I. — INCLUSION A LA PARAFFINE
La paraffine, dont le nom indique les faibles affiiiilés chimiques (parurii affinis), est un mélange d'hydrocarbuiTS saturés solides, extraits par refroidissement des huiles lourdes de pétrole où ils sont dissous. Eii réalité, il n\v a pas une paraffine, mais des paraliines constituant des mélanges très variés, caractérisés par leur point de fusion. Celui-ci varie généralement de 35° à 65°. Les parafilnes à point de fusion élevé sont dites paraffines dures, par opposition aux paraffines tendres dont le point de fusion est bas. Ces corps se présentent, dans le commerce, sous la forme de pains ou plaques d'une substance blanche, inodore, obscurément cristalline. On peut reconnaître approximativement la dureté de la paraffine par le contact du doigt, par la trace de Tongle et par le son que rendent les plaques, lorsqu'on les laisse tomber sur une
table : les paraffines dures donnent un son clair et élevé, les paraffines tendres un son sourd et bas.
Il fanl savoir que le i)oint (rébuUition des paraffines est aux environs de 300° et que leurs vapeurs s'enflamincnt facilement, pour brûler avec une ilamuie très éclairante.
Pendant la fusion, la paraffine ne suit pas du tout la loi pbysique qui veut que tant qu'il reste une portion non fondue, la température ne s'élève pas au-dessus du point de fusion. Cette loi n'est vraie que pour les corps homogènes, mais non pour les mélanges. Il faut donc prendre de grandes précautions et bien surveiller la température, si on est obligé de faire refondre de la paraffine renfermant des pièces.
La paraffine est insolulile dans l'eau, très peu solublc dans Talcool (i p. 100 environ), peu solulile dans Tacétone, beaucoup plus soluble dans le chloroforme ( 1 1 p. 100), le toluène (10 p. 100), le xylol (17 p. 100), etc.
C'est incontestablement le milieu d'inclusion le plus parfait, à cause de sa structure moléculaire qui permet l'exécution de coupes exlraordinairemcnt Unes. L'emploi de ce procédé est absolument indispensable pour les recherches d'histologie fine et de cytologie. C'est aussi le seul qui permette d'obtenir facilement et rapidement des rubans de coupes sériées, indispensables pour les éludes topographiques et embryologiques.
Les inconvénients reprociiés au procédé à la paraffine (altérations des tissus et du contenu des cellules) proviennent presque toujours d'une mauvaise technique. On les évitera sûrement en suivant la marche que nous allons indiquer.
La paraffine étant insoluble dans Peau et dans Talcool, il faut, pour en imprégner un objet, que celui-ci soit d'abord déshydraté, puis pénétré par un dissolvant de la paraffine destiné à chasser Talcool. Nous devrons donc effectuer successivement :
1° La déshydratation par la série des alcools ^ ;
2° L'imprégnation par un dissolvant de la paraffine ^ ;
3° L'imprégnation par la paraffine ;
4° L'inclusion définitive.
1. Déshydratation. — L'objet, fixé et lavé, est porté successivement dans des alcools de concentration croissante et finalement dans l'alcool absolu. Pratiquement, pour les objets courants, on n'emploie que les alcools à 70", 90° et 100". Ainsi, les pièces fixées au Bouin et au Duboscq-Brasil sont lavées rapidement dans
]. Ces doux premières opérations peuvent être remplacées par un traitement à l'acétone ("p. 303).
METHODES D INXLUSION
Talcool à 90', changé deux ou Irois fois, puis plongées dans Talcool absolu. Le matériel conservé dans l'alcool à 70" ou 90° peut passer directement dans Talcool absolu.
Préparation da alcools. — Valcool absolu doit Têtrc réellement. 11 est d'ailleurs facile de s'en procurer dans les bonnes maisons de produits chimiques ou de micrographie. Nous avons indiqué p. 275 la manière de vérifier pratiquement sa qualité i. 1! est à conseiller de ne se faire livrer ce produit que par llacons de 230 grammes au maximum. Si on était oblig-é d'entamer un litre entier, il faudrait répartir de suite cette quantité dans des petits fiacons de 100 à 200 grammes, bien bouchés avec uu liège fin et souple. 11 ne faut jamais laisser en vidange un flacon de grande contenance, sous peine de voir le titre baisser, par suite de l'absorption de la vapeur d'eau atmosphérique. Bien entendu, il ne faut jamais laisser débouché un flacon renfermant de l'alcool absolu.
L'alcool à 90' se trouve tel que dans le commerce. Pratiquement, il remplace les alcools à 91°, 93", 90" indiqués dans certaines formules. C'est cet alcool qui sert à préparer les dilutions plus faibles. Il ne faut jamais diluer de l'alcool absolu qui coûte au moins deux fois plus cher que l'alcool à 90".
Alcools faibles. — On les prépare en diluant avec de l'eau de l'alcool à 00, suivant les indications de la table suivante :
Table de dilution de l'alcool.