. — Strie : voile mince, irisé, à bords déchiquetés, avec une bande plus épaisse, le long de la strie. — Plaques : colonies assez caractéristiques’, vers la quarante-huitième heure : petites colonies rondes, qui grossissent (tête d’épingle) mais restent bleutées, transparentes, avec des contours découpés et

LE COLIBACILLE

des sillons partant de la crête centrale qui est plus épaisse. A la loupe, 1 aspect est celui d une montagne de glace ^fig. 113).

Les colonies développées dans, la profondeur sont petites, opaques, régulièrement arrondies.

Pomme de terre. — La culture est habituellement épaisse, luisante, brunâtre (la pomme de terre ne change pas de couleur, ce qui distingue des cultures de morve) ; mais Ce caractère peut manquer et la culture être fine et vernissée (pomme de terre nouvelle), comme celle du B. d'Eberth peut être grasse et épaisse. La culture sur artichaut est vert émeraude (Loger) grâce à une oxjdase (G. Roux).

Les gaz produits par les cultures sur gélatine sont H et Az ; il n’y a ni O ni GO2 (Bouchard, Lepierre). Le B. d'Eberth ne fait pas de gaz en gélatine.

4° Cultures en milieux liquides. — A. Bouillon. — Trouble général dès la dixième heure. A la surface et en collerette sur les bords du récipient (pencher légèrement), une mince 'pellicule moirée, irisée. Dès le quatrième jour, des flocons se déposent dans le fond et forment un dépôt abondant. Vers le douzième jour, le bouillon s’éclaircit et devient brunâtre; la culture ne végète plus.

B. Bouillon lactose et tournesolé. — Fait rapidement virer au rouge. Capital.

C. Bouillon lactose et carbonate (craie pulvérisée). — Dégagement gazeux.

D. Bouillon arsenical. — Y végète.

E. Bouillon au neutral-roth. — Tourne au jaune canari avec fluorescence verte, tandis que le B. dEberth n’apporte aucune modification.

F. Milieux minéraux. — Végète abondamment.

G. Bouillon vacciné. — Y végète rapidement

H. Lait. — Coagulation en vingt-quatre heures. Capital. Le coagulum est surmonté d’un liquide jaunâtre ; parfois la coagulation est totale.

CARACTÈRES BIOLOGIQUES

I. Petit-lait tournésolé. — Vire au rouge. Acidité considérable, saturant 7 à 12 p. 100 de solution décinonnale de soude. Le B. d’Eberth acidifie légèrement.

B) — Coloration, caractères microscopiques

1° Coloration. — Se colore bien par toutes les couleurs basiques d’aniline. Ne prend pas le Gram.

2° Forme. — Dans l’organisme : petits bacilles (2 à 3 p. sur 0,6 à 0,7 p), droits, à bords arrondis, à protoplasma homogène (fîg. 316). Très polymorphe dans les cultures. Jeune, il est grêle et court, parfois réuni par 2. Certains échantillons sont rapidement très longs. Dans les vieilles cultures, surtout en gélatine, il s’allonge beaucoup et les formes d'involution ne sont pas rares (formes en navette, renflements terminaux, etc.). Sur gélose et sur pomme de terre, il est en général large et trapu. Les cultures très anciennes sur pomme de terre donnent souvent des éléments longs avec de nombreux espaces clairs. Formes longues en milieux salins (Peju et Rajat)..

3° Mobilité. — Très mobile, mouvements vifs et rapides. Moins mobile que le B. d’Eberth. Mobilité très variable suivant les échantillons. Cils (Klemensiewicz, 1892); 4 à 6 par bacille, le plus souvent par bouquets aux extrémités, moins nombreux, plus difficiles à colorer, moins longs que ceux' du B. d'Eberth (3 à 5 p), moins flexueux, jamais enchevêtrés en broussailles. Leur nombre est peu influencé par la lumière, les antiseptiques, les températures dysgénésiques, etc:

4° Spores. — Pas de spores. Simplement des condensationsprotoplasmiques (pseudo-spores) .

