‹ Précis de microscopieChapitre 10 sur 381 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

. Mais que le débutant ne s'y méprenne pas ; la perfection des procédés techniques n'est pas la condition essentielle des découvertes. Dans son admirable Introduction à fétude de la médecine expérimentale, à laquelle je viens d'emprunter les lignes qui précèdent, Claude Bernard dit encore, au sujet de la découverte, qu'elle est « Tidée neuve qui surgit à propos d'un fait trouvé par hasard ou autrement » mais qu' « il n'y a pas de règles à donner pour faire naître dans le cerveau une idée juste et féconde ». Plus loin, il ajoute que « la méthode expérimentale ne donnera pas des idées fécondes à ceux qui n'en ont pas, elle servira seulement à diriger les idées chez ceux qui en ont », que « dans toutes les sciences, le plus grand nombre des hommes développe et poursuit les idées d'un petit nombre d'autres »; et il conclut en disant qu'i^ ne saurait y avoir de méthode pour faire des découvertes.

Pour bien montrer que la perfection des techniques n'est pas la cause des grandes découvertes, il suffit de rappeler la genèse de ces dernières dans le domaine de la microscopie. Les premiers maîtres, tels que Leeuwenhoek, Swammerdamm, Mali)ighi et tant d'autres, ont ouvert la voie en observant avec des lentilles rudimentaires et sans l'aide d'aucun colorant. Les travaux de Pasteur, fondement de nos connaissances actuelles, ont été effectués sans le secours des méthodes de coloration. Laveran a découvert les parasites du paludisme par de simples examens de sang à l'état frais. Schaudinn, qui avait pourtant à sa disposition l'arsenal moderne, est arrivé à voir le premier le Tréponème, en examinant simplement la sérosité fraîche des chancres. De même les Trypanosomes et les Spirochètes sanguicoles ont été découverts par des examens de sang à l'état frais. C'était bien simple, dirat-on ; mais encore fallait-il y penser. En effet, ce qui est difticile, ce n'est pas d'apercevoir des organismes très petits, c'est de voir ce qui na pas encore été vu par d'autres. Il faut penser à regarder, savoir voir, puis interpréter ce qu'on a vu ; tout est là. Les grandes découvertes ont presque toujours été faites avec des moyens excessivement simples, compensés par une grande puissance d'observation ; les perfectionnements de la technique sont venus ensuite, pour permettre de retrouver facilement les nouveaux objets découverts et d'étudier leur structure fine.

Le travail le plus difficile, en microscopie, c'est précisément le procédé d'examen le plus simple, à l'état frais ou par les colorations vitales. C'est là qu'il faut déployer tous les artifices d'éclai-

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