DIAGNOSTIC
ordinaire. La toxine rabique doit être retenue énergiquement par les cellules nerveuses.
Le virus rabique se conserve très longtemps à l’état humide à l’abri de l'air et de la lumière. Galtier a montré la virulence des cerveaux de chiens enfouis depuis quarante-quatre jours, de la salive conservée dix jours entre deux lames de verre. Un refroidissement à — 190° n atténue pas la virulence. Un chauffage de vingt-quatre heures à -f- 45°, de une heure à -f- 50°, détruit le virus rabique.
L’action de la dessiccation lente constitue la base de la méthode pasteurienne (voir p. 881); la dessiccation rapide permet de conserver la virulence (Vansteenberghe).
Les rayons de Rontgen ont une action légère (Calabrese).
Le radium agit également (Tizzoni).
§ o. — Diagnostic de la rage
1° Le diagnostic de la rage du chien et des autres animaux présente toujours de sérieuses difficultés. Le plus souvent un seul examen clinique ne suffit pas, la séquestration et l'observation sont indispensables pendant au moins 48 heures.
Si les animaux ont été abattus prématurément (chiens mordeurs, suspects) , l’autopsie ne donne que des indications insuffisantes ou nulles, même sur les chiens morts de rage les lésions ne sont ni constantes ni univoques. La vacuité du tube digestif ou la présence des corps étrangers fournissent des éléments du diagnostic pratique, ces signes peuvent faire défaut chez les animaux enragés, ils peuvent exister chez des chiens non rabiques.
Toutes les fois qu’il n’est pas possible d’ affirmer l’absence de la rage on doit assurer aux personnes mordues l’application des mesures prophylactiques. On doit mettre en oeuvre les procédés rapides du diagnostic expérimental (corps de Negri, lésions des ganglions nerveux, glycosurie), en se rappelant que seuls les résultats positifs ont une valeur probante.
A. Le diagnostic différentiel est surtout délicat avec la forme
LA. RAGE
nerveuse de la maladie du jeune âge et la maladie d’ Aujeszkij . La forme nerveuse de la maladie du jeune âge prêle d’autant plus à confusion que l’inoculation du cerveau fait apparaître des paralysies chez le lapin, mais la maladie ainsi provoquée n'est pas inoculable en série. La maladie d'Aujeszky du chat, du chien et du bœuf (paralysie bulbaire infectieuse, pseudo-rage) rappelle la rage (agitation mais sans tendance agressive), absence de lésion macroscopique, absence de microbe visible). Les centres nerveux sont virulents, ainsi que le sang. La salive n’est pas virulente. L'inoculation est possible au lapin. Les éléments de différenciation avec la rage sont nombreux (voir page 893).
B. Le procédé de choix est Y inocula Lion d’un fragment de bulbe dans le cerveau ou dans l'œil du lapin, ou dans les muscles de la nuque du cobaye (Il est prudent de faire séjourner vingt-quatre à quarante -huit heures le bulbe suspect dans la glycérine stérilisée, pour se mettre à l’abri des germes de septicémie, et d'inoculer deux animaux au moins, par crainte d’une mort accidentelle.)
La glycérine . peut être utilisée pour l’envoi du cerveau des animaux suspects, la virulence s’y conserve pendant i mois et demi (Roux et Calmette). Pendant la saison froide (température inférieure à -)- lu°). le virus rabique se conserve longtemps (72 joursi. On peut utiliser à défaut de glycérine, le sel marin où la virulence persiste 61 jours, le sacre en poudre ( >0 jours), l’acide borique, le talc, le camphre (34 jours), le bicarbonate de soude, la saccharine (9 jours) (Remlinger) .
L'inconvénient de cette méthode, c’est qu’elle ne renseigne pas en moins de quinze à vingt jours, et qu’on ne peut attendre sa réponse pour commencer le traitement des personnes mordues. Aussi, a-t-on cherché des procédés plus rapides de diagnostic.
C. Nous avons indiqué (p. 869) la valeur des procédés du diagnostic histo-pathologique par la recherche des altérations des centres nerveux.
D. Paviot et Lesieur (1901), chez l’homme, ont rencontré des embolies de polynucléaires tout à fait spécifiques dans les capil-