Ztschr. f. iciss. iVik,-., XXII, p. ISG-IS":. 19Û
304 METHODES GÉiNERALES
parce que les liquides euij)loyés sont généralement des hydrocarbures ou des essences aromatiques, doués d'une haute réfringence et qui rendent les tissus transparents.
Les dissolvants de la paraftine les plus employés sont le benzol, le loluèae, le xylol cl l'essence de bois de cèdre ^ Le benzol et le loluèn.', sont les plus volatils, par conséquent les plus faciles à éliminer; ce sont aussi les moins chers. Le xylol ne présente pas d'avautage particulier, il est beaucoup plus cher et il durcit énormément les objets, aussi je ne vois pas pourquoi il est toujours conseillé. On trouvera les points d'ébullition de ces corps dans le tableau suivant :
Points d'ébullition en degrés centigrades.
Etlier 34"
Sulfure de carlîone. . 46°
Acétone oG"
Gliloroforme 01"
Alcool métliylique . . 66"
Alcool étliylique . . . 78"
lîenzol 80"
Toluène 111"
Acide acétique. ... 119"
Xylol 140"
Essence de cèdre. . . 237"
Glycérine 290"
L'essence de bois de cèdre est, d'après Bolles Lee, le meilleur intermédiaire. Elle pénètre rapidement, conserve les structures les plus délicates et ne rend jamais les objets cassants. Un autre avantage précieux est de ne pas gêner la confection des coupes, lorsqu'elle n'a pas été complètement éliminée par le bain de paraffine. Enfin elle supporte que la déshydratation soit faite avec de l'alcool à 95°, ce qui présente quelquefois de grands avantages.
Il ne faut pas confondre l'essence de bois de cèdre avec l'huile de cèdre épaisse pour objectifs à immersion. Cette dernière ne peut convenir, parce qu'elle produit avec l'alcool absolu un abondant ])récipilé blanc. Au contraire, l'essence fluide deboisde cèdre est parfaitement miscible, en toutes proportions, avec l'alcool absolu.
Je ne dirai qu'un mot du chloroforme et du sulfure de carbone. Le premier présente deux inconvénients : il pénètre difficilement les objets et, lorsqu'il en reste des traces dans la paraffine, celle-ci devient friable et se coupe 1res mal (voir cependant p. 285, note 1). Quant au sulfure de carbone, très vanté par Ileidenbain, sou odeur désagréable et son inflammabilité ne sont pas compensées par des avantages suffisants pour qu'on puisse conseiller son emploi.
1. Lorsqu'on veut conserver la graisse dans les tissus fixés par les mélanges osmiés, il faut employer le chloroforme ou mieux l'élher de pétrole (voir p. 656).
Pour le travail coiiraiil j(' conseille donc d'imprégner par -le toluène. On réservera le procédé à l'essence de cèdre pour les très petites pièces.
Technique de l'imprégnation. — Je considère, à la suite de la plupart des histologistes, les mélanges successifs d'alcool absolu et d'hydrocarbures comme des complications inutiles. Pour la grande majorité des pièces, il suffit de décanter le dernier alcool absolu et de verser sur la pièce une petite quantité de toluène, suffisante pour la bien recouvrir. Si ce liquide ne se trouble pas, c'est que la déshydratation a été bien faite.
En employant les i)elits tubes bouchés que nous recommandons, on n"a pas à craindre de détériorer les pièces avec les pinces, ni de les voir surnager daus l'hydrocarbure et se dessécher à la surface. Aussi déconseillons-nous complètement l'ancien procédé, qui consistait à transporter les pièces dans des verres de montre renfermant les liquides successifs.
Pour l'essence de cèdre il est préférable d'employer le procédé suivant, dû à Maycr et Giesbrcclit. On verse au fond d'un tube une quantité d'essence de cèdre proportionnée au volume de l'objet, soit un ou deux centimètres de hauteui". Sur cette essence, on dépose, au moyen d'une pipette, un volume égal d'alcool absolu. En opérant avec précaution, la différence de densité des deux li([uides suffit pour les empècbcr de se mèlang-er '. On introduit doucement l'objet dans l'alcool absolu : de cette manière, il pénètre peu à peu dans la couclie d'essence de cèdre, en se débarrassant progressivement de son alcool. Lorsqu'il est tombé au fond du tube, l'imprégnation est terminée. On retire alors, avec une pipette, l'alcool et le mélange d'alcool et d'essence qui surmontent l'objet. Au besoin, on traite encore ce dernier par un bain d'essence de cèdre pure.
