CULTURE DANS LE VIDE
trée, lors de l’ouverture. Les joints du bouchon sont enduits de cire d'Espagne. Les temps de l’opération sont exactement les mêmes que pour le tube à essai fermé avec un bouchon de caoutchouc. Le tube (c) sert à faire le vide et est fermé à la lampe.
Fig. 93.
Grand flacon disposé pour la . culture en bouillon d'un anaérobie.
Fig. 94.
Dispositif pour les cultures anaérobies sur gélatine dans des tubes à essai.
Le tube de Roux (fig. 95) est un tube à essai surmonté d’un tube plus étroit (B) muni d’une branche latérale (A) ; deux tampons de ouate ferment les orifices.
Après stérilisation au four, ce tube est chargé de gélatine jusqu’au quart inférieur avec un entonnoir capillaire ; on replace le tampon supérieur et on stérilise à la chaleur humide comme toute gélatine. On ensemence par piqûre à travers le tube (B) et on le ferme à la lampe (fig. 96) . On fait alors deux étran-
CULTURE DES ANAÉROBIES
glements autour du tampon du tube (A) qu’on adapte à la machine à faire le vide. Celui-ci fait, on ferme à la lampe. Nous préférons le simple tube à essai fermé par un bouchon de caoutchouc, lorsqu'on ne veut pas faire circuler le gaz inerte.
Pour faire des cultures anaérobies sur pomme de terre, on
Tube de Roux pour la culture des anaérobies sur milieu solide.
Le Tube de Roux de la figure 95, au moment de faire le vide.
peut encore se servir d’un gros tube à essai disposé comme dans les cas précédents. Roux soude à son tube à pomme de terre, au-dessous de l’étranglement, une branche latérale (a) avec un tampon de ouate entre deux rétrécissements (fig. 100). On ensemence la pomme de terre, on ferme à la lampe la partie supérieure, on fait le vide par la branche latérale qu’on ferme aussi (fig. 101).
CULTURE DANS UN GAZ INERTE
. On consultera les figures 97, 98, et 99 qui représentent : l'appareil dé Tretrop , une cloche pour cultures et évaporation dans le vide, et une étuve pour cultures dans le vide. La description est inutile.
9 Cultures dans le vide comblé par un gaz inerte. —
Fig. 97.
Appareil de Tretrop pour cultures dans le vide.
Les méthodes de culture où le vide est obtenu par une machine pneumatique, sont très largement suffisantes dans l’immense majorité des cas. Cependant, les milieux solides conservent une assez grande provision d’air qui peut nuire au développement de certains microbes ; il est recommandé de chasser cet air, avant solidification, et par conséquent avant l’ensemencement, au moyen du barbotage d’un gaz inerte; c’est le refoulement combiné avec l’aspiration mécanique. On peut ainsi arriver à faire le vide avec des appareils assez imparfaits. On se servira toujours d 'hydrogène comme gaz inerte; l’acide carbonique, le
CULTURE DES ANAÉROBIES
gaz d’éclairage pouvant nuire au développement microbien.
Le gazomètre à hydrogène le plus simple est le suivant : deux grands flacons de Mariotte unis par leur tubulure inférieure de
Fig. 98.
Cloche pour culture et évaporation dans le vide.
façon à constituer un récipient en U étranglé à sa partie inférieure. L’un des flacons n’est pas bouché, il contient de l’acide sulfurique ou chlorhydrique dilué. L’au,tre flacon muni à sa partie supérieure d’un bouchon de caoutchouc percé d’un orifice livrant passage à un robinet, il renferme des morceaux de zinc. Il suffit en déplaçant les flacons de faire passer l’eau acidulée sur le zinc pour obtenir de l’hydrogène.
CULTURE DANS UN GAZ INERTE
Jorgensen a montré qu’on pouvait fabriquer très économiquement un générateur d’hydrogène (fig. 102). Un verre de lampe ordinaire est fixé à l’aide d’un bouchon perforé (a) dans une éprouvette à pied contenant la solution d’acide sulfurique
En (b) est une lame de plomb perforée et couverte de mousseline pour supporter les petits morceaux de zinc. Le bouchon (c)
Étuve pour culture dans le vide, avec régulateur Roux.
en caoutchouc doit fermer très exactement. L’hydrogène passe dans un flacon laveur (e) contenant une solution alcaline d’acide pyrogallique (1 partie d’une solution aqueuse d’acide pyrogallique à 25 p. 100, mélangée à 10 parties d’une solution de potasse à 60 p. 100), pour enlever toute trace d’oxygène (Salomonsen) .
