INJECTION DES PRODUITS SOLUBLES MICROBIENS
Pour immuniser un animal à l’aide des produits solubles microbiens, on se rappellera quelques principes généraux.
Une immunisation solide ne peut s’obtenir qu’à la longue ! après une série d’injections. Les substances vaccinantes étant k" toxiques ou mélangées à des substances toxiques devront être introduites d’abord à très faibles doses, le plus souvent dans le tissu conjonctif sous-cutané. Il se produira habituellement ' des accidents inflammatoires locaux (œdème, empâtement, congestion) et des symptômes généraux (fièvre, abattement, anob rexie) . On attendra que tout soit rentré dans l’ordre pour tenter K l’injection suivante. On augmentera progressivement les doses, w La réaction organique sera de moins en moins intense à mesure que l’immunité s’accentuera ; on arrivera ainsi à pouvoir injecter des doses 300 et 400 fois plus fortes qu’au » début, sans danger pour l’animal et même sans troubles passagers. L’animal est immunisé. 11 est réfractaire au microbe prot ducteur de la toxine et à la toxine elle-même. On peut diminuer le danger des premières injections en additionnant la toxine de certaines substances , telles que l’iode. On trouvera plus loin, au chapitre de la Sérothérapie, la technique de l’immunisation du cheval contre différents microbes pathogènes. Des accidents arrivent assez fréquemment pendant l’immunisation ; certains animaux supportent mal les injections et meurent | intoxiqués.
Les toxones et toxoïdes d’EHRLiCH (voir p. 356) peuvent conférer l’immunité.
r Les produits solubles employés peuvent être obtenus par un I quelconque des procédés indiqués au chapitre xn ; la filtration est la plus répandue.
On se souviendra que tous les liquides provenant de. cultures microbiennes ne sont pas vaccinants, qu’ils sont même quel- ' quefois prédisposants. En injectant ces derniers on affaiblirait i l’immunité au lieu de la renforcer ( Bacille tuberculeux de j J. Courmont, Staphylocoque pyogène , Streptocoque pyogène , etc.) .
Il ne faut pas renoncer à vacciner avec les produits solubles j d’un microbe parce qu’ils sont doués de propriétés prédisposantes. Il peut y avoir dans le liquide filtré un mélange de sub-
CRÉATION ARTIFICIELLE DE l’jMMUNITÉ
stances vaccinantes et prédisposantes (Staphylocoque pyogène , J. Coubmont et Rodet ; Streptocoque pyogène , Roger) ; on cherchera à les dissocier. J. Courmont et Rodet ont vu que la culture filtrée de Staphylocoque pyogène qui est habituellement prédisposante, exceptionnellement vaccinante, doit ces propriétés à des substances prédisposantes, solubles dans l’alcool, mélangées à des produits vaccinants, précipitables par l’alcool. Un simple chauffage à -f- 55° suffit à faire apparaître le pouvoir vaccinant des cultures filtrées prédisposantes du Staphylocoque pyogène. Il faut chauffer à -f- 1 10° les cultures filtrées du Streptocoque pyogène pour les rendre vaccinantes (Roger).
| 5. — Création artificielle de l’immunité PAR l’injection DU SÉRUM d’un ANIMAI. IMMUNISÉ
Sous l’influence des produits solubles vaccinants microbiens l’organisme fabrique, pour s'immuniser, des substances nouvelles (Bouchard) bactéricides et antitoxiques, qui se retrouvent en abondance dans le sérum sanguin. Ce sérum d’immunisé injecté à un animal neuf est préventif, et parfois curatif pour l'animal déjà infecté (Behring et Ivitasato) injecté en même temps que la toxine il neutralise ses effets ( action antitoxique) .
C’est le principe de la sérothérapie.
L'immunisation conférée par les sérums (d’animaux hyperimmunisés) est immédiate, elle est obtenue sans réaction de l’organisme (. Immunisation passive ), mais elle est de peu de durée (douze à quinze jours, trois semaines).
Si la brièveté de l'immunisation conférée par les sérums limite leur utilisation, par contre la rapidité avec laquelle elle s’établit lui attribue de précieuses indications ( sérum antitétanique) dans les traumatismes accidentels ou chirurgicaux, sérum contre le charbon symptomatique ou le rouget dans les pays infectés.
Voir p. 354, le mécanisme de l’action des sérums et les théories d’EHRLiCH.