DES PRODUITS SOLUBLES
Les susbstances, chimiquement pures, extraites de cultures filtrées, seront conservées d’après les préceptes ordinaires en se souvenant de leur grande altérabilité, tout spécialement pour les substances alcaloïdes.
A. — Nous voulons seulement parler de la conservation des cultures filtrées. Elles doivent être recueillies dans des récipients permettant un puisage facile de petites doses sans crainte d’altérer toute la masse.. Ces récipients doivent, en
Fig. 161.
Flacon contenant les toxines . après filtration.
/V tube en U pour le puisage. — f *, tube fermé ayant servi à la filtration. — fë, tube pour souffler.
PRODUITS SOLUBLES MICROBIENS
outre répondre à des conditions spéciales à chaque toxine. Beaucoup de cultures, filtrées, celles du bacille de la diphtérie par exemple, peuvent être conservées comme du bouillon ordinaire, sans perdre de longtemps leur activité. D’autres, telles que les toxines du tétanos, du choléra s’altèrent avec une rapidité incroyable au contact de l’air. En quatre jours la toxine cholérique a perdu la moitié de son activité si on la laisse à l’air
Fig. 162.
Tubes à essai pour la conserve des toxines.
A, tube rempli. — B.tubescelléàlalampe.
d, toxine. — e, huile.,
libre (J. Courmont et Doyon). 11 faut conserver dans le vide des liquides aussi altérables. D’une façon générale, on devrait toujours maintenir ses provisions de toxines, quelles qu’elles soient, à l’abri du contact de l’air.
Les cultures, filtrées, sont reçues dans un des trois récipients figurés aux chapitres n et m. Nous reproduisons ici les deux plus commodes (fig. 160 et 161) : nous préférons le flacon à trois tubulures avec montage sans caoutchouc (fig. 161). La fermeture du tube (f2) se fait à la lampe, sans contamination pos-
CONSERVATION DES PRODUITS SOLUBLES
sible. On règle la sortie de la toxine en soufflant dans le tube (p). On referme l’extrémité effilée du tube (/’1) à la lampe après l’opération. Des bouchons de liège devront être recouverts d’un enduit de gutta-percha (dissoute dans le chloroforme), ou de paraffine, ou de cire à cacheter. Il faut avoir •soin de ne pas laisser rentrer de l’air, par le tube (P), à la fin de l’opération, sans entourer l’orifice avec la flamme d'une lampe à alcool qui stérilisera l’air à son passage.
Lorsqu’on veut conserver les- cultures filtrées à l’abri de l’air, le meilleur système consiste à mettre dans le flacon destiné à les recevoir quelques centimètres cubes d ’ huile de vaseline avant la stérilisation. L’huile se stérilisera avec l’appareil. Les toxines ( d ) aussitôt dans le flacon, sont recouvertes d une couche d’huile ( e ) , qui surnage et les préserve du contact de l’air (fig. 1 63) .
On transvase parfois la culture filtrée dans des tubes de verre qu’on remplit bien et qu’on scelle à la lampe (fig. 162, A et B). 11 ne faut pas que l’étranglement soit trop étroit ; on aurait des difficultés pour introduire la toxine. Il faut attendre quelques minutes après le remplissage pour fermer à la lampe ; si le verre était encore humide, il casserait. Les toxines ainsi conservées sont encore actives au bout de deux ans. L’inconvénient de ce procédé est la perte à peu près fatale de toute la toxine contenue dans un tube quand on ouvre celui-ci.
Quel que soit le récipient employé, il devra toujours être conservé à la glacière, à l’abri de la lumière.
Nicolle et Ch. Truche donnent la préférence pour la conservation des toxines aux solutions glycérinées préparées de la façon suivante. Le poison sec est ajouté en excès à l’eau glycérinée (àâ), on garde au froid, on agite pendant quelques jours et on laisse déposer. 11 suffit de prélever pour l’usage le liquide clair. En raison de la grande quantité de glycérine on peut répéter les prélèvements sans inconvénient.
, C. — On pourra conserver les toxines desséchées , à l’état pulvérulent. On opérera comme pour les sérums (p. 381).
On conserve souvent aussi les filtrats microbiens entre toluène et chloroforme.