C) — Caractères biologiques

1° Habitat. — Il existe dans le tube intestinal de l’homme et des animaux, dès les premières heures qui suivent la nais-

LE COLIBACILLE

sance. Il existe toujours en grande abondance dans l’intestin du cheval, du bœuf, du chien, du chat, du mouton, de la poule. L’étude des colibacilles isolés du contenu intestinal établit rapidement l’existence de diverses formes de coli qu’il est possible de différencier par leurs caractères biochimiques (formation d’indol, fermentations. ..).

On le retrouve dans l’eau (voir p. 417), dans le sol, dans les poussières. C'est un des microbes les plus répandus dans la nature.

3° Vitalité. — Tué en une minute à -j- 80°.

4° Virulence. — Sa virulence est des plus variables. Isolé d’un sujet sain, il est presque toujours peu virulent. Au contraire, il devient très virulent dans les états fébriles, dans beaucoup d’affections intestinales. Il l’est, au maximum, lorsqu’il est l’agent de la maladie (voir plus loin, p. 832).

On se procure facilement du Colibacille virulent en suturant l’anus d’un cobaye. Il se produit une obstruction intestinale et de la péritonite ; le bacille qui est dans la sérosité louche du péritoine est très virulent.

On exalte le Colibacille par quelques passages dans le péritoine ou mieux dans la plèvre du cobaye.

Les cultures sur gélose sont plus virulentes que celles en bouillon.

La virulence peut se conserver assez longtemps dans les cultures.

5° Caractères biochimiques. — Le Colibacille fait fermenter la plupart des sucres (lactose, mannite, lévulose, maltose, glycose). Il se produit alors : 1° des gaz (hydrogène, acide carbonique, etc.), 2° des acides (lactique droit ou gauche, acétique, formique, butyrique, succinique). Ces deux propriétés sont mises en lumière par les procédés de culture déjà connus (milieux lactosés et tournesolés ou additionnés de rubine acide, bouillon lactosé et carbonaté, lait). Certains Colibacilles peuvent avoir perdu leur propriété fermentative.

CARACTÈRES BIOLOGIQUES

Certains Colibacilles font de l'acide lactique droit, tandis que celui de l’homme adulte fait de l’acide lactique gauche ; celui du nourrisson ferait de l'acide droit (Péré). Tous font de l'acide succinique (Grimbert). Le Colibacille ne fait pas fermenter la saccharose (Grimbert).

Le Colibacille produit assez constamment de l’indol (Kitasato) . La culture dans l’eau peptonée (peptone de Witte) (Grimbert)

• Fig. 316.

Colibacille. Culture en bouillon de 8 jours.

à 2 p. 100 convient mieux que le bouillon, on examine du 3e au 10e jour (Péré). Voyez la technique page 214.

Le Colibacille réduit les nitrates alcalins en produisànt des nitrites ou même de l'azote libre (Hugounenq et Doyon). 11 faudrait. pour Grimbert, la présence de composés amidés.

6° Agglutination. — Certains Colibacilles sont agglutinés à 1/10 ou 1/20 par le sérum d’homme normal ou de cobaye adulte normal.

Le sérum des hommes typhiques n'agglutine pas plus que le sérum normal le Colibacille (P. Courmont et Lesieur). Seul le B. coli, isolé des selles du typhique, serait agglutiné par le sérum du même malade.

LE COLIBACILLE

7 Culture à travers les filtres. Voir page 153.

D) — Action pathogène

1° Action naturelle. — Depuis le moment où Escherich signalait en 1885 la présence du colibacille dans l'intestin des enfants, ce microbe a eu des fortunes bien diverses.

Considéré pendant longtemps comme un saprophyte, sa présence est signalée dans le contenu intestinal de la plupart des espèces animales.

On lui attribue par la suite un rôle pathogène sans doute exagéré et le colibacille est incriminé comme l'agent des maladies les plus variées.

Sa présence est signalée dans le sang, dans les divers parenchymes, dans les lésions des animaux atteints ou ayant succombé aux maladies les plus diverses et le plus souvent les expérimentateurs établissent une relation de cause à effet entre la présence du colibacille et les altérations au sein desquelles cette bactérie est rencontrée.

Le colibacille a été accusé de méfaits trop nombreux pour que son rôle n’ait pas été discuté, et môme complètement rejeté en doute par quelques-uns. Si dans bien des cas la preuve n’est pas suffisamment faite de la spécificité du colibacille ou même de son intervention comme agent pathogène, il faut bien savoir que rien ne s'oppose à ce que cette démonstration ne soit apportée un jour, au moins en ce qui concerne certaines affections.

