LIMITE DES TEMPERATURES MORTELLES
tains microcoques seuls ont été tués. Il n’est donc pas étonnant que la glace puisse transporter des germes pathogènes ; surtout qu’il est démontré qu’une congélation de cent jours (Mittchell, Frænkel, Prudden, etc.) ne tue pas la plupart des microbes.
Le chauffage a une influence très variable et très utile à connaître. D’une façon générale une température de + 50° à + 60° suffit à tuer les microbes non sporulés. C’est en chauffant le vin à cette température que Pasteur est arrivé à le débarrasser des germes de la fermentation acétique et autres. Mais certains microbes végètent à des températures supérieures à+ 60°, et les spores résistent à de hautes températures ; il y a donc une* grande variabilité dans les températures qui tuent les différents microbes, et ces faits sont bien plus utiles à connaître que la limite inférieure de température pour la diagnose de l’espèce. Nous avons déjà vu à propos de Y Isolement des anaérobies (p. 187) de quel secours était le chauffage pour l’isolement, et par conséquent la recherche du Vibrion septique, du Bacille de Nicolaïer, etc. Il en est de même pour les aérobies (p. 149). Les spores du B. subtilis résistent à un chauffage à -f- 100° de une heure et parfois trois heures ; il faut les exposer cinq minutes à -f- 110° pour les tuer (Brefeld). Dans les mêmes conditions, les spores du B. anthracis meurent en moins de cinq minutes (Roux), et celles du B. Chauvæi, en moins de deux minutes (S. Arloing,. Cornevin et Thomas) à -f- 100°. Mais on n’oubliera jamais que ces chiffres ont trait à la chaleur humide ; dans l’air sec les spores sont beaucoup plus résistantes. Celles du B. subtilis et du B. anthracis germent après une exposition à -f- 123° dans L’air sec (Koch). Miquel a pu faire germer des spores qui avaient été chauffées à + 145° dans l’air sec.
D’autres conditions influent encore sur la susceptibilité des spores à la chaleur. S. Arloing, Cornevin et Thomas ont vu que les spores du B. Chauvæi, qui, dans le sang, ne résistent pas plus de deux minutes à l’eau bouillante, exigent pour être détruites une ébullition de deux heures si on les a, au préalable, desséchées à -{-• 33°.
La composition du milieu ambiant a aussi une grande importance. Duclaux a montré que les cellules très jeunes de Tyrothrix tenuis (microbe faisant fermenter la caséine), périssent à -f- 90° dans un liquide neutre, et seulement au-dessus de
100° dans un liquide légèrement alcalin; l’acidité nuit à la conservation de la vitalité. D’autres conditions de vitalité ont aussi leur influence. Les spores de Tyrothrix filiformis périssent à +H00 quand elles proviennent de cultures sur gélatine, et seulement à + 120° quand elles sont puisées dans le lait (Duclaux).
Tous ces exemples montrent que la recherche de la température mortelle peut être utile pour l'isolement et la diagnose d’une espèce, mais elle demande à être faite dans des conditions bien définies.
5° Aspect des cultures liquides. — Il peut quelquefois donner de précieux renseignements.
Certains microbes, extrêmement ténus ( Péripneumonie bovine), peuvent végéter avec des modifications à peine apparentes des milieux de culture. Il ne faudra donc pas rejeter, sans examen très minutieux, comme stérile, une culture qui ne présenterait pas un trouble manifeste.
En général, une culture liquide (en bouillon par exemple) se présente sous l’aspect d’un liquide uniformément trouble ; lorsque le bouillon se clarifie et qu’un dépôt se forme, cela indique l’arrêt de la végétation de la culture. C’est ainsi que se comportent la grande majorité des microbes (Staphylocoque pyogène (fig. 110),B. d’Eberth, B. coli, etc.).
Le trouble peut être léger, épais, boueux, suivant les cas ; le dépôt peut être fin, floconneux, caillebotté, gluant, adhérent, etc., autant de caractères utiles à remarquer. La présence d'un voile épais à la surface appartient à certaines espèces (B. subtilis ). Un voile léger irisé restant adhérent aux parois quand on incline le ballon s’observe souvent (B. coli, B. d'Eberth, Staphylocoque pyogène, etc.).
Certains microbes ne troublent pas le liquide et végètent en véritables colonies isolées, par exemple plusieurs Streptocoques