CULTURE DANS LE VIDE
moitié de la surface de la gélose, et on fait la piqûre au moyen d'un fil de platine monté sur la paroi d’un tube en verre (G) en rapport lui-même par un tuyau (D) avec une conduite de gaz qui reste ouverte pendant tout le temps de l’opération.
Pasteur avait déjà employé Y acide carbonique dans le même but. Ce gaz, ainsi que le gaz d’éclairage, peuvent être nuisibles à la culture de plusieurs microbes (Frænkel, Kladakis, 1890) et doivent donc être rejetés de la technique générale.
Roux a indiqué un procédé beaucoup plus simple de refoulement de l’air par un gaz inerte. La gélatine nutritive est contenue dans un tube à essai, étiré à sa partie supérieure en un tube assez mince pour qu’il soit facilement fermé au chalumeau et fermé par un tampon de coton (fig. 89). On liquéfie la gélatine dans un bain d’eau chaude, on fait pénétrer à travers la ouate jusqu’au fond de la gélatine un tube de petit calibre, une pipette courbée qui amène un courant de gaz privé d’air. Ce petit tube a été stérilisé ; il porte un tampon de coton pour filtrer le gaz à son arrivée. Lorsque le gaz a suffisamment barboté dans la gélatine, on soulève le tube à la., surface de la gélatine qu’on laisse refroidir. Le gaz continue à passer. On ensemence par piqûre. On soulève le petit tube au-dessus de l’étranglement qu’on ferme à la lampe. Il n’y a pas d’air dans un tube ainsi préparé.
8° Cultures dans le vide obtenu par aspiration. — La
méthode la plus employée et la plus commode consiste à faire le vide dans les récipients destinés à cultiver les anaérobies. C’est d’ailleurs la seule qui permette d’analyser les gaz produits par les anaérobies.
A. Machines pneumatiques. — Toutes les machines pneumatiques peuvent servir à faire le vide dans les récipients à cultures. 11 sera utile d'intercaler sur le tube en caoutchouc qui relie le récipient à culture à la chambre de l’appareil un tube de verre en T, dont la branche inférieure sera munie d'un tube de caoutchouc à parois suffisamment épaisses pour tenir le vide, et lui-même fixé à un autre tube de verre long de 90 centimètres environ et plongeant dans un vase rempli de mercure.
CULTURE DES ANAÉROBIES
Le tube constitue un tube barométrique qui permettra d’apprécier la perfection du vide obtenu; il servira aussi à introduire un gaz inerte dans le récipient à culture (voir 9°). 11 est facile de modifier ainsi soi-même une machine pneumatique quelconque.
La trompe à eau donne un vide moins parfait que la machine pneumatique, mais toujours suffisant pour cultiver les microbes les plus anaérobies.
Fig. 90.
Trompe avec récipient de sûreté R. G.
Pour augmenter la puissance des trompes métalliques adaptées'aux robinets des laboratoires on peut ajuster, à la partie inférieure de la trompe, un tube en plomb, de 0m,01 de diamètre qui descend jusque dans le sous-sol.
Certaines installations (fig. 90) ont un récipient de sûreté (R) interposé entre la trompe et le tube à vide (B), pour éviter les refoulements d’eau dans ce dernier. On peut y suppléer en plaçant de suite après la trompe un flacon à deux tubulures.
B. Récipients. — On peut se dispenser d’avoir des récipients spéciaux pour les cultures dans le vide. 11 suffirait de placer ceux qui ont été décrits pour les cultures aérobies sous des cloches