En effet, un microbe répandu partout dans le milieu extérieur, dans l’eau et le sol particulièrement, vivant à la surface de la peau et des muqueuses, installé dans toute l’étendue du tube digestif peut pourtant, sous certaines influences, manifester sa virulence.

11 est donc bien possible que le colibacille puisse provoquer des troubles morbides. Il est possible encore que le colibacille franchisse les barrières fragiles qui protègent l’organisme et se répande dans le sang pour créer une septicémie.

Le grief le plus grave qu’il soit possible de formuler contre

ACTION PATHOGENE

les résultats publiés au sujet du rôle pathogène du colibacille se rapporte à la technique de la recherche bactériologique. Souvent le colibacille n’a été mis en évidence que dans le sang des cadavres ou des animaux sacrifiés pendant la période agonique. Surtout si l’autopsie est faite tardivement, c’est-à-dire quelques heures seulement après la mort ou même lorsque le sang: est prélevé au moment de la mort, il n’est pas rare chez les animaux morts des maladies les plus diverses et même chez les animaux sains de mettre en évidence des bactéries. Les recherches de Porcher et Desoubry ont établi depuis longtemps la perméabilité de l’intestin aux bactéries. Cette perméabilité devient beaucoup plus grande lorsque les animaux sont malades et le sang des cadavres renferme des germes dans plus de 50 p . 100 des cas. Les espèces les mieux représentées dans cette flore microbienne du sang du cœur des cadavres sont le colibacille et le streptocoque.

Comment, alors que l’expérimentateur a isolé du sang le colibacille, reconnaître si ce microbe est l’agent de la maladie qui a causé la mort ou au contraire, si sa présence traduit seulement l’envahissement agonique ou cadavérique du sang par la flore intestinale ?

La solution repose sur bien des éléments, elle n’a été apportée que dans quelques cas seulement. Le colibacille isolé doit reproduire la maladie naturelle. Cet élément de preuve manque généralement, et souvent L expérimentateur interprète comme les signes de la maladie naturelle, reproduite par l'inoculation, la mise en évidence des propriétés pathogènes indiscutables mais non spécifiques du colibacille.

D'ailleurs, il n’est pas toujours possible de reproduire une maladie avec des microbes qui en sont pourtant la véritable cause.

Combien le rôle du bactériologiste est encore plus difficile lorsqu il s’agit de rechercher au milieu d’une flore intestinale toujours complexe quel peut être l’agent d’une entérite et de faire la part du rôle du colibacille qui végète si abondamment et dans 1 intestin malade et dans tous les milieux artificiels.

La question du rôle du colibacille dans les maladies des ani-

LE COLIBACILLE

maux est loin d’être définitivement élucidée . L’abondance du colibacille dans le milieu extérieur, dans l’intestin, son passage rapide dans le sang, sont autant d’éléments qui imposent à l’expérimentateur la , plus grande réserve sur l'interprétation des résultats. Les prélèvements hâtifs sur les animaux sacrifiés, au cours delà maladie, éviteront de renouveler les erreurs qui ont fait croître sans profit le groupe des infections eolibacillaires. Sans nier les qualités pathogènes — réelles d'ailleurs — du colibacille, il n’est pas invraisemblable d’admettre que l’étude de l’étiologie d’un grand nombre des maladies qui lui sont imputées restreindra bien souvent son rôle à celui d’un agent secondaire, efficace, mais accessoire.

Le tableau suivant indique les maladies, lésions et troubles rapportés au colibacille L

Appareil digestif.

Appareil respiratoire.

Appareil uro-génital .

Diarrhée des veaux (Jensen).

i Entérite septique des passereaux (Tah- ) takowsky).

j Entérite croupale infectieuse du chat, f Catarrhe intestinal des diverses espèces. 1 \ Péritonite.

f Maladie des chiens (dans le mucus bron- \ chique).

I Catarrhe purulent des voies respira- ;

(, toires du lapin.

! Cystite du chien.

IPyélo-néphrite suppurée, bœuf, chien, y porc, cerf. *

Endométrite purulente chronique de la \ vache.

