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II. — INCLUSION AU COLLODION

L'inclusion au collodion ou à la celluidine, quoique très vantée par certains auteurs, perd de jour en jour du terrain. A mon avis,

elle présente plus crinconvénienis que (Favanlages réels el ne doit èlre employée qu'en cas d'absolue nécessité.

11 est d'abord incontestable qu'elle est beaucoup plus longue et beaucoup plus délicate. Elle ne peut donner des coupes minces, car, au-dessous de 10 ;j., il ne faut plus compter avoir des sections régulières. Enfin, elle se prête très mal à la préparation des coupes sériées et exige alors des manipulations interminables et très délicates.

Ce sont là des inconvénients dont il est difficile d'atténuer la gravité. Passons nux prétendus avantages de la méthode. On a soutenu qu'il était impossible de couper correctement à la paraffine des pièces de grandes dimensions : c'était peut-être vrai autrefois, mais, avec les microtomes et les rasoirs actuels, on peut débiter, en tranches de moins de 10 rj,, des blocs rectangulaires mesurant 2 cm. sur 4 à 5 cm., ce qui est déjà une jolie taille. Cette linute, qui est celle des lames de format courant, peut très bien être dépassée. La difficulté d'inclusion de ces grosses pièces est illusoire; on la tourne en diminuant l'épaisseur, sans rien retrancher à la surface.

On a prétendu aussi que certains tissus, tels que les centres nerveux, le foie, la peau, durcissaient dans la paraffine au point de ne pouvoir être coupés. Mon expérience personnelle me permet d'affirm.er le contraire. Le foie, le cerveau, le cervelet bien inclus se coupent admirablement : il suffit de préparer des tranches minces et de raccourcir autant que possible le bain de paraffine. Pour la peau, on doit prolonger la durée de ce dernier (p. 662).

On a enfin reproché à l'inclusion à la paraffine d'altérer les tissus délicats et préconisé à ce point de vue l'inclusion au collodion. L'ensemble des travaux cytologiques modernes, tous effectués avec des matériaux inclus dans la paraffine, est là pour faire justice de cette allégation.

Nous devons donc considérer finclusion au collodion comme un procédé de secours, utile dans des cas très particuliers :

1'^ Pour couper des objets présentant dans leur intérieur de grandes cavités ou lacunes, qui pourraient s'effondrer avec la paraffine ;

2' Pour les objets renfermant des parties de consistance très différente, tels que les Arthropodes.

Dans ces cas, l'avantage du collodion est de donner une masse transparente, perméable à tous les colorants . On n'est donc pas obligé de Téliminer comme la paraffine et on arrive ainsi à conserver toutes les parties de l'objet avec l'intégrité de leurs rapi)orts ;

3° Pour couper des objets de très grande dimension, tels que des cerveaux entiers ;

4° Lorsque les conditions du milieu rendent très difficile l'emploi de la paraffine, par exemple dans les pays chauds.

MÉTHODES d'inclusion 3lb

La celloïdine (de Schering) se trouve dans le commerce eu tablettes renfermées dans des boîtes de fer-blanc. Chaque tablette pèse environ 200 grammes et correspond à 40 grammes de celloïdine sèche. Ce produit n'est pas autre chose que du coUodion très pur, qui donne des masses plus transparentes que le collodion ordinaire; aussi a-t-on à peu près abandonné ce dernier, bien qu'il puisse fournir d'aussi bonnes inclusions ^ On dissout la celloïdine, comme le fulmicolon, dans un mélange à parties égales d'alcool absolu et d'élher. On peut employer la celloïdine telle quelle, c'est-à-dire chargée d'eau ; mais, suivant x\pathy, il est préférable, de la découper d'abord en lanières qu'on fait sécher et qu'on dissout ensuite. On obtient ainsi un liquide parfaitement privé d'eau qui donne une masse d'inclusion plus transparente. Par contre, la celloïdine sèche a rinconvénienl de se dissoudre lentement.

Technique de rincliision au collodion. — Cette inclusion se fait à froid. Les objets, bien déshydratés, sont pénétrés d'abord par une solution faible de celloïdine, puis par une solution forte. Dès que la pénétration est achevée, la masse et l'objet sont versés dans un moule et on procède au durcissement du bloc, qui peut ensuite être conpé. Nous allons étudier chacune de ces opérations.

