‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 61 sur 274 · COLORATION DU B. TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

COLORATION DU B. TUBERCULEUX

On lave dans l’eau, et la lamelle reprend en partie sa coloration (le sel triacide peu coloré formé par l’acide se décompose devient monoacide, plus coloré). On repasse dans la solution acide, et ainsi de suite jusqu’à décoloration de la lamelle qui reste jaune pâle (fuchsine) ou verdâtre (violet). La décoloration ne doit pas être absolument complète ; elle ne s’obtient jamais pour les taches de matière colorante.. Une décoloration trop complète décolorerait aussi les bacilles tuberculeux. On lave ensuite à l’alcool à 60° (Koch), à l’eau ; on sèche et on monte. On peut auparavant recolorer le fond en bleu si le bacille est rouge, en rouge s’il est violet.

b. Procédé de Ziehl-Neelsen. — La technique est la même que pour le procédé d’Ehrlich avec les solutions suivantes :

f Fuchsine .... 1 gramme.

Solution colorante . Eau djstjllée . . 100

V Alcool absolu . . 10 —

(Quelques minutes à chaud, dégagement de vapeurs.)

Elle se conserve indéfiniment.

Solution décolorante 1 . j Eau ^

(Quelques secondes.)

Laver et colorer dans une solution aqueuse de bleu de méthylène. C’est le procédé le plus courant. La figure 137 donne un spécimen du résultat.

c. Procédé de Hauser. — Le temps délicat du procédé de Ziehl est la décoloration. 11 faut décolorer suffisamment pour que seuls les bacilles tuberculeux restent colorés : il ne faut pas aller jusqu’à décolorer ceux-ci. Le procédé d’ÏÏAusER (1898) remédie à cet inconvénient.

On opère comme pour le procédé de Ziehl ; seule la solution décolorante est changée. Un acide organique (l’acide lactique) est substitué à l’acide minéral. 11 décolore en dissolvant, au

1 Avoir soin de verser l’acide sulfurique dans l’eau et non l’eau dans l’acide de crainte de briser le récipient.

lieu de décolorer en substituant un sel triacide incolore au sel monoacide très coloré. On a, ainsi, un temps beaucoup plus long entre la décoloration suffisante et la décoloration trop prononcée.

On colore donc avec le Ziehl. On décolore avec une solution alcoolique à 2 p. 100 d'acide lactique. La décoloration est suffi-

Fig. 137.

Préparation de crachats tuberculeux. Schéma.

Coloration par le procédé de Ziehl. Les Bacilles de Koch sont rouges. Gr = 1 200 D.

santé en quelques secondes et peut se prolonger sans inconvénients pendant une demi-heure. C’est donc un procédé essentiellement pratique (Lesieur).

d. Procédé de Kühne (un des meilleurs) . — Borel a fait connaître, en 1893, l’excellent procédé suivant dû à Kühne, et resté inédit. L’agent de différenciation est Y aniline chlorhydrique, qui décolore très bien sans nuire aux tissus, et dont l’action peut être prolongée longtemps sans décolorer les bacilles ; l’action ulté-

COLORATION DU B. TUBEUCULEUX

rieure de l'alcool décolore tout, sauf les bacilles, en quelques secondes.

Laisser dix à quinze minutes dans le liquide de Ziehl chaud.

Faire passer quelques secondes (ou plus) dans une solution d’aniline chlorhydrique à 2 p. 100.

Plonger rapidement dans alcool absolu.

Monter.

e. Procédé de B. Frænkel. — Le premier temps est le même que celui du procédé d’EHRLiCH. On décolore et on recolore avec une solution unique (méthode substitutive) :

Alcool à 00° 50 grammes.

Eau 30 —

Acide azotique pur 20 — '

Bleu de méthylène en excès.

Agiter et filtrer. On passe sans lavage du premier bain (fuchsine) dans le second et on laisse une à deux minutes. Lavage à l’eau, déshydratation par l’alcool; xylol ; baume. Si le premier bain était au violet, le second serait ainsi modifié :

Alcool 70 grammes.

Acide azotique 30 —

Vésuvine en excès.

( Ce procédé a le mérite de la rapidité.

f. Procédé de Gabbett (1887). — Séjour de deux à dix minutes dans un premier bain :

Fuchsine. 1 gramme.

Acide phénique . 5 —

Alcool absolu 10 —

!• Eau 100 —

Pas de lavage. Séjour de trente à soixante secondes dans un deuxième bain :

Acide sulfurique ........... 23 grammes.

Eau

Bleu de méthylène .

Ces deux solutions se conservent bien.

g. Procédé de Gibbes (1883). — Type décoloration élective. Un seul temps. On broie ensemble :

Fuchsine

Bleu de méthylène

et on dissout dans :

Aniline . .. .

Alcool absolu

et on ajoute :

Eau distillée 43 cent, cubes.

On met cinq minutes dans ce liquide chauffé et on décolore à l’alcool. Les bacilles sont rouges, le reste bleu.

h. Procédé de Weigert (1881). — Le B. tuberculeux prend le Gram (p. 248). Weigert modifie le dernier temps de Gram ; il décolore par Y huile d’aniline , qui déshydrate en même temps. On lave au xylol.

Les bacilles sont moins racornis, ils sont en violet très foncé. La fibrine se colore en bleu. Les produits caséeux ne sont pas colorés.

i. Procédé d’Herman. — On possède les deux solutions :

. C Krystall violet 1 gramme.

( Alcool à 95° 30 —

a0 ( Carbonate d’ammoniaque 1 —

( Eau distillée 100 — ’

(Tenir ces solutions dans des llacons bouchés).

qu’on mélange (une partie de 1° et trois parties de 2°) au moment de s’en servir, jusqu’à ce que la tache sur le papier soit très foncée. On laisse la lame une minute dans le mélange chauffé à ébullition commençante. On décolore par l’acide azotique dilué à 1/10 et par l'alcool à 95°. On recolore par l’éosine.

Ce procédé est applicable aux coupes faites au microtome à congélation, dans les tissus fixés par le sublimé acétique.

Rappelons que Le procédé de Frænkel (p. 253), qui colore si bien les spores du B. anthracis, est un des procédés de coloration

3 cent, cubes.

2 grammes.

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