Durée de t imprégnation. — On n"a pas à s'en préoccuper avec l'essence de cèdre, car les objets }ieuvenl y séjourner presque iudéfiniment sans s'altérer. 11 n'en est pas de même pour les hydrocarbures qui durcissent beaucoup les pièces et les rendent cassantes.
Avec l'essence de cèdre, l'imprégnation est finie lorsque la pièce est tombée au fond du tube et paraît bien transparente. Avec le toluène, il faut renouveler trois fois le liquide et chaque bain doit durer de 10 à 30 minutes suivant le volume de l'objet. 'Celui-ci doit devenir transparent ou au moins translucide.
1. On peut aussi introduire rcsseiicc sous l'alcool, au moyeu d'une pipette. M. Langerox. — Précis de Microseopic. -0
3. Bain de paraffine. — La meilleure paraffine esl celle qui fûiul à ï^o" '. Je conseille de Teinployer toujours parce qu'elle présente un ensemble de qualités qui la rendent propre à tous les usages. VAle permet, dans les pays tempérés, de faire de bonnes coupes de toutes les épaisseurs et n'a pas rinconvénient de sou-' mettre les pièces à une température trop élevje. La paraffine trop tendre ne permet pas d'obtenir des coupes très fines (de 6 à 4 [/.), tandis que la paraffine trop dure risque de cuire les pièces et fournit difficilement des coupes en rubans. Pourtant, dans les pays chauds, on peut être obligé de se servir de paraffine à 60°; mais, là encore, on peut tourner la difficulté en faisant l'imprégnation à 53° et en ne prenant la paraffine à 60'' que pour Tinclusion définitive.
Quelques auteurs conseillent l'emploi de la paraffine surchauITée qui donnerait une masse plus liomogène, sans tendance à la crislallisalion. Je ne vois pas d'avantage particulier à remploi de celte parafdne.
Les pains de paraffine renferment quelquefois de l"oau emprisonnée mécaniquement. Il faut absolument éliminer cette eau qui est très nuisible aux pièces et aussi à la paraffine. En effet, celle-ci, chauffée au contact de l'eau, finit par en absorber une petite quantité, prend une odeur désagréable et forme, en se solidifiant, une masse molle et blanchâtre, absolument impropre à faire des coupes. Pour éliminer l'eau, il suffit de faire fondre lentement la paraffine : l'eau se rassemble au fond en grosses gouttes et on décante la paraffine pure. Pour la fillralion voir p. 309.
Chauffage de la paraffine. — Pendant toute la durée du bain, la paraffine doit être maintenue exactement à son point de fusion. Cette précaution est absolument indispensable pour éviter la cuisson des pièces et leur détérioration définitive. Pour assurer la constance de celte température, on ne peut cbauffer la paraffine à feu nu. 11 faut se servir d'une éluve ou d'une plaque métallique.
L'étuve sera d'un très petit modèle 2, car il suffit que ses trois dimen-
1. On trouve clans le commerce des paraffines fondant à tontes les températures comprises entre 35° et 75". Les points de fusion vont généralement de 10 en 10'\ Pour vérifier le point de fusion d'une paraffine, en aspirer un peu dans un fragment d'effilure de pipette et laisser solidifier; attacher ce tube capillaire au réservoir d'un thermomètre, plonger le tout dans un vase rempli d'eau et chauffer lentement. Faire la lecture au moment exact où la paraffine commence à couler du tube capillaire.
2. U existe dans le commerce un grand nombre de modèles d'étuves à paraffine' plus ou moins compliquées. Une des plus pratiques est le bain-marie dit deiS'aples. Bien entendu, il faut proscrire absolument les bains-marie ordinaires, car la paraffine ne doit jamais être en co,:it ict. avec de Veau, ou de la vapeur d'edu-
sioas intérieures soient de 15 à 20 cent. : on se sert généralement de petites étuves en cuivre, à douille paroi remplie d'eau. Il est indispensable que cette étuve soit munie d'un thermomètre : ceux qui sont suspendus dans l'étuve indiquent souvent une température inférieure à la température réelle de la paraftine, aussi est-il préférable de faire tremper le réservoir dans un des récipients à paraffine. L'étuve sera chauffée par un moyen quelconque : électricité, gaz, lampe à essence de pétrole, veilleuse à huile, etc. Quelle que soit la source de chaleur (sauf l'électricité), il n'est pas indispensable d'avoir un régulateur de température, car ces derniers fonctionnent généralement très mal. Les régulateurs à mercure, en verre, du type Ghancel, ne valent rien, car ils donnent facilement des écarts de plusieurs degrés. Les régulateurs métalliques, du type Roux, sont théoriquement parfaits; pratiquement les grands modèles seuls donnent des résultats satisfaisants et encore faut-il qu'ils soient construits par une maison sérieuse. A défaut d'un bon régulateur, on obtiendra un réglage suffisant en combinant le volume de la flamme et sa distance au fond de l'étuve. Les pieds de cette dernière seront donc assez élevés pour permettre de caler le brûleur à la hauteur convenable. L'étuve à paraffine ne doit servir qu'à cet usage. Ne jamais y introduire ni eau ni solutions aqueuses.
