‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 94 sur 274 · IDEES DIRECTRICES · texte numérisé non relu

IDEES DIRECTRICES

Le plus souvent on préfère Y âne et surtout le cheval. On peut trouver des sujets jeunes, robustes, résistants, capables de fournir une longue carrière, et cependant sans valeur en raison d’une tare quelconque des membres. Les équidés sont en général très docilës, peu sensibles à la douleur, faciles à manier ; la situation de leurs veines jugulaires rend les saignées commodes à pratiquer; celles-ci peuvent être copieuses et répétées. Le cheval réagit peu à la plupart des toxines, son immunisation peut être menée rapidement. Son sérum est inoffensif, et facilement résorbé par les tissus. Toutes ces raisons ont dicté à Aronson, Roux, et à tous leurs successeurs, le choix du cheval comme animal producteur de sérum. On éprouvera toujours l'animal à la malléine (voir p. 600), avant de commencer Timmunisation.

C. Gomment obtiendra-t-on l’immunisation? — Les premières injections de toxines, ou inoculations de cultures vivantes, devront être faites à doses extrêmement faibles, sous peine de perdre l’animal. U addition de substances antiseptiques ou antitoxiques (trichlorure d’iode, solution de Lugol), Y atténuation par la chaleur ou tout autre moyen, permettront de diminuer encore les effets nocifs des premières injections. On attendra toujours que [. les manifestations locales ou générales d'une infection aient disparu pour pratiquer la suivante. Les doses seront progressivement . croissantes , jusqu’à ce que l’animal, étant immunisé, puisse recevoir sans réagir une quantité énorme de toxine ou de culture très active. On aboutira ainsi lentement mais sûrement.

On peut immuniser avec des toxines (voir p. 348), et l’immunité acquise l’est contre les toxines aussi bien que contre les jtoxones. Dreyer et Madsen ont immunisé des chevaux contre la diphtérie avec les seules toxones (1901).

Babès (1895) avait pensé qu’on peut vacciner rapidement le cheval contre la diphtérie en lui injectant, au début, des mélanges de toxine et de sérum ce qui permet d’atteindre rapidement de grosses doses de toxine. C’était, en somme, injecter des toxones. S. Arloing et Nicolas (1901) ont repris la question. Ils concluent très nettement qu’il n’y a aucun avantage à uti-

SÉROTHÉRAPIE

liser ce procédé. Dès qu'on abandonne le sérum, il faut revenir à des doses très petites de toxines, absolument comme si on avait suivi la marche ordinaire. Le sérum permet d’injecter une grosse dose de toxine sans danger, mais, celle-ci étant neutralisée n'incite pas les cellules à produire des antitoxines ; l'immunisation n’avance pas. Rehns (1901) a confirmé ce fait.

L'asepsie la plus rigoureuse devra présider aux injections, pour éviter la suppuration des régions piquées et les autres complications infectieuses.

L’immunisation n’est que passagère. 11 ne faudra donc pas abandonner un animal immunisé et se contenter de le saigner. Il faut toujours continuer les injections pour entretenir l’état d’immunité qui disparaîtrait rapidement ; avec lui les propriétés du sérum disparaîtraient aussi. En général, on se contente d ’ injections rares et abondantes ; des injections répétées seraient préférables pour exciter continuellement les cellules à sécréter les substances bactéricides et antitoxiques.

D. Quand faut-il pratiquer la saignée ? — On pourra pratiquer, quand on voudra, une saignée peu abondante, pour essayer expérimentalement la puissance du sérum de l’animal. Mais la saignée, destinée à fournir le sérum définitif, ne devra être faite que longtemps (dix à vingt jours) après la dernière injection, pour laisser aux toxines le temps de s’éliminer complètement.

Le manuel opératoire de la saignée et de la récolte du sérum sera exposé plus loin (p. 368), Une asepsie absolue est naturellement de rigueur. On pourra même additionner les flacons de sérum d’une petite dose de certains antiseptiques inoffensifs.

E. Conservation du sérum- — Il sera conservé dans un endroit frais à l’abri de l’air et de la lumière. Au bout d’un nombre de mois très variable son activité diminue ; les provisions non employées doivent être renouvelées.

F. Mensuration du sérum. — On ne livrera qu’un sérum dont l’activité, mesurée expérimentalement , a été reconnue suffisante . Cette mensuration doit être faite à chaque saignée, les propriétés du sérum d’un même animal pouvant varier beaucoup

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