M. FACULTATIFS
Staphylocoque pyogène.
Streptocoque pyogène.
Bacille du rouget.
Bacille d’Eberth.
B. pyocyanique, etc.
M. ANAÉROBIES
Bacille de Nicolaïer.
Vibrion septique.
Bactérie du . charbon symptomatique.
Vibrion butyrique, etc.
1 Pasteur. Animalcules infusoires vivant sans gaz oxygène libre. C. R. Ac. des Sciences, 1861, p. 344.
CULTURE ET ISOLEMENT DES ANAEROBIES
On voit, par ce tableau, que les microbes anaérobies actuellement connus tiennent déjà une grande place dans la pathologie infectieuse ; ils sont les agents des maladies les plus redoutables (tétanos, gangrène gazeuse, charbon symptomatique, pleurésies putrides, abcès gangréneux, etc.). Ils sont d’ailleurs très répandus dans la nature. La plupart se reproduisent par des spores extrêmement résistantes. 11 suffira pour s’en procurer d’inoculer sous la peau d’un cobaye un peu de terre végétale, de vase, chauffée à -J- 100° pendant dix minutes (pour la débarrasser des microbes non sporulés). Le cobaye mourra, en vingtquatre ou trente-six heures, de septicémie gangréneuse ou de tétanos. L’ensemencement de la sérosité péritonéale donnera des cultures pures de Vibrion septique dans le premier cas; l’ensemencement du liquide de la plaie, dans le second, fournira aussi des cultures de Bacille de Nicolaïer , mais le plus souvent impures. On peut aussi se procurer du Bacillus butyricus en immergeant un haricot dans un tube à essai rempli aux 3/4 de gélose bouillante qu’on met à l'étuve à + 38°.
En résumé, la gravité des accidents qu’ils engendrent, leur fréquence dans la nature, la résistance de leurs spores placent les anaérobies au premier rang des microbes pathogènes; leurs exigences biologiques imposent une technique spéciale.
Nous supposerons d’abord l’élève en possession d’une culture pure d’un anaérobie pour décrire les procédés habituels de culture de ces microbes ; nous étudierons ensuite les méthodes d'isolement des anaérobies .
Une question théorique se pose avant d’aller plus avant dans ce chapitre : l’anaérobie vrai se passe-t-il réellement d’oxygène ou l’emprunte-t-il aux substances du milieu nutritif qui en contiennent *? Craint-il seulement l’oxygène libre ? On admet actuellement qu’un microbe peut vivre et se multiplier sans fixer aucune molécule d’oxygène. Il n’en est pas moins vrai que beaucoup d’anaérobies utilisent l’oxygène des substances nutritives qu’ils dédoublent par fermentation.
Il est facile de mettre en relief la différence dans les besoins
CULTURE DES ANAÉROBIES
en oxygène de différents microbes : il suffit pour cela d’examiner les cultures par piqûre sur un milieu solide d’un grand nombre de microbes. Le Bacille du charbon, par exemple (fig. 82 a), qui a beaucoup d’affinité pour l’oxygène, poussera abondamment à la surface de la gélose, et la vigueur de la culture diminuera progressivement le long du sillon de la piqûre à mesure que celui-ci s’éloignera de l’atmosphère. Le Bacille de la septicémie de la souris , au contraire, est surtout anaérobie ; il ne se développera pas à la surface de l’agar, mais bien dans la profondeur de celui-ci, et d’autant plus abondamment qu’on s’éloignera de l’atmosphère du tube (fig. 82 b).
Ces deux colonies représentent deux cônes : le cône du microbe aérobie a la pointe dirigée en bas, et celui de l’anaérobie l’a dirigée en haut. La colonie du microbe facultatif a la forme d’un cylindre (fig. 82, c).
Pour Rosenthal (1908) la distinction classique en aérobies (stricts ou mixtes) et anaérobies est artificielle. On peut adapter les anaérobies à la vie aérobie (aérobisation des anaérobies), par différents artifices. Cette théorie est encore vivement controversée.
Cultures de microbes sur gélose.
a, culture d’aérobie. — b, culture d’anaréobie. — c, culture de facultatif.
Culture des anaérobies
Nous supposons qu’on veuille propager une culture pure de microbe anaérobie déjà isolé.