(Vaginite septique de la vache.

Plaies gangréneuses consécutives au part chez la vache.

Avortement (Nocard).

Mammite purulente de la vache.

1 Aux réserves déjà formulées sur le rôle du colibacille il convient encore d'ajouter que nombre des microbes isolés ont été insuffisamment étudiés et que quelques-uns appartiennent à des groupes voisins. au groupe des paratyphiques notamment.

TOXINES

Icéreusc de la vache.

Coryza gangréneux du bœuf.

Septicémie du veau.

Polyarthrite des veaux.

Septicémie primaire (?) du cheval.

Septicémie des furets.

Septicémie des poules et des dindes.

Septicémie des faisans.

Septicémie des pigeons.

( Paraplégie enzootique de la jument (Co-

Système nerveux . . . . < mény-Nocard).

( Paralysie enzootique des bovidés.

Tissu conjonctif . . . . | Abcès.

Intoxications alimentaires .

2° Action expérimentale. — A. Cobaye. — L' inoculation intrapéritonéale donne une péritonite suraiguë ou purulente avec hypothermie et passage du B. dans le sang (Rodet et G. Roux). L'inoculation intrapleurale (méthode de choix) donne : pleurésie double, parfois hémorragique, dépôt fibrineux sur les poumons, épanchement péricardique, congestion généralisée, B. dans le sang. L 'inoculation sous-cutanée donne un phlegmon. L 'inoculation intraveineuse fait une septicémie avec lésions intestinales et hémorragies diffuses. La souris est moins sensible. Le lapin encore moins.

Lorsque l’animal survit un certain temps (surtout le lapin), il se produit quelquefois une pyohémie (ganglions mésentériques) foie, rate) ou une polyomyélite antérieure (Gilbert et Lion, 1892, dont il peut d’ailleurs guérir.

L 'inoculation intrasplé nique (Rodet et Zaïdmann) équivaut à une inoculation intravasculaire. Elle produit exactement les mômes effets.

E) — Toxines

La culture filtrée (Malvoz), le précipité par le sulfate d’ammoniaque sont toxiques.

Endocardite u

Appareil circulatoire . .

Septicémies.

LE COLIBACILLE

L'injection intraveineuse chez le lapin produit : parésie, coma, hypothermie ; puis : convulsions, contractures jusqu'à la mort ou (dose faible), une cachexie chronique avec diarrhée (Gilbert). L'injection intrapéritonéale de fortes doses au cobaye donne du collapsus algide et la mort ; le sang est alors envahi par le Colibacille de l’intestin (Achard el Renault).

F) — Immunisation

L’immunisation est assez facile à opérer. On peut inoculer des doses progressives de cultures virulentes ou de toxine.

Jensen a préparé un sérum polyvalent par inoculation au cheval de doses progressivement croissantes de divers échantillons de colibacilles et de quelques paracoli bacilles, la diarrhée des nourrissons étant quelquefois déterminée par un paracolibacille. Bongert etRAEBiGER ont hyperimmunisé suivant la même méthode la chèvre et le mouton.

Inoculé à la dose de 20 centimètres cubes le sérum donne de très bons résultats. La provenance du sérum et la région où il doit être utilisé ont une grande importance en raison de la variété des agents utilisés pour ‘l’immunisation et de ceux incriminés comme les agents de la maladie.

(i) — Diagnostic bactériologique

On prélève un des nombreux produits pathologiques qui peuvent contenir du Colibacille (exsudats, pus, sang, matières excrémentitielles, etc.), on ensemence en bouillon et on cultive à -f- 44°, 5 (méthode de Rodet, p. 425). Si la culture est négative au bout de quarante-huit heures, le Colibacille n’était pas en cause. Si la culture est positive et composée de bacilles ne prenant pas le Gram : faire toutes les opérations susdites de différenciation. A l’autopsie : le Colibacille normal de l’intestin envahit souvent les organes, surtout le foie (voir p. 832). Pendant la vie même : le Colibacille peut envahir des pus engendrés par d’autres microbes, qui, eux-mêmes, peuvent avoir disparu. Donc : être très prudent dans l’attribution de l’affection au Colibacille (voir Action naturelle ).

Page 1