‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 83 sur 274 · DE LA CRÉATION ARTIFICIELLE DE L’IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

DE LA CRÉATION ARTIFICIELLE DE L’IMMUNITÉ

VACCINATION, IMMUNISATION

Chaque espèce animale est sensible à certains virus et réfractaire à d’autres ; on dit qu’elle est doué d’immunité naturelle vis-à-vis de ces derniers. Un individu, appartenant à une espèce sensible à tel virus, peut lui devenir réfractaire ; on dit qu’il acquiert Y immunité. Celle-ci peut être acquise naturellement : par exemple à la suite d’une première atteinte infectieuse qui a guéri ; elle peut être créée artificiellement, et prend alors plus spécialement le nom de vaccination ou d’immunisation.

Si on excepte là vaccination jennérienne et les tentatives de vaccinations anticholériques, antipesteuses, la création artificielle de l’immunité, chez l’homme, vis-à-vis des infections auxquelles il est sensible, n’a pas encore reçu de solution pratique sauf pourtant en ce qui concerne la vaccination antityphique .

Contre les maladies infectieuses des animaux, les vaccinations sont très répandues et dans la voie ouverte par Pasteur (choléra des poules, fièvre charbonneuse, rouget) la thérapeutique préventive s’est enrichie de nombreux procédés et de nouvelles méthodes, beaucoup ont reçu la consécration d’une longue pratique (charbon symptomatique).

L’immunisation de l’animal est le prélude obligé d’une foule d’expériences de laboratoire et de la préparation des sérums thérapeutiques (voir Sérothérapie). Nous devons, en conséquence, consacrer un chapitre à l’indication des différents

THÉORIES DE l’iMMUNITÉ

moyens à employer pour créer, chez un animal, l'immunité artificielle.

§ 1. — Quelques mots sur les théories de l'immunité

Nous ne voulons pas traiter ici des théories de Y immunité (théorie phagocytaire de Metchnikoff, théories humorales) ; qui sont bien près de se confondre, les leucocytes étant la grande source des substances humorales : bactéricides, antitoxiques etc.) ; cependant, il est indispensable de fixer la signification de certains termes.

1° Antigènes, anticorps. — Toutes les fois qu'une matière albuminoïde pénètre dans un organisme, à condition que cette substance ne provienne pas d'un animal de même espèce que celui chez lequel on l’introduit, l’organisme réagit immédiatement. Cette réaction se traduit par la production de substances spécifiques, dirigées spécialement contre l’élément envahisseur , on leur donne le nom d 'anticorps. Les substances capables de provoquer la formation des anticorps sont des antigènes.

Les matières albuminoïdes représentent le type des antigènes. Les matières albuminoïdes liquides (sérum) ou figurées (cellules diverses : hématies, bactéries) les toxines, les ferments, sont par excellence capables de donner naissance à des anticorps , dont on étudie les propriétés dans le sérum des animaux traités.

Les anticorps sont de deux sortes : les anticorps agglutinants ou coagulants et les anticorps lytiques. Les anticorps agglutinants sont thermostabiles (résistent à 55 degrés), ils comprennent les agglutinines , les précipitines . Les anticorps lytiques dont la formation explique les phénomènes de bactériolyse , d’hémolyse sont thermolabiles (ne résistent pas à 55 degrés). Les conditions de leur résistance au chauffage ont permis d’attribuer leur action à l’intervention de deux substances : 1° Y alexine [complément, cytasé) qui se trouve dans tous les sérums, thermolabile, douée de propriétés destructives, mais sans spécificité, n’agissant que par l’intermédiaire de 2° Y anticorps spécifique ( anticorps proprement dit, ambocepteur, (Ehrlich) fixateur), thermostabile, spé-

Page 1