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IDEES DIRECTRICES

L’ immunité passive est celle que l’on confère par injections de sérum d’immunisé. C’est une immunité passagère, car elle consiste dans l’addition d'antitoxine préformée, c’est à-dire de récepteurs libres qui ne se reproduisent pas.

L 'immunité naturelle est, de même, facilement explicable, d’après les idées (I'Ehrlich, soit par le manque de récepteurs chez certaines espèces, soit par la présence de récepteurs nombreux dans des organes d’importance vitale minime.

En somme, à la lumière de la théorie des chaînes latérales, l’immunité quelle qu'elle soit, ne nous apparaît plus comme un processus de défense, mais comme un ensemble de processus de nutrition.

4° Exposé des idées directrices à suivre dans 1 obtention des sérums thérapeutiques. — L’obtention des sérums thérapeutiques est basée sur un certain nombre de principes, les uns bien établis, les autres,. encore sujets à discussion. Formulons ces principes sans entrer dans aucun débat théorique.

A. Quel mode d’immunisation adoptera-t-on? — Nous les avons tous étudiés au chapitre xm. On préférera, si on recherche surtout des sérums antitoxiques, les injections de produits solubles, obtenus par filtration ou par chauffage (ces derniers contiennent les toxines intra-protoplasmiques) aux inoculations de microbes vivants, toutes les fois que les produits solubles seront suffisamment actifs (diphtérie, tétanos, etc.). Ce mode d'immunisation a des avantages multiples. On connaît d’avance, on peut graduer les effets de 1 intoxication chez l’animal ; on craint moins de perdre un sujet en cours d’hyperimmunisation.

Quelle que soit la méthode employée, les microbes devront toujours posséder une virulence maxima. Le degré d'activité du sérum est proportionnel à celui de l’immunisation, qui est ellemême d’autant plus forte que les toxines injectées sont plus actives. Peut-être ce principe demandera-t-il d’être révisé ultérieurement tout au moins en ce qui concerne les sérums pour l'usage de l’homme. Il est fort possible que l'exaltation d'un virus, par rapport à un animal, éloigne le microbe de la virulence humaine, et que le sérum obtenu avec le microbe exalté

SEROTHERAPIE

soit très actif contre lui chez l'animal et reste sans effet chez l'homme.

Un des avantages des toxines actives est de pouvoir être introduites en grandes quantités sous un petit volume, ce qui n’est pas négligeable en pratique.

Les sérums des animaux immunisés avec des toxines sont antitoxiques et non bactéricides ; pour avoir des sérums bactéricides, il faut immuniser l’animal avec les corps des microbes vivants ou morts.

Wassermann (1904) a donné une nouvelle technique de fabrication (sérum antidiphtérique). On chauffe la culture 24 heures à 60° ; on la pulvérise ; on mélange 1 gramme de poudre à 20 centimètres cubes d’une solution à 0,1 p. 100 d’éthylénediamine pendant 24 heures. On filtre, 1 à 2 centimètres cubes tuent le lapin. On immunise avec ce liquide. Le sérum obtenu précipite une émulsion de bacilles desséchés et pulvérisés, il est donc agglutinant et précipitant.

Loeffler (1904) obtient des sérums agglutinants et bactériolytiques en injectant des microbes (diphtérie) chauffés à -f- 120° + 150°.

Besredka (1906) fait justement remarquer qu'il faut, pour obtenir un bon sérum, injecter toujours le corps microbien luimême, quand il s’agit de microbes à endotoxines, à toxines intraprotoplasmiques [B. d’Eberth, B. coli, B. pesteux. V. cholérique, B. pyocyanique, etc.); il vaut mieux injecter des cultures entières dans les veines; on a alors dans le sérum des antiendotoxines.

B. Quelle espèce animale immunisera-t-on? On laissera de côté • les petits animaux tels que : chien, chèvre, mouton et à plus forte raison : lapin, cobaye, etc. Ils ne fourniraient pas assez de sérum. 11 est avantageux de recourir pour l’obtention du sérum à un animal de même espèce que celle chez laquelle le sérum doit être utilisé : les sérums homologues donnent de meilleurs résultats que les sérums hétérologues. Le sérum contre la peste bovine est obtenu par hyperimmunisation du bœuf, le sérum anti-claveleux du mouton, le sérum contre la peste porcine du porc. • '•

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