Celte étuve n'est pas indispensable. On peut l'aire d'excellentes inclusions en chauffant la paraffine par Tintermédiaire d'une plaque métallique, de cuivre ou de laiton. Celte plaque sera de préférence courbée en S (fig. 147), de manière à fournir toute une gamme de températures. Le chauffage se fera, comme }»récédemment, avec une veilleuse à gaz, à essence ou à l'huile. ^. , ,. ,-, , . , ^
" Fig. 14 y — Etagère ou platine chautfante
Pour contrôler la tempéra- de Maïassez.
lure de la paraffine, on dispose d'un signe infaillible : lorsque la paraftine fondue est recouverte en partie dune pellicule solidifiée, on est sûr de ne pas avoir dépassé le point de fusion. Il faut donc, lorsqu'on opère à l'air libre sur une platine chauffante, régler la température de manière à avoir cette pellicule ou au moins un anneau solidifié sur le bord du récipient.
Il existe des modèles perfectionnés de platine chauffante, tels que la platine de Radais et celle de Gatin. Ces instruments ne sont pas indispensables.
Récipients pour Vindusion. — On peut faire fondre la paraffine dans un
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récipient (|uelcon(iue, en porcelaine, en verre ou en métal. Je ne conseille pas l'emploi des verres de montre (jui man({Lient de profondeur et se renversent trop facilement. Les petites boîtes de Pétri et les petits cristallisoirs en verre de Bohême ou, encore, les couvercles de cylindres Borrel (fiii'. 107) conviennent très bien pour l'étuve. Pour la platine chaulîante, je préfère les petits récipients métalliques, meilleurs conducteurs de la chaleur et nécessitant par conséquent une température moins élevée pour produire la fusion de la paraffine, ce qui diminue les chances de dépasser ensuite le point de fusion. Les capsules d"élain, servant à couvrir les eoulots des bouteilles, sont excellentes pour cet usage. On peut prendre aussi de petites casseroles en fer-blancs.
Les capsules de porcelaine présentent d'assez graves inconvénients : elles sont mauvaises conductrices, peu stables, môme avec un fond plat, et se brisent 1res facilement, lorsqu'on les réchauffe sans précautions pour fondre la paraffine qu'elles renferment.
Durée du bain de paraffine. — Les avis sont li-ès partagés à ce sujet, mais les opinions les plus auloi'isées s'accordent sur deux points : 1° la durée du bain doit être aussi courte que possible pour les objets faciles à pénétrer et à couper, ou qui durcissent ("acilement (centres nerveux, l'oie); 2° il n'y a aucun inconvénient à prolonger la durée du bain pour les objets peu perméables, tels que la peau.
Dans le ])reniier cas, la durée du bain de i^aralline sera de 30 minutes à 1 heure ou 2 heures, suivant le volume de l'objet et la tendance qu'il peut avoir à durcir.
Dans le second cas, on pourra laisser la pièce dans la parat'line pendant 10 à 12 heures ou même plus, pourvu que la tetnpéralure ne dépasse pas le point de fusion.
Technique du bain de paraffine. — Ici encore, nous devons considérer comme absolument superllus les bains préalables dans des mélanges de paraffine et de dissolvant ou dans une paraffine molle. On doit transporter directement les objets du liquide d'imprégnation (toluène ou essence de cèdre) dans la ])araffine en fusion. Il n'y a pas à craindre d'altérations, même pour les ol)jets les plus délicats, surtout quand ces derniers sortent de l'essence de cèdre. Bien entendu, ce transport sera fait avec précaution, })our ne pas endommager les pièces délicates. Le contenu du tube sera vidé dans un petit ciistallisoir et l'objet sera saisi avec des pinces ou transporté avec une spatule de métal ou de carton léger. Il faut avoir bien soin que l'objet baigne immédiatement dans la pai^afiine, sans surnager, accident (jui amènerait des dommages irréparables par suite de la dessiccation. L'éti-
quelle, écrite au crayon ou à l'encre de Chine, (jui a suivi les objets dans les divers liquides, doil les accompagner eucore dans la paraffine.
