‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 2 sur 274 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La microbiologie, la science qui traite des microbes, ne se présente plus aujourd’hui avec les caractères de simplicité qu’elle offrait au moment de sa fondation par Pasteur et par Koch. L’examen direct des microbes, leur isolement, leur culture, et la reproduction de l’infection primitive par inoculation des cultures pures, constituent bien toujours les opérations fondamentales de la bactériologie, mais celles-ci ne sont que le prélude de recherches plus complexes.

La différenciation de l’espèce microbienne a été reconnue entourée de difficultés; elle exige la connaissance d’une foule de caractères d’ordres divers. Certains microbes sont à la limite de la visibilité, d’autres n’ont pas encore été vus et traversent les filtres réputés comme les stérilisateurs par excellence. La même lésion peut être produite par différents microbes; le même microbe peut engendrer, suivant les cas, des lésions bien différentes ; la spécificité microbienne n’existe, dans toute sa rigueur, que pour quelques espèces.

Les microbes -pathogènes (c’est-à-dire capables de produire une infection ) agissent par l’intermédiaire des substances solubles

qu’ils fabriquent ; leur virulence est due non seulement à leur aptitude parasitaire, mais encore à la sécrétion de toxines . h’ infection a été reconnue être en même temps une intoxication.

Xout bactériologiste doit donc savoir produire, isoler ces substances solubles (intra- ou extra-protoplasmiques), dont la nature est encore loin d’être complètement élucidée.

Réagissant contre ces intoxications, l’organisme fabrique, à son tour, d’autres substances toxiques, défensives ou favorisantes antitoxines , lysines, agglutinines, précipitines, etc., qu’il faut savoir mettre en évidence dans les humeurs. L’étude des sérums des animaux infectés ou immunisés constitue un vaste chapitre de la bactériologie. La préoccupation légitime de faire rapidement le diagnostic bactériologique, c’est-à-dire certain, des infections, impose la recherche de méthodes spéciales pour découvrir le microbe lui-même, ou pour mettre en évidence les réactions particulières à la maladie. L’hygiéniste réclame des analyses de l’eau, de l’air, du sol, des denrées alimentaires..., indiquant le nombre et la nature des germes qui y sont contenus.

Pour être capable de remplir sa tâche, le bactériologiste doit posséder des connaissances très variées en botanique, physiologie, chimie, anatomie pathologique, pathologie, etc. Nous le répétons, la bactériologie est une science très complexe, très difficile, exigeant, outre le savoir, de grandes qualités de jugement, de sang-froid, de patience.

Le temps n’est plus où on pouvait apprendre toute la bactériologie avec un microscope, des matières colorantes, une étuve et quelques tubes. Il faut établir une démarcation bien tranchée entre ceux qui désirent seulement savoir appliquer à la clinique les quelques notions devenues classiques : coloration du bacille tuberculeux, de la bactéridie charbonneuse, du bacille du rouget, etc., et ceux qui veulent être en mesure de profiter des cas qui se présenteront à leur examen pour faire des recherches originales. Pour ces derniers, un laboratoire bien outillé est absolument nécessaire.

Insistons sur les trois questions générales suivantes :

1° Que doit être un laboratoire de bactériologie ?

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