LE LABORATOIRE
2° Sur quels principes doit-on s’appuyer pour faire la différenciation d’une espèce microbienne ?
3° Quelles sont les causes d’erreur à éviter dans l’attribution à un microbe des lésions où il a été découvert, même lorsque la culture pure du microbe reproduit une infection de même ordre ? Quelles sont aussi les causes d’erreur à éviter dans l’interprétation des résultats négatifs?
| 1. — Le laboratoire de bactériologie
Un laboratoire modèle de bactériologie doit avoir une installation permettant d’entreprendre toutes les recherches énumérées plus haut ; il doit, en réalité, être une réunion de laboratoires, un véritable Institut. On trouvera, dans le cours de l’ouvrage, la description des aménagements et des appareils nécessaires. Nous voulons simplement jeter un coup d’œil d’ensemble sur les exigences générales du laboratoire.
11 y aura de grands avantages à avoir ce dernier au rez-dechaussée, de plain-pied avec une rue. Les écuries des grands animaux, qui exigent une entrée directe sur la voie publique, pourront ainsi communiquer avec les salles de travail. La surveillance sera plus aisée, les injections pratiquées sans perte de temps, les saignées opérées sans avoir besoin de transporter au loin l’outillage. On pourra, enfin, prendre des tracés graphiques sur ces grands animaux, les introduire dans la salle de cours. Le laboratoire de médecine expérimentale de la Faculté de médecine de Lyon, créé, puis perfectionné, par Chauveau et Arloing, possède tous ces avantages.
Les conditions de l’installation doivent permettre les recherches sur les maladies transmissibles. Le laboratoire de recherches sur les maladies infectieuses construit à Alfort sur les indications de Roux et de Nocard peut servir de modèle pour les instituts similaires. Les animaux en expérience sont isolés dans des cases dont les murs sont en ciment, les angles de rencontre arrondis. La case d’isolement est précédée d’une cour pour sortir l’animal, l’examiner, l'inoculer. Chaque case a sa cour et chaque cour son poste de désinfection.
Le personnel préposé à l’alimentation ne peut avoir aucune relation avec celui préposé aux soins hygiéniques, à l’enlèvement des cadavres. Les eaux souillées provenant du lavage ne sont évacuées à l’égout qu’après désinfection, cette opération s’effectue automatiquement. Toutes ces précautions sont indispensables lorsqu’il s’agit d’étudier des maladies à contagion très subtile comme la fièvre aphteuse.
Un grand laboratoire général sera destiné à permettre les travaux simultanés du plus grand nombre de personnes (travaux pratiques des étudiants); chaque place devra posséder, outre le microscope, les matières colorantes, etc., plusieurs prises de gaz (éclairage, lampe pour le microscope, bec Bunsen), une prise électrique, un robinet d’eau, des tiroirs. Les tables seront en lave émaillée facile à nettoyer et à désim fecter. Le sol doit être carrelé ou s’il est en bois, recouvert de linoléum huilé.
Ce laboratoire général devra posséder un système d’aspiration permettant de faire le vide et des appa- Fig 1. reils producteurs d’hydrogène ou
Centrifugeur Krauss. d’acide carbonique ; des balances de précision, un serpentin pour avoir rapidement de l’eau chaude, une lampe d’émailleur pour travailler le verre, un bain-marie avec régulateur, etc.
Des centrifugeurs sont indispensables. A défaut d’appareils très perfectionnés, mais coûteux, on se servira avec avantage . des petits centrifugeurs (Krauss). (fig. 1). Un centrifugeur électrique, est cependant une nécessité si l’on veut centrifuger à 3.000 et même 5.000 ou 6.000 tours d’assez grandes quantités de liquides.