Pour assurer l'éliniinalion complète du dissolvant, surlout après Tessence de cèdre, il faut employer deux baius successifs. Supposons un objet qui doive resler une heure dans la paraffine : le premier bain, dans de la paraffine ayant déjà servi, durera trente minutes. Pendant la seconde demi-heure, Fobjet séjournera dans de la paraffine neuve.
Avec les dissolvants volatils, la même paraffine peut servir longtemps pour le premier bain : à la rigueur, on pourra même ne donner que ce seul bain. Au contraire, avec l'essence de cèdre, il faudra jeter la paraffine qui a servi deux fois.
4. Inclusion définitive. — L'objet est sorti du dernier bain de paraffine et transporté dans un moule rempli de paraffine fondue; le tout est refroidi d'abord à fair, puis sous feau.
La paraffine qui sert à l'inclusion définitive ne doit jamais avoir servi pour les bains et ne renfermer aucune Irace de dissolvant. Dans le cas contraire, elle forme en se solidiliant une masse pâteuse et blanchâtre, avec laquelle il est impossible d'obtenir des coupes. 11 en est de même, lorsqu'elle a été chauffée longtemps en contact avec de Peau ou de la vapeur d'eau.
Par contre, la paraffine provenant d'anciens blocs ou de rognures de blocs est excellente pour l'inclusion définilive. Il sufllt seulement de la purifier par filtration, de fa(;on à ce qu'elle ne renferme en suspension ni corps étrang'ers, ni poussières qui pourraient ébréchcr le rasoir. Cette fillralion se fait sur papier à fillrer ordinaire et de préférence à Tétuve à paraffine ou encore dans un entonnoir à double paroi, dit à filtrations chaudes. Un autre procédé, plus simple mais moins bon, consiste à laisser la paraffine en fusion séjourner quelque temps à la surface d'une certaine quantité d'eau : les impuret'^s tombent au fond de l'eau et le refroidissement fournit un disque de paraffine propre. Si on a soin de ne pas trop chautTer, la parafllne n'absorbe pas d'eau.
Il y a diverses sortes de moules. Les verres de montre à fond plat sont commodes pour les très petites pièces, parce qu'on ])eut les faire flotter à la surface de l'eau. Il en est de mémo pour les capsules cVétain. Pour inclure de grandes ])ièces, il est préférable de se servir des barres de Leuckart ou d'un moule analogue (lig. 148). Ces moules sont constitués par deux pièces métalliques rectangulaires, qu'on pose sur une lame de verre et qu'on rapproche plus ou moins, suivant la dimension du bloc à obtenir, lis don-
3iO MÉTHODES GÉNÉRALES
lient de très beaux blocs cubiques, faciles à manipuler et à ranger.
Fi"-. 118. — Barres de Leuckart.
Enfin on peul se servir de boîtes en papier ou en feuilles d'élain qu'on fabrique facilement soi-même d'après les schémas suivants. On prend , 3 une feuille de fort papier mesurant 10 cent,
sur 0,3 cent, pour les g'randes boites et 5 cent, sur 3 pour les petites. On plie d'abord (fi^. 149) suivant 1 et 2, 3 et 4. On déplie et on plie de nouveau suivant 5 et 6, 7 et 8. Ensuite (fig. 150) on abat les angles A B G D, en ayant soin
Fig. 149. — Fabrication d'une boîte en papier ou en étain. Tracé des lignes de pliage. — Original.
Fig. 150. — Fabrication d'une boîte en papier on en étain. Premier pliage et abattage des
angles.
Original.
Fig. 151. ^ Fabrication d'une boîte en papier ou en étain. Rabattement des côtés. — Original.
de bien plier à angle droit. Il ne reste plus (fig. 151) qu'à rabattre en dehors les côtés 5, G, 7, S. En tirant sur ces côtés, la boîte se forme
toute seule et prend l'aspect de la
fig. 152.
Certains auteurs recommandent de glycériner légèrement le moule.
