CULTURES DANS LE VIDE
avant de sceller ce dernier. Le rétrécissement sera étiré avec une rapidité suffisante pour empêcher l’air atmosphérique de crever le verre et d’envahir le tube ; il se produit presque toujours une petite dépression en ombilic qui témoigne de la réalité du vide.
11 doit toujours reste? un tampon de coton dans le tube Pasteur ou dans la pipette pour permettre de réensemencer plus tard avec pureté la culture obtenue. Supposons que l’on veuille propager une culture anaérobie ayant végété en pipette à boule : 1° Il faut d’abord briser avec une pince l’extrémité scellée qui avoisine le tampon de coton : l’air se précipite dans le tube ; mais, filtré à travers le coton retenu par l’étranglement, il ne peut contaminer le bouillon. Ce premier temps est indispensable ; si on ouvrait d’abord l'extrémité chargée de liquide, l’air pénétrerait directement dans celui-ci et le souillerait de tous les germes qu’il contient, en même temps qu’il le projetterait contre le coton; 2° le second temps consiste à déboucher un petit ballon stérilisé qu’on place dans un cristallisoir ; 3° le troisième temps est le plus délicat : il faut stériliser le tube effilé jusqu’au coude, en le passant plusieurs fois dans la flamme d’un bec Bunsen, tout en ayant soin de ne pas trop chauffer le liquide de culture dont les microbes ne doivent être ni tués, ni atténués. On casse alors la pointe avec une pince flambée, et on l’introduit immédiatement dans le petit ballon qui reçoit toute la culture ; 4° l’ensemencement se fait alors comme pour les cultures aérobies, et ainsi de suite. Le cristallisoir est destiné à recevoir les quelques gouttes de culture qui peuvent tomber de la pipette avant son introduction dans le ballon et qui souilleraient le laboratoire; la stérilisation du tube jusqu'au coude est utile dans le cas où, la pipette étant tenue la pointe en l’air, une goutte de culture viendrait couler sur la surface extérieure jusqu’au coude qui est la partie la plus déclive, et retomberait ensuite dans le petit ballon ; de cette façon, la goutte ne peut être contaminée.
Une simple pipette est plus Commode que la pipette à boule, si on n’a pas besoin d’une quantité notable de culture, par exemple lorsqu’on veut simplement propager un anaérobie sans
CULTURE DES ANAEROBIES
l’inoculation. 11 faut alors faire des pipettes avec des tubes de 10 millimètres de diamètre en verre un peu fort. La manœuvre est la même. La figure 92 nous dispense de toute description. La pipette simple peut aisément se faire au laboratoire : elle est en outre moins friable à l’étuve, si on a soin de la fermer aussi près que possible du corps.
On peut faire des cultures liquides dans le vide avec un tube à essai quelconque, pourvu que ses parois soient suffisamment épaisses. 11 est stérilisé avec un tampon d’ouate, chargé de bouillon et ensemencé. On étrangle le tube au chalumeau au milieu de sa longueur et on adapte à l’extrémité au-dessus du coton un bouchon de caoutchouc percé d’un orifice central, lequel donne passage à un tube de verre muni d’un tampon de ouate situé entre deux rétrécissements.
On opère alors exactement comme avec une pipette à boule, et on ferme le tube de verre à la lampe.
Les dispositifs précédents ne permettent pas d’obtenir des cultures liquides en grandes quantités, comme cela est nécessaire dans certains cas (obtention des toxines du Bacille de Nicolaïer, en vue de l’immunisation des grands animaux; préparation des vaccins contre le charbon symptomatique). On se servira alors de grands flacons de un ou deux litres (fig. 93). Un bouchon en caoutchouc (b) livre passage à un tube de verre (c) présentant deux étranglements entre lesquels est, pour plus de sûreté d’asepsie lors de l’ouverture, un tampon d’ouate. Un second tampon d’ouate (a) volumineux ferme le goulot au-dessous du bouchon et suffira à filtrer l’air de ren-
Fig. 92.
Pipette pour cultiver les anaérobies dans le vide.
A, pipette prête à servir. — B, pipette contenant la culture dans le vide.