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PRODUCTION DE GAZ

dans l’obscurité, mais perdent leur phosphorescence après une exposition de quelques jours à la lumière à -f- 10°. En réensemençant dans l’obscurité, la luminosité reparaît.

Quelle est la matière photogène? Dubois, étudiant le manteau phosphorescent de la Pholade dactyle (mollusque marin), aurait isolé deux substances cristallisables qui brillent en présence de l’eau. L’une d’elles, diastasique, a été nommée par l’auteur : luciferase. Peut-être les microbes photogènes fabriquent-ils des diastases phosphorescentes. Cependant, la substance phosphorescente n’est pas soluble, puisque le liquide de culture filtré sur porcelaine est dépourvu de toute luminosité.

Lepierre (1895) a obtenu des cultures phosphorescentes avec un microbe trouvé dans l’eau. Il fallait certains milieux pour observer le phénomène ; la teneur en phosphates n'influait pas.

9° Odeur. — L’odeur des cultures est parfois très particulière, mais ne pourra jamais qu’être un moyen très secondaire de diagnose. Celles que dégagent les cultures du Bacille de Nicolaïer est très pénétrante et fécaloïde ; il suffit de déboucher un tube de culture, même filtrée, de ce bacille pour empester le laboratoire. L’odeur des cultures de B. pyocyanique est légèrement fécaloïde, et se retrouve dans les pansements des abcès à pus bleu. Les cultures du bacille de Koch ont une odeur très agréable.

10° Production de gaz. — Plusieurs microbes, et spécialement des anaérobies, agissent comme ferments et engendrent des gaz qu’on a relativement peu étudiés. La gangrène gazeuse a tiré son nom des gaz produits dans les tissus par le Vibrion septique. Le nom de charbon emphysémateux caractérise la présence des gaz élaborés par Baclerium Chauvœi dans les tumeurs musculaires. D’autres affections gazeuses ne sont pas mortelles et sont déterminées par des microbes différents ; S. Arloing a étudié un de ces, microbes i.

• 1 S. Arloing, Leçons sur la tuberculose et les septicémies, recueillies par J. Courmont, 1892, p. 485.

S. Arloing a étudié l’action zymotique du Vibrion septique et du B.Chauvæi sur la peptorie, l’albumine et le jaune d’œuf; il y avait principalement production d’azote, d’hydrogène et d’acide carbonique.

Les gaz produits dans les cultures anaérobies peuvent être quelquefois si abondants qu’ils font sauter le bouchon. On les voit nettement creuser des cavités dans la gélatine ou la gélose. Ce sont eux qui causent l’odeur de certaines cultures. Pour analyser les gaz, on peut cultiver le microbe dans un tube à essai rempli de mercure et renversé sur un verre à pied également plein de mercure; après passage à l'autoclave, on introduit du bouillon ensemencé, sans bulle d’air, dans le tube à essai et on met le tout à l’étuve. Les gaz se voient bientôt au-dessus de la culture1. On les analyse d’après les méthodes ordinaires. On peut aussi cultiver l’anaérobie dans le vide et casser le tube de verre sous une cloche à mercure.

Pour avoir des gaz en grande quantité, et pour pouvoir les analyser de jour en jour et même d heure en heure (car leur composition change à mesure que la fermentation avance), au lieu d’opérer sur un mélange de plusieurs jours, on doit se servir d’un dispositif rappelant celui employé par Pasteur pour l’étude des fermentations (fig. 123).

Un grand ballon à deux tubulures (A) est rempli aux deux tiers de liquide nutritif ; la tubulure recourbée plonge dans un autre ballon rempli également du même liquide nutritif et bouché avec du coton ; le robinet (a) de la seconde tubulure est laissé ouvert. Deux fourneaux à gaz sont placés sous les deux ballons, qui sont chauffés à l’ébullition pendant une demiheure. Ils sont ainsi stérilisés et purgés d’air. On éteint alors le fourneau du ballon (A) qui se refroidit et on ferme le robinet (a). La vapeur d'eau se condense en (A) ; le vide se fait; le liquide du second ballon se précipite et remplit complètement le ballon (A) et ses deux tubulures. On remplace ensuite le second ballon par une capsule en porcelaine (B) remplie de mercure et stérilisée. On ensemence en mettant quelques centimètres cubes de culture dans l'entonnoir de la tubulure droite, au préalable rempli d’acide carbonique pour éviter les rentrées

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