‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 201 sur 274 · LÉSIONS · texte numérisé non relu

LÉSIONS

Le virus fixe occasionne ces formations comme le virus des rues (Negri, Baschieri).

c. Technique. — 1° Pour un diagnostic rapide, a) Déposer une parcelle de substance grise à l’extrémité d’une lame ; écraser délicatement avec une lamelle ; retirer la lamelle en la faisant glisser. Fixer le frottis par l’alcool méthylique (quelques secondes). Sécher à l'air. Verser :

Eau distillée 10 centimètres cubes.

Sol. alcool, saturée de violet de rosaniline. II gouttes.

Solution saturée de bleu de méthylène dilué par moitié dans l’eau II gouttes.

Chauffer jusqu’à production de vapeurs. Laver. Sécher.

Les corps de Negri ont une teinte cramoisie brillante ; leurs parties chromatiques sont bleues (Ira van Giesen).

6) On peut faire des préparations par décalque (Frothingham) en appliquant une lame sur une coupe de la corne d’Ammon, on fait 3 à 4 impressions sur une même lame. On peut colorer par la méthode d’iRA van Giesen ou par un procédé à l’éosine-bleu de méthylène.

Fixer dans le Zenker,15 minutes. Laver à l’eau. Alcool à 93 degrés (légèrement teinté par l’iode). Alcool absolu, 5 minutes. Eosine (de Grübler) en solution aqueuse de 5 à 10 p. 100, 5 minutes. Bleu de Unna, 2 à 3 minutes. Laver à l’eau. Différencier par l’alcool à 95 degrés.'Sécher (Stimson).

c) Pour colorer des coupes (Mann). — Fixer dans le liquide de Zenker et inclure dans la paraffine. Colorer pendant vingt-quatre heures avec :

Solution d’éosine à 1 p. 100 35 centimètres cubes.

Solution de bleu de méthyle à 1 p 100. . 35 —

Eau distillée 100 —

Déshydratation dans l’alcool sodique (alcool absolu 30 cc., solution sodique à 1 p. 100, V gouttes). Lavage à l’eau acétique. Déshydratation. On obtient la coloration représentée figure 324.

On peut utiliser des méthodes plus rapides que la méthode de Mann.

a) On découvre le plancher du ventricule latéral et on enlève la corne d’Ammon ; des coupes de 3 millimètres d’épaisseur sont plongées dans l’acide osmique à 1 p. 100. Après un minimum de cinq heures, on lave pendant une heure. Les fragments

LA RAGE

sont passés ensuite dans l’alcool absolu pendant trois heures ; puis on pratique les coupes, qui sont examinées, sans autre traitement, après montage dans la glycérine. Le protoplasma prend une teinte café clair ; les corps de Negri se colorent en

b) Fixation dans une solution de formaline à 10 p. 100 (2 heures) et coloration des coupes faites au microtome à congélation et desséchées à l’étuve à 37° par le procédé de Romanowsky (Bertarelli) .

c) Des fragments de la corne d’Ammon, de 1/2 millimètre d’épaisseur, sont maintenus dans l’acétone à la température de 37° pendant 30 à 45 minutes. Les fragments sont immédiatement inclus à 60°, pendant 60 à 75 minutes, dans la paraffine à 55°. Les coupes peuvent être colorées par la méthode de Mann ; ou beaucoup plus rapidement, en quelques minutes, avec le mélange à parties égales de la solution centésimale de bleu de méthylène et d’éosine à l’eau à 7 p. 10.000 (Bohne).

Volpino a signalé de très petits corpuscules basophiles (0,3 p à 1 p, à la limite de la visibilité) dans les vacuoles des corps de Negri. Il les considère comme les véritables agents de la rage.

Les corps de Negri se rencontrent dans l’immense majorité des cerveaux rabiques (97 p. 100 environ) ; néanmoins ils ne sont pas spécifiques. Ainsi, le chat normal peut en montrer (Luzzani), les animaux tétaniques en présentent parfois. Pace les a rencontrées dans le cerveau de 3 personnes mortes de vieil-

brun foncé (Abba et Bormans).

Fig. 324.

Corpuscules de Negri dans les cellules nerveuses (d’après Negri). Corne d’Ammon du chien (coloration par le Mann).

LESIONS

lesse. Enfin (Remlinger) il n’y a pas de corrélation entre la distri-

bution des corps de Negri et celle du virus rabique. Ils apparais-

Fig. 325.

Corpuscules de Negri dans la. corne d’Ammon d’un chien inoculé avec le virus des. rues

(d’après Negri).

LA RAGE

sent plus tard que la virulence chez le rat , le lapin, inoculés avec des émulsions filtrées sur la bougie Berkefeld. Y.

Les corps de Negri témoignent d'une réaction de la cellule nerveuse vis-à-vis de la toxine rabique ; cette réaction peut se produire avec d autres toxines. Ils ne sont donc pas spécifiques.

Quelle que soit leur nature, la constatation des corpuscules de Negri fournit un élément précieux pour le diagnostic de la rage. Pourtant l’absence des corpuscules ne permet pas de conclure à l'absence de la rage.

2° Lésions du sang. — Voir plus loin, page 878 (Courmont et Lesieur).

| 4. — Nature du virus rabique

Le virus rabique n’est pas un microbe qu'on puisse voir et cultiver par les méthodes ordinaires.

Est-ce un protozoaire ? Le corps de Negri, les corpuscules de Volpino sont-ils ce parasite ? Plusieurs savants l'admettent et ont même décrit un cycle évolutif de ce protozoaire (Heller). Pour d'autres le parasite de la rage devrait être rangé parmi les bactéries. Le très grand nombre des espèces sensibles, l’existence de la maladie sous toutes les latitudes, l'absence d’un deuxième hôte sont autant d’objections contre l’hypothèse d’un protozoaire de la rage.

Le virus de la rage est un organisme ultra-microscopique (voirp. 851). Il traverse les filtres,

Noguchi (1913) aurait réussi à cultiver le virus rabique en ensemençant des fragments de centres nerveux provenant d’animaux morts de la maladie naturelle ou expérimentale dans de la gélose (2 p.) additionnée de liquide ascite (1 p.) et d’un petit fragment de rein ou de testicule de lapin recueilli aseptiquement. Les cultures renferment des corpuscules nucléés limités par une membrane réfringente. Ces corpuscules ont plutôt l’apparence de protozoaires que de bactéries.

La toxine rabique n’a pu encore être isolée, car il est difficile de séparer ses effets, de ceux des extraits de substance nerveuse

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