ANALYSE QUANTITATIVE DE L’EAU
pour 100, soit 21 sur 72; s’y il y en a davantage, la dilution n’était pas assez forte.
Une analyse d’eau peut, d’après Miquel, être mise en train en 20 minutes par ce procédé .
Supposons que 108 gouttes d’eau aient été ensemencées dans 72 ballons (36 ayant reçu 1 goutte, et 36,2 gouttes ; la goutte valant -^r de centimètre cube). Ua dilution était à 1/1000. Supposons que 16 ballons se soient troublés en quinze jours : 108 gouttes d’eau à y-1--- renfermaient 16 microbes ; 108 gouttes représentent 4CC,3 environ ; 4ec,3 de la dilution renferment donc 16 microbes ; l’eau à analyser en contenait 1 000 fois plus, soit 16 000. Un centimètre cube en contenait 4,3 moins c'est-à-dire 3651 162 environ. L’eau à analyser possédait 3 651 162 microbes par litre.
Appelons G le nombre de gouttes ensemencées, N le nombre de ballons troubles, T le litre de la solution, en supposant 25 gouttes au centimètre cube. Appelons Q le quotient y ; ona
la formule générale :
-j- X T = x microbes par centimètre cube, x x 1 000 = le nombre des microbes par litre .
3° Procédé de H. Fol. — Il est plus compliqué que celui de Miquel, sans avoir sur lui d’avantages marqués.
La dilution, au lieu d’être faite dans de l’eau stérilisée, s’opère d’emblée dans le bouillon nutritif qui est à son tour réparti en ballons.
4° Mise à l’étuve. — Quel que soit le procédé employé, la température de l'étuve dans laquelle doivent être placés les tubes ou ballons ensemencés est importante. Voici un tableau de Hesse qui est très instructif.
Après 2 jours
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU
La culture à -j- 37° donne presque d’emblée le nombre de tubes qui poussera ; la culture à la température du laboratoire donne des résultats plus lents, mais toujours un chiffre supérieur de microbes; il faut attendre une douzaine jours. Il faut donc toujours cultiver les analyses d'eau à 20° environ ; ceci est très important.
On peut aussi mettre 48 heures à -f 37° pour avoir le développement rapide de certains tubes, puis sortir de l’étuve ceux qui sont restés clairs et les laisser a la température du laboratoire. On comptera après 10 ou 15 jours.
G) — Analyse par cultures sur milieux solides
Le grand avantage de la méthode des cultures sur milieux solides est de bien isoler chaque élément microbien qui donne une colonie séparée ; la numération est ainsi plus exacte. Cette exactitude n’est cependant qu’apparente, car quelques microbes qui auraient pullulé en bouillon ne végètent pas sur gélatine : aussi l’analyse d’une eau sur milieux solides donnet-elle des chiffres toujours inférieurs à ceux de l’analyse de cette même eau en milieux liquides (à -f 20°), malgré la possibilité d’introduire deux microbes dans le même ballon de bouillon. La méthode des milieux solides permet une analyse qualitative sommaire par l’examen de la forme des colonies. Nous savons déjà que Koch en fut l’inventeur.
1° Cultures sur plaques de gélatine ensemencée liquide (procédé de choix). — C’est le procédé primitif de Koch plus ou moins modifié. J1 n’a rien de spécial. Nous renvoyons pour le manuel opératoire au chapitre v où nous avons déjà décrit la façon de faire une culture sur plaque de gélatine (p. 141). 11 suffira de mettre, dans chaque tube de gélatine, une quantité connue de l'eau à analyser plus ou moins diluée suivant les cas. Le nombre de colonies développées donnera le nombre des microbes contenus dans la quantité d’eau ensemencée.
La plaque de Koch peut naturellement être remplacée par le
ANALYSE QUANTITATIVE DE l’eAU 411
tube d-Esmarch, la boîte de Pétri et tous les autres appareils décrits au chapitre v. On peut utiliser des ballons en entonnoir renversé, à large fond plat, à petit orifice (fig. 21) dans lesquels la gélatine est stérilisée. On verse une quantité d’eau connue dans la gélatine liquide, on agite et on laisse prendre le milieu qui s’étale en couche mince sur le fond. On peut noter, par des points à l’encre, sur la face inférieure du fond, les colonies qui apparaissent. On peut aussi décalquer le fond sur des ronds de papier où on dessine jour par jour les colonies à mesure qu’elles apparaissent. On fera aisément la numération en plaçant sous la plaque uné feuille quadrillée, ou en traçant à l’encre des lignes perpendiculaires qui formeront un quadrillé utile bien que très irrégulier. On comptera carré par carré.
Certaines colonies n’apparaissent que douze ou treize jours après l’ensemencement ; on ne peut donner un chiffre qu’après ce temps. 11 y a cependant des moyennes avec lesquelles on
peut, en quatre
ou cinq jours,
calculer ce que
sera définitive-
ment le nombre des colonies. De Rossi (1905) a bleaux :
dressé des ta-
Après
jour
de culture il y a 1 colonie p.100 développée.
jours
15 colonies p. 100 développées.
On peut donc calculer à peu
près ce qu’il faut ajouter à un
chiffre donné à tel jour pour avoir le chiffre correspondant au
quinzième jour. C’est évidemment très approximatif. Cela est cependant utile.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE l’eAU
Un inconvénient sérieux des cultures sur gélatine des microbes des eaux réside dans le grand nombre de colonies liquéfiantes qui, en quelques jours, envahissent toute la plaque et mélangent toutes les colonies. Pour y remédier, on peut employer de la gélatine-gélose (p. i'06) ou la formule de Girard ; ces milieux liquéfient moins facilement. Voici la formule de Girard :
Eau 1 000 grammes.
Gélatine blanche 40 —
Phosphate de soude 0sr,02.
On clarifie avec un blanc d’œuf, on fait bouillir, on filtre et on stérilise à + 115°.
G. Roux arrête le développement des colonies liquéfiantes à mesure qu’elles se forment en les vernissant avec du stérésol (de Berlioz) qui arrête le développement de la colonie sans diffuser sur toute la plaque de gélatine.
La boîte de Pétri ou le tube d’Esmarch sont plus commodes que le ballon conique pour aller puiser les colonies et les réensemencer.
En mettant une très petite goutte d’eau dans chaque récipient de gélatine on peut éviter les dilutions. Il suffit, en tout cas, d’opérer avec trois tubes de gélatine comme il a été dit p. 155.
2° Cultures sur plaques de gélatine ou de gélose, ensemencées symétriquement après solidification. — C’est le procédé de S. Arloing. Il a surtout pour but d’éviter la contamination de la plaque par des germes étrangers à ceux de l’eau à analyser. On laisse tomber en des points symétriques une série de gouttes d’eau sur la surface d’une plaque de gélatine ou de gélose solidifiée ; toute colonie développée en dehors des points ensemencés ne sera pas comptée dans la numération.
Arloing avait imaginé un analyseur bactériologique qui répondait à ce principe.