Je trouve que c'est une. complicalion inutile. Les barres de Leuckart se détachent toujours très facilement; les capsules d'étain se déchirent pour mettre à nu la paraffine. Quand aux objets en verre, il suflit de les chauffer très légèrement pour en détacher la paraffine si elle y est adhérente.
Fig. 152. — Boîte en papier ou en étain terminée. — Oriyi)iul.
MÉTHODES d'inclusion 311
Technique de l'inclusion. — On remplit le moule de paraffine fondne au point de fusion el tenue en réserve dans une casserole, puis, sans perdre de temps, on sort la pièce du bain de paraffine avec une pince chaulïée et on la porte dans le moule. Celte manœuvre demande une certaine dextérité, car, si on laisse trop refroidir la paraffine ou Tobjet, ce dernier est mal inclus et ne fait pas corps avec la masse du bloc.
11 ne suffit pas de déposer Tobjet dans le moule, il faut encore Vorienter, c'est-à-dire le disposer de telle sorte que la surface qui doit être coupée coïncide avec un côté déterminé du moule. Pour cela on se sert encore de la pince chauffée. L'objet est facile à immobiliser dans une bonne position, car la paraffine se solidifie rapidement sur le fond et les faces du moule, formant une masse pâteuse, dans laquelle on enfonce l'objet en bonne place ^
L'orientation terminée, il faut refroidir la paraffine. La majorité des auteurs recommande d'opérer ce refroidissement très rapidement, de manière à éviter la cristallisation de la paraffine.
Il semble, en eiïet, que cette substance, refroidie trop lentement, forme des masses lamelleuses, cristallines, non homogènes, de couleur blanchâtre, irrégulièrement réparties dans le bloc. Personnellement, il m'est arrivé d'obtenir d'excellents blocs, en les laissant refroidir sur la table et d'avoir de très mauvaises inclusions malgré un refroidissement rapide dans l'eau. La cristallisation et le défaut d'homogénéité de la paraffine sont donc dus à d'autres causes.
La première est la présence, dans la masse, de traces du dissolvant. Ces traces suffisent à provoquer la formation de zones molles et blanchâtres remplies d'aiguilles cristallines. Une autre a été récemment élucidée par les recherches de Carozzi 2, c'est le refroidissement lent à l'air. Sous cette influence, il se produit non des cristaux, mais de petites cavités entre les sphérites ou géodes qui constituent la paraffine solide. Le bloc est alors formé d'une masse blanchâtre (|ui se coupe mal et se comporte comme si elle était souillée de dissolvant.
1. Il est souvent avantageux do disposer ensemble plusieurs fragments du même objet qui seront coupés en môme temps. Pour les orienter convenablement, on réchauffe la pince à plusieurs reprises, de manière à entretenir la fusion de la paraffine et à empcclier la formation d'une pellicule à la surface. Il existe de nombreuses méthodes d'orientation pour les petits objets. Nous ne pouvons les indiquer, parce qu'elles ne sont pas en usage dans le travail courant et nécessiteraient de longs développements. On trouvera quelques indications à ce sujet, p. 31-2, à propos des cas particuliers d'inclusion et p. 539 à propos des coupes d'Infusoires. Mentionnons seulement la méthode de Patten modifiée par Hoffmann, Ztsckr. f. wiss. Mikv., XV, p. 314, 1899, la méthode de Woodwurth, Bull. Mus. compar. Zool. Harvard Collège, XXV, p. 16-47, 1893 et celle de Lécaillon, Thèse sciences Paris, 1898, cf. p. 44.
9. Carazzi, Zur Abkiihlung des Paraftins. Zeitschr. f. wiss. Mikr., XXVI, p. 530, 1909.
312 MlhllOD!:S GKNKIÎALI-S
Au contraire, lorsque la masse de paraffine est refroidie sous l'eau, tiède ou froide, il se forme des sphérites très petits et très serrés, dont les intervalles sont remplis par des feuillets, sans (|u'il existe aucune cavité. On obtient ainsi des blocs parfaits, même; dans de l'eau à oO ou 35". D'ailleurs la température de l'eau importe peu.
