CLASSIFICATION DES METHODES DE COLORATION
2. Borate de sodium. Bleu boracique de Manson et de Sahli (p. 391).
Les alcalis agissent soit en modifiant la nature du colorant (production d'azur), soit en diminuant sa solubilité et en le plaçant dans un état voisin de la précipitation (Sch^vebefallunê■ de Unna).
3. Aniline. Ce corps agit comme oxydant. Avec l'eau d'aniline, on prépare la safranine anilinée (p. 393), le violet de gentiane aniline (p. 393), etc., colorants très importants.
4. Formol. Proposé, dès 189.'j, par Ohlmacher, repris par Wermel ^, puis par Morel et Dalous, pour toute une série de colorants formulés 2. Voir aussi p. 694 la curieuse méthode de Biot qui est peu connue.
Accentuateurs acides. — I. Acide acétique. Vert de méthylc acétique (p. 383) et coloration des capsules des Bactéries par le procédé de Friedlànder (p. 698).
2. Acide phénique. Joue un rôle considérable dans la préparation des colorants usités en bactériologie (p. 394 et 397). Il agit comme oxydant, de môme que l'aniline, mais leur action est beaucoup moins intense que celle des véritables mordanls métalliques.
Action des fixateurs sur les colorations. — Nous savons que les tissus non fixés se colorent très mal; nous avons vu (p. 248) avec quelle difliculté on colore les tissus vivants : il en est à peu près de même pour les tissus et organismes morts mais non fixés. La fixation exerce donc une influence particulière sur la colorabililé des tissus. Certains fixateurs agissent comme de vrais mordants (p. 363) ; ce sont ceux qui donnent naissance à des albuminales métalliques et qui agissent comme oxydants. D'autres, comme Falcool, précipitent simplement les albumines et les sels dissous dans les cytoplasmes; ils ne font que conserver ou accentuer Taffinité naturelle des éléments pour les matières colorantes, tout en réservant presque exactement les réactions naturelles des albuminoïdes. Ces réactions sont encore mieux respectées par la dessiccation, procklé qui a permis à Elirlich de fonder-Fanalyse chromatique, mais qui n'est malheureusement pas applicable aux tissus ^
Par contre nous savons que l'acide osmique gène beaucoup de colorations, notamment celles à Fhématéine, et que Faction prolongée de Falcool rend difficiles toutes les colorations (p. 295).
11 faut donc tenir grand compte de Faction des fixateurs et des
1. Meditzinskiye Obos renie, p. 8-29-833, 1897. — Ztsckr. /". uiss. Mikr., XVI, p. 50-54, 1899.
2. Morel et Ualous. L'emploi du formol dans les colorations histologiques. Presse mcdicale, p. 575-5"/(3, 1-2 août lOOo.
3. La méthode de dessiccation d"Altmann no peut rentrer dans les procédés normaux de la micrographie.
liquides conservateurs, aussi bien dans la théorie que dans la pratique des colorations.
Métachromasie. — Nous avons mentionné plus haut les colorations métachromatiques; comme elles jouent un rôle considérable dans la technique moderne, nous devons donner à leur sujet quelques mots d'explication. D'après Ehrlich, pour qu'il y ait métachromasie, il faut qu'un colorant chimifjuement défini colore différents éléments hislologiques en nuances différentes. Ainsi, la thionine colore en bleu presque tous les éléments d'une préparation et en rouge les granulations des labrocytes ^ et le mucus. La métachromasie est donc un virage de certaines matières colorantes au contact d'éléments particuliers. Les couleurs qui présentent cette propriété sont dites métachromatiques (;/sTà, préfixe impliquant l'idée de changement) et les éléments qui les font virer sont dits chromolropes 2, d'après la nomenclature d'Ehrlich. Les colorations mélachromaticiues s'opposent donc aux colorations orthochromatiqiies^, ces dernières n'étant pas accompagnées d'un virage du colorant.
Les principaux colorants métachromatiques sont : le violet de méthyle et le dahlia, colorants violets, qui colorent en rouge la matière amyloïde et les granulations de labrocytes; la thionine et le bleu de toluidine \ colorants bleus, qui colorent la matière amyloïde en bleu et les granulations des labrocytes en rouge; le violet de méthjtène, colorant violet, qui colore les granulations des labrocytes en rouge; le crésylviolet RB, colorant violet, qui colore la matière amyloïde en bleu et les granulations des labrocytes en rouge; la safranine, colorant rouge, qui colore les noyaux en rouge et le mucus en jaune. En somme, les principaux colorants métachromatiques sont des couleurs basiques, dont la nuance normale est bleue ou violette et la nuance métachromatique rouge.
Les principales substances chromotropes sont la matière amy-
1. Mastzellen des Allemands. Le nom de labrocyte (Xaopoç, vorace) a été très heureusement introduit dans la nomenclature C3tologique, par le Prof. R. Blanchard, pour désigner cet élément important qui n'avait pas de nom français, ou du moins de désignation correspondant aux autres termes de la nomenclature scientifique internationale, à racines gréco-latines.
2. Ne pas confondre avec les chromotropes de Ilochst, p. 399.
3. On peut dire aussi que les colorants métachromatiques s'opposent aux colorants monochromatiques.
A. Le lileu de Nil et le bleu de crésiji hrilhint sont aussi des bleus métachromatiques.