PHOSPHORESCENCE
étudiée par Gessard, Charrtn, Wasserzüg, etc. Elle est bleue ; la coloration verte des bouillons est due au mélange de pyocyanine bleue avec un pigment fluorescent vert (Gessard) ; plus tard, dans les vieilles cultures, la pyocyanine se transforme en une substance jaune, la pyoxanthose, qui colore le bouillon en brun. Pour obtenir la pyocyanine, on alcalinise le bouillon de culture avec l’ammoniaque, et l'on agite avec du chloroforme. Le chloroforme dissout la pyocyanine et se colore en bleu de ciel foncé. Si on ajoute de l’eau, acidulée avec de l’acidé sulfurique ou chlorhydrique, la pyocyanine passe dans l’eau acidulée qu’elle colore en rouge. Le chloroforme retient les matières grasses et la pyoxanthose. La solution aqueuse rouge, saturée par la potasse ou l’ammoniaque, repasse au bleu. Si on traite par le chloroforme, celui-ci s’évapore et la pyocyanine cristallise en bleu foncé. Toute oxydation transforme la pyocyanine en pyoxanthose. Ces réactions sont caractéristiques de la pyocyanine, et du B. pyocyaneus.
Voir page 644, les pigments du B. pyocyanique .
Malheureusement, les autres pigments sont presque inconnus dans leur composition, même le pigment vert du B. pyocyanique (Gessard) cité plus haut, qui paraît avoir les mêmes propriétés que celui du B. vert de l’eau.
Les microbes chromogènes n’ont pas simplement un intérêt de curiosité : beaucoup sont pathogènes. Le Staphylocoque pyogène est l’agent le plus répandu de la suppuration (ostéomyélite, furoncle, abcès, etc.) ; le B. de la morve ; le B. pyocyanique est celui du pus bleu ; le B. syncyaneum donne le lait bleu ; le B. synæantum le lait jaune ; le B. erythrogenes le lait rouge.
Nous parlerons plus loin des cultures sur milieux colorés qui n’ont aucun rapport avec les microbes chromogènes.
8° Phosphorescence. — A côté des microbes chromogènes se placent les microbes photogènes {phobactéries) , c’est-à-dire capables de luire dans l’obscurité. Le premier, Pflüger 1
1 Pflüger, Ueber die Phosphoreszenz verwesenden Organismen. Arch. für die Physiologie, 1875.
a démontré que les lueurs émises par de la chair de morue fraîche étaient dues au développement de bactéries, auxquelles il attribuait la phosphorescence de la mer du Nord à certains jours. Cohn rencontra la même espèce sur du saumon et l'appela Micrococcus phosphoreus. Le même phénomène fut observé sur de la viande de boucherie, ou sur de la chair de poissons de mer, et attribué à des microbes par Nuesch, Bancel et Husson, Lassar, Ludwig, etc. Fischer et Forster ont séparément décrit le Bacillus phosphorescens. Giard a isolé sur les talytres '(crustacés marins) une autre bactérie lumineuse, pathogène pour ces animaux. Les géophiles (vers luisants) doivent probablement leur phosphorescence à un microbe.
La lumière produite est blanche et contient les différentes radiations du spectre, que Ludwig a d’ailleurs obtenues avec le Micrococcus phosphoreus.
L’oxygène est nécessaire à la phosphorescence ; la température influe peu. Le sel (eau de mer, bouillon salé) favorise l’apparition des lueurs. Le microbe phosphorescent ne luit pas sur tous les milieux de culture.
Les liquidés organiques peuvent être phosphorescents, grâce à des microbes. Henkel, il y a plus d’un siècle, Nuesch, récemment, ont signalé des individus à sueurs phosphorescentes.
R. Dubois a étudié avec soin le Photobacterium sarcophilum, microbe photogène, mobile, recueilli ,sur un lapin devenu lumineux après sa mort. C’est la première photobactérie isolée et cultivée. Le milieu employé, chimiquement défini, était le suivant :
Eau 100
Asparagine 1
Glycérine 1
Phosphate de chaux 0,10
NaCl 3
Ce microbe brille aussi spontanément sur la gélatine-peptone non neutralisée ou acidifiée avec l’acide lactique, mais au bout de quelques jours seulement, après avoir alcalinisé le point où il se développe. Ces cultures restent brillantes pendant un an