Voici donc comment on devra pi^aliquer le refroidissement de la paraffine. On préi)are nn cristallisoir plein d'eau et, dès que Toi-ienlalion est terminée, on lait flotter le moule, si sa forme et son j)oids le permet (en t. C'est facile avec les verres de montre et les capsules d'élain. Dans le cas contraire, on attend simplement que la surface soit couverte d'une pellicule assez épaisse, dont on accélère Tappariiion en éventant le moule. Dès que ce résultat est obtenu, on immerge doucement. Cette immersion demande quelques précautions, autrement la paraffine, encore liquide, pourrait être }»rojelée à travers la pellicule, accident qui amènei^ait la formation, dans le bloc, de cavités remplies d'eau. On laisse les pièces dans Teau de vingt minutes à une demi-beure, plus encore pour les blocs volumineux. Après refroidissement complet, on démoule comme il a été dit plus liant.
Au cas où le bloc présenterait des bulles ou de:? cavités, on pourrait les faire disparaître avec un fil de fer cliauffé. Cette opération doit être effectuée avec précaution et pour peu que le bloc paraisse défectueux, il vaut mieux recommencer Finclusion.
Cas particuliers. — La métbode que nous venons de décrire ne s'api)lique qu'aux fragments assez volumineux pour être maniés commodément. Pour de très petits objets on procède autrement : on les sort du bain de paraffine, on les égoulte et on les laisse refroidir sur une lame. On a préparé, d'autre part, au moyen d'un moule, un bloc rectangulaire. Sur un des petits côtés de ce bloc, on creuse une cavité suffisante pour recevoir l'objet qu'on oriente convenablerncnl. 11 ne reste plus (ju'à faire fondre la parafline tout autour, au moyen d'une aiguille cbaulTée, de manière à compléter l'inclusion sans rien déranger. On refroidit sous l'eau et le bloc est prêt à couper.
Pour des objets encore plus petits, tels que des Infusoires, on procède autrement. Toutes les opérations de fixation, coloration, désbydratation, imprégnation, ayant été ell'ectuées au moyen du centrifugeur, on inclut le culot dans le tube même qui a servi à centrifuger et, après refroidissement, on casse le tube. On peut aussi verser le culot dans un petit tube à fond rond ou dans un verre de montre; de manière à rassembler les objets dans le plus petit espace possible. On casse le tube pour avoir le cylindre de paraffine: pour détacber plus facilement du verre de montre la lentille de paraffine, on a eu soin, avant d'y couler cette dernière, de l'enduire très légèrement de glycérine ou d'essence de girolle (pour des détails plus complets voir p. 530, technique des coupes d'Infusoires).
5. Insuccès. — 1. Paraffine molle et blanche. Cet accident arrive lorsqu'on emploie de la paraffine souillée de dissolvant. Recommencer Finclusion délinilive avec de la }»aratTme neuve.
2. Cavités remplies de paraffine molle et blanche. Cet accident est produit, soit par des traces de dissolvanl, soit par un refroidissement trop lent à Tair. Recommencer Tinclusion définitive.
3. Cavités remplies cVeaii. Le bloc a été immicrgé trop tôt et trop rapidement daus feau. Aspirer feau au buvard et remplir les cavités au fer cbaud (fig. 181).
4. Cavités remplies cfair. — Bloc refroidi troj» vile. Remplir ces cavités avec le fil de fer chaud (fig. 181).
6. Conservation des blocs. — Les tissus, bien imprégnés de paraffine, se conservent indéfiniment sans altérations. C'est ce procédé (\\\\ est de beaucoup le meilleur ponr constituer une collection de réserve de pièces histologiques. Nous avons dit. en effet (p. 295), qu'aucun liquide n'est réellement conservateur, au point de vue de la colorabilité du cytoplasme et du noyau. L'alcool absolu rend les tissus cassants, au point d'empêcher complètement la confection des coupes. Dans l'alcool à 60' ou 70° ou dans les solutions foi'molées, il se produit assez rapidement des phénomènes d'hydrolyse qui modifient les éléments cellulaires et les rendent difficilement colorables. Rien de tout cela n'a lieu avec une inclusion bien faite.
Les blocs de paraffine présentent encore d'autres avantages : ils ne sont pas fragiles et ils ne craignent rien de la dessiccation. Toutefois, pour plus de précaution, il faut plonger rapidement dans la paraffine fondue la surface de section des blocs entamés, afin de mettre les tissus à l'abri de l'air.
On conserve les blocs dans de petites boites de carton, |)ar exemple des boîtes à lamelles, en ayant soin d'y joindre une étiquette. On peut, avec une pointe dure, graver sur chaque bloc un numéro correspondant à l'étiquette. 11 existe dans le commerce des boîtes à compartiments, très commodes pour ranger méthodiquement les collections de blocs.