Si on tient à avoir un hydrogène absolument pur, on le fera passer dans une série de flacons laveurs contenant eau, potasse, azote d’argent, acide sulfurique, avant de l’envoyer dans le récipient à culture.
Un tube en T adapté à la machine pneumatique ordinaire (p. 173) sert à amener le gaz, les robinets en cuivre de la
avec deux gouttes d’une solution de chlorure de platine
Fig. 99.
ISOLEMENT DES ANAÉROBIES
trompe étant percés en T à trois voies. La manœuvre est la suivante : on fait le vide, puis on remplit le tube à culture avec un courant d’hydrogène ; on refait le vide et ainsi de suite quatre ou ‘cinq fois. On peut laisser la culture dans l’hydrogène en fermant le tube pendant qu’il est plein de ce gaz.
Fig. 100.
Tube de Houx pour culture des anaérobies sur pomme de terre.
culture sur pomme de terre dans le vide.
Pour les cultures en milieu solide, il faut faire pénétrer (le faire barboter serait mieux) l’hydrogène sur la gélatine ou la gélose avant la solidification, et ensemencer, après celle-ci, dans le courant de gaz inerte. Supposons qu'on utilise le tubexle Houx (fig. 95) : on le ferme en (B) après stérilisation de la gélatine. On fond la gélatine dans un bain-marie à une température aussi basse que possible, et on adapte (A) à la machine pneumatique. On fait pénétrer l’hydrogène à deux ou trois reprises en
CULTURE DANS UN GAZ INERTE
laissant entrer davantage de gaz toutes les fois que l’ébullition devient trop tumultueuse. On laisse refroidir le tube en le maintenant en communication avec le gazomètre. Lorsque la gélatine est solidifiée, on élève le flacon à eau du gazomètre de façon à produire une légère pression dans l’intérieur du tube.
Fig. 102.
Générateur d'hydrogène de Jorgensen. •
(La légende est dans le texte).
Fig. 103.
Tube de Salonwnsen pour la culture des anaérobies dans un gaz inerte.
On casse alors la pointe (B) dans la flamme d'un bec Bunsen : le gaz sous presssion s’échappe et empêche l’entrée de l’air. On en profite pour l’ensemencement avec une aiguille de platine pénétrant à travers l’orifice (B) qu’on referme immédiatement à la lampe. On ferme ensuite (A) après avoir chassé ou conservé l’hydrogène.
Si on tient à faire barboter le gaz dans la gélatine, il suffit
ISOLEMENT DES ANAÉROBIES
d’avoir deux tubes pénétrant dans le récipient 'à culture, le tube d’arrivée plongeant au fond. Il en sera de même pour le bouillon.
Salomonsen se sert, pour faire passer un courant d’hydrogène dans une culture liquide, du tube dessiné figure 103. La partie destinée à la culture mesure 10 centimètres de long sur 2 centimètres de diamètre. L’ensemencement se fait par le tube vertical, fermé à son extrémité par un bouchon tubulaire en caoutchouc («) ; l’hydrogène a accès par le tube courbe, muni en (6) d'un
Fig. 104.
Chambre humide de Ranvier pour la culture des anaérobies sous le microscope.
tampon d’ouate. Des rétrécissements arrêtent les tampons. On ferme à la lampe dès qu’on arrête le passage du gaz.
10° Cultures anaérobies sous le microscope. — On a vu
(ch. v, p. 143) comment on peut cultiver un microbe aérobie sous le microscope. Pour examiner le développement d’un anaérobie, on peut sceller simplement une goutte de culture entre une lame et une lamelle avec du baume de Canada ou de la paraffine. On utilisera de préférence la cellule de Geissler (fîg. 76) dans laquelle on fera passer de l’hydrogène et qu’on scellera aux deux bouts, ou mieux encore la chambre à gaz de Ranvier (fîg. 104). C’est une chambre humide de Ranvier ordinaire avec deux tubulures latérales qui permettent de