CAUSES D’ERREUR
vre de suite après la mort, quelquefois même pendant l’agonie. Herman et Wurtz ont étudié systématiquement le foie, la rate et les reins de trente-deux cadavres et ont trouvé ces organes souillés seize fois par le colibacille. Les cadavres des animaux morts du charbon bactéridien ou du charbon symptomatique sont rapidement envahis par le vibrion septique. L’erreur de Jaillard et Leplat est historique, elle doit mettre en garde contre des conclusions hâtives.
L’empoisonnement par l’alcool, par l’arsenic (Wurtz), par certaines toxines microbiennes (Mosny), le surmenage (Bouchard, Gharrin et Roger) entraînent ,1a pénétration dans le sang des microbes de l’intestin pendant l’agonie. Le foie paraît être l’organe envahi en premier lieu.
Pour affirmer qu’un microbe est l’agent d’une infection, il faut donc ajouter à l’isolement, à la culture, à la reproduction de la lésion par inoculation de la culture pure, les conclusions d’une critique sévère.
C. Un autre fait, des plus intéressants à connaître, est le suivant. Certains microbes, tels que le Staphylocoque pyogène, le Streptocoque pyogène , le Colibacille, etc., engendrent les lésions les plus diverses : suppurations, pleurésies, endocardites., ostéomyélites, etc. Or, un cle ces microbes retiré d'une lésion donnée, reproduit plus volontiers celle-ci sur l'animal ; il est, jusqu’à un certain point, adapté à l’attaque de ce tissu ou de cet organe. Exemples : un staphylocoque, retiré d’une endocardite infectieuse, inoculé dans le sang d’un animal, reproduira, sans traumatisme préalable des valvules, de l’endocardite infectieuse, alors qu’un staphylocoque, extrait d’une pustule, inoculé de façon identique, engendrerait difficilement de l’endocardite. Un colibacille d’abcès sera plus pyogène qu’un coli du contenu intestinal. C’est le résultat d’une certaine accoutumance des microbes pour un tissu ou pour un organe. Habitué à cette lutte particulière, il est devenu plus apte à celle-ci.
2° La recherche a été négative. — On a ensemencé un pus, un épanchement séreux, du sang. La culture reste stérile.
Faut-il conclure que l’affection n’était pas microbienne ? Nullement.
A. Il y a beaucoup d’agents pathogènes qui ne végètent pas dans les milieux ordinairement employés. Les microbes invisibles n’ont pas encore été cultivés. On ensemence, par exemple, dans tous les milieux connus, de la pulpe vaccinale extraite de pustules non contaminées par les microbes vulgaires delà peau. Il ne se produit aucun développement microbien. Cependant ce pus contient bien l’agent causal, puisque inoculé, il reproduit la maladie. La seule conclusion à tirer est que nous ne savons ni voir ni cultiver cet agent.
Quelques microbes visibles, bien identifiés n’ont pas été cultivés (i bacille de la lèpre).
B. Il existe des microbes relativement difficiles à cultiver (. Bacille tuberculeux). Ils peuvent être présents et ne pas fertiliser les milieux ordinaires. On n’obtiendrait des cultures qu’avec des précautions spéciales, qui ne sont habituellement pas employées si on ne soupçonne pas la présence de l’un de ces microbes. Exemple : on ensemence un produit tuberculeux en bouillon ordinaire ; il ne pousse pas ; on aurait tort de conclure qu’il était stérile ; il contenait des bacilles de Koch, qui ne végètent pas facilement en bouillon.
G. On se contente en général de faire des cultures aérobies ; le microbe causal peut être anaérobie (tétanos, septicémie gangréneuse, certains pus putrides, etc.). Il faut donc cultiver à l'abri de l’air avant de conclure à la stérilité.
D. Les microbes qui ont causé l’affection, peuvent avoir disparu. Des lésions tuberculeuses, des nodules morveux, des abcès peuvent être stériles bien qu'ils soient la conséquence de l’infection par le bacille de Koch, le bacille de la morve ou par un microbe pyogène. Les microbes subissent une dégénérescence comme les autres éléments cellulaires.
Dans les autopsies tardives, l’agent causal peut être rapidement détruit par la putréfaction. C’est le cas pour la bactéridie charbonneuse.
E. Les microbes peuvent exister, mais être rares. La centrifugation rendra alors de grands services, en condensant les élé-