COLORATION DES ACIDO-RÉSISTANTS 2S
mais une dilution de culture sur milieu solide. Les microbes doivent être peu abondants et espacés. La lamelle sera bien propre, flambée et desséchée à l’abri de la poussière. On fixera sur la flamme de la lampe à alcool; le bec Bunsen altère les cils.
Straus dit avoir vu les cils de bacilles cholériques vivants , en examinant une goutte de culture mélangée avec une goutte de liquide de Ziehl très dilué. Ce procédé échoue, en tous cas, avec le B. d'Eberlh et le Colibacille .
F. Coloration des microbes acido-résistants (B. tuberculeux,
AUTRES BACILLES ACIDO-RÉSISTANTS). — KOCH 1 (1882) a Coloré, lo premier, des bacilles tuberculeux par le bleu de méthylène alcalinisé par la potasse ; le fond était recoloré en brun avec la vésuvine. Le procédé n’a qu’un intérêt historique.
Ehrlich, ayant remarqué que le violet de gentiane, qui est très impur et contient de l’aniline, colorait mieux que le violet de méthyle, quelques semaines après la découverte de Koch, substitue l'aniline à la potasse. Weigert, Koch perfectionnent le procédé d’EHRLiCH.
Ziehl substitue à l’aniline un autre corps de la série aromatique le phénol, et montre que l’alcalinité n’est pas indispensable. Prior emploie l’essence de térébenthine à la place d’huile d’aniline; le thymol (Brieger), le borax (Sahli), l’ammoniaque (Weigert) sont successivement essayés. Koch, Ehrlich croyaient que le Bacille tuberculeux avait une réaction tout à fait spéciale. Lichtheim, Giacomi, Pétri, Baumgarten montrent que le Bacille tuberculeux se colore bien sans rien ajouter aux solutions de couleurs d’aniline, mais il faut le laisser longtemps en contact et chauffer ; le Bacille de Koch se colore donc plus difficilement et se décolore plus lentement par les acides minéraux que les autres microbes. Cependant, en faveur d'un protoplasma à réaction spéciale, on peut rappeler qu’EHRLicH a montré, en 1886, la décoloration presque spécifique du bacille, coloré dans une solution simple, par le bisulfite de soude en solution concentrée.
• 1 Koch, Die Ætiologie der Tuberculose, Mit. a. d. k. Gesundheitsamte II, 1884.
lo. . .
et que Straus a retiré du corps des bacilles une matière amorphe possédant la réaction d’Ehrlich.
Dans son travail de 1897, Koch prouve définitivement que la réaction colorante du Bacille tuberculeux n’est pas due à la résistance d’une cuticule quelconque, mais qu’elle tient décidément à une substance, qui, même isolée, à l’état amorphe, possède la propriété de rester colorée par la fuchsine phéniquée après traitement par l’acide azotique dilué et l’alcool. C’est un acide gras, non saturé, insoluble dans l’alcool à froid, soluble dans l’éther, très difficilement saponifiable. On peut l’extraire du corps des bacilles au moyen d’une dissolution chaude de soude caustique ; les bacilles perdent alors leurs propriétés colorantes spéciales. Cet acide gras forme une couche uniforme à la périphérie du bacille, une véritable enveloppe protectrice.
Le Bacille de l’entérite chronique hypertrophiante des bovidés, le Bacille de la lèpre présentent les mêmes propriétés. Le Bacille de la tuberculose aviaire se colore plus rapidement que celui de la tuberculose des mammifères.
On connaît maintenant toute une série de bacilles, ayant les mêmes réactions colorantes que les bacilles de Koch, on les a appelés : Bac. acido-résistants (voir p. 550).
On emploie plus volontiers les colorants rouges que les violets ; ils tranchent mieux à la lumière artificielle, et se conservent plus longtemps. On préservera avec soin les lames des matières grasses qui empêchent les colorations.
Voici le détail des principales méthodes.
a. Procédé d’Ehrlich. — Séjour d’une demi-heure, au plus, à froid, de quelques minutes, à chaud (jusqu’à dégagement de vapeurs), dans la solution suivante à faire au moment de s’en servir :
Eau d’aniline 100 cent cubes.
Sol. alcoolique saturée de fuchsine ou de violet de méthyle 11 —
On agite ensuite la lamelle pendant quelques secondes dans :
Acide nitrique (pur d’acide nitreux) . . . . Eau
2 ou 3