1. Solutions de celloïdine. — On peut les faire sans peser, en dissolvant la celloïdine non séchée dans le mélange à parties égales d'alcool absolu et d'éther, jusqu'à obtention d'un liquide épais et sirupeux. C'est la solution forte qu'on étend de deux volumes dalcool-éther pour avoir la solution faible.

Avec la celloïdine séchée suivant Apathy, on peut procéder par pesée. La solution faible sera, par exemple, à 4 p. 100 et la solution forte à 10 p. 100.

2. Préparation de l'objet. — Après déshydratation complète, on le pénètre pendant quelques heures par le mélange alcool absolu-éther.

3. Imprégnation par la méthode ordinaire. — L'objet séjourne dans la sohilion faible pendant une semaine, et dans la solution forte pendant une autre semaine, au moins, car, pour les pièces volumineuses, il faut quelquefois des mois de pénétration.

1 . On a préconisé récemment l'emploi du celluloïd dissous dans l'acétone, pour remplacer le collodion et la celloïdine. Secheyron, Aixli. méd. de Toulouse, XVIII, p. 28*, 1" juillet 1911.

316 MÉTHODES GÉNÉUALES

Il va sans diic que ces oi)ératioiis sont elTecLuées clans des Uibes bien bouchés.

A. Méthode de choix, imprégnation par la méthode rapide (d'après Gilson et HollesLee). — L'objet, déshydraté et imprégné d'alcool-élher, est mis dans un tube à essai ou nn tube à fond plat ordinaire avec de la celloïdine très claire. On plonge le Inbe dans un bain de paraffine fondue, de manière à produire TébuUition du mélange et son évaporation rapide. Celte ébnllition est sans inconvénient puisqu'elle se produit à basse température. Dès que

le mélange est devenu sirupeux, on procède au durcissement par le chloroforme.

5. Enrobage. — On verse la celloïdine épaisse dans un moule de papier (fig. 152) de forme rectangulaire ou mieux de forme ronde (fig. 153). Ces derniers sont très faciles à faire : on prend un bouchon de liège de forme cylindrique et de taille appropriée à celle de l'objet. On l'entoure d'une collerette de papier fort, (ju'on fixe avec une épingle. Ce procédé, dû à BoUes Lee, est très commode, car le bouchon est facile à fixer sur le microlome. 11 faut avoir soin de couvrir le bouchon et le papier d'une couche de celloïdine qu'on laisse sécher com})lèlement ; ceci pour éviter que des bulles d'air ne viennent se loger dans la celloïdine. On peut aussi prendre comme moules les petits tubes de verre à fond ]dat qui servent à la déshydratation.

Quel que soit le procédé employé, on a soin d'orienter l'objet dans une direction déterminée et d'éliminer les bulles d'air avec une aiguille, ou par l'exposition aux vapeurs d'élher dans un vase bien clos.

6. Durcissement. — Méthode à Valcool. — Lorsque la surface de la celloïdine contenue dans le moule a pris, par évaporalion, une consistance un peu ferme, on transporte le tout avec précaution dans de l'alcool à 80". Lorsque la masse est complètement durcie, ce qui est assez long, le bloc est retiré du moule. Si on s'est servi du procédé du bouchon (fig. 153), il suffit de dérouler le papier et la pièce est prête à couper. Les blocs sont conservés définitivement dans l'alcool à 70''. Le procédé à l'alcool convient pour les objets volumineux. Si on a pris un moule imperméable, il faut en retirer la masse dès qu'elle est assez ferme, de manière à

Fig. 153. — Support en liège et boîte on papier pour inclusion au collodion.

ce qu'elle soit pénétrée de toutes parts. Pour la retirer facilement, on glisse un scalpel le long des parois du moule.

Méthode de choix au chloroforme et à l'essence de cèdre, d'après Bolles Lee. — La masse contenue dans le moule est exposée, eu vase clos, aux vapeurs de chloroforme. Dès qu'elle est devenue assez résistante, on la sort du moule (si c'est un moule en papier on le développe) pour faciliter l'action des vapeurs. Après durcissement, on éclaircit dans un mélange de une partie de chloroforme pour deux parties d'essence de cèdre'. Lorsque l'objel est bien pénétré, on laisse évaporer le chloroforme, en ajoutant de temps en temps un peu d'essence de cèdre. Les blocs deviennent transparents comme du verre; on peut les conserver à sec, dans un flacon bien bouché, et les couper à sec, ce qui est un avantage considérable.

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