CLASSIFICATION DES METHODES DE COLORATION 3G
loïde, les graïuilalioiis des labrocyles, le mucus et la substance fondamentale du cartilage. Ces deux derniers sont colorés en rouge par tous les colorants métacliromatiques bleus et violets.
Les opinions sont partagées au sujet de la naliire de la mélachromasie. Il laut d'abord éliminer les phénomènes métacliromatiques produits par des impuretés contenues dans les colorants. Ainsi, le vert d'iode n'est mélachromatitiue pour la matière amyloïde ([ue parce o[u'il renferme des traces de violet de méthyle; le bleu de méthylène ne colore en rouge les granulations des labrocyles que lorsqu'il renferme du violet de méthylène. D'autre part, des expériences très précises, effectuées avec des colorants chimiquement purs, ont bien montré que la propriété mélacliromatique est bien inhérente à certaines couleurs et tout ù fait indépendante de la présence d'impuretés.
11 faut savoir en outre que la naance mélachromatique est toujours de la couleur de la base libre. En effet la base de la thionine, du bleu de toluidine, du violet de méthyle et du violet de méthylène est rouge. Celle de la safranine est rouge. Comme ces bases sont mises en liberté par les alcalis, on a cru d'abord que la métachromasie était due à l'alcalinité des substances chromotropes. Mais les acides, par exemple l'acide chlorhvdrique, ne modifient pas la couleur mélachromatique, tandis qu'ils reforment immédiatement des sels bleus avec des bases colorées libres.
iMicluielis considère la métachromasie comme une modification iaulomhre'' des sels colorants. Ce serait quelque chose d'analogue aux changements de coloration que certains corps, tels que l'iode, présentent au contact de différents dissolvants. Par exemple, les solutions alcooliques d'iode sont brunes, tandis que les solutions chloroformiques sont violeltes. Giemsa obtient des résultats analogues au moyen d'une expérience très élégante. On fait une solution aqueuse très étendue de chlorhydrate d'azur de méthylène chimiquement pur. Cette solution doit être transparente. On en remplit au tiers trois tubes à essai, disposés dans un porte-tubes. On met dans chacun d'eux la base en liberté, au moyen de quelques gouttes de lessive de soude très diluée; puis on agite le contenu d'un tube avec de l'éther de })étrole, d'un autre avec de l'éther sulfurique et du troisième avec du chloroforme. La base est extraite par chacun de ces liquides et prend respectivement les teintes jaune, rouge et violette. Comme la base peut être combinée de nouveau à l'acide chlorhydrique, puis mise une seconde fois en liberté, et ainsi de suite, il s'agit évidemment, dans ce cas, d'un phénomène de taulomérie. De même, Michaelis a montré que la thionine bleue et la thionine rougie par le mucus sont tautomères.
Si j'entre dans ces détails, c'est parce que l'interprétation tautomérique de la métachromasie ne repose pas seulement sur ces analogies, mais encore sur des faits expérimentaux précis, mis en lumière par Nietzki et Michaelis. 11 est en effet démontré que la couleur du sel coloré varie, suivant la position des atomes aux dépens desquels il se produit et suivant la mise en liberté de certains autres atomes.
1. Deux corps sont tautom6res lorsqu'ils ont la iiiêmc l'ormulc brute et ne diffèrent i[ue par la disposiùon des atomes daus la formule do constitution.
Pourtant, celte ingénieuse explication ne rend pas compte de tous les faits, aussi Hansen a-t-il récemment proposé ' une autre interprétation, basée sur Vhydrolysc. Par suite de ce phénomène, les solutions aqueuses des colorants sont dissociées et renferment des molécules de base libre. C'est ce qui donne leur ton pourpré aux solutions de colorants métachromatiques, tels que la thionine, le bleu de toluidine, etc. Plus la solution est concentrée, plus la teneur en base augmente, tandis qu'en liqueur diluée, la base est hydrolysée comme le sel lui-même et la solution redevient bleue. Quand la base libre est très faiblement colorée ou est de la môme couleur que le sel, il n'y a pas métachromasie.
Donc, d'après Hansen, la coloration métacbromati(iue résulte de ce que certains éléments prennent la couleur de la base libre préexistant dans le liquide. Il appuie sa théorie sur la nécessité de la présence de l'eau pour la plupart des colorations métachromatiques, sur leur destruction par déshydratation et leur régénération par l'eau. Remarquons toutefois que ([uelques-unes de ces colorations, par exemple celle des labrocytes et du mucus, résistent très bien à l'alcool et peuvent être montées au baume. Les autres seront montées au sirop de lévulose 2 ou au sirop d'Apathy (p. 443).
Métachromasie basophile et neutrophile. — Ce qui
complique eucore Tétude de ia mélacbromasie, c'est Texistence très probable de plusieurs espèces de métachromasie. Dans uu récent travail^, Pappenheim distingue en effet une métachromasie basophile et une métachromasie neutrophile (p. -403).
La première donne une coloration directe des chromotropes basophiles, tels que le mucus, les granulations des labrocytes, le cytoplasme des Protozoaires. Elle est produite par les bleus basiques métachromatiques (bleu de toluidine, thionine, bleu de INil, bleu de crésyl brillant), mais non par le bleu de méthylène pur.
La seconde n'est produite que par le mélange d'azur ou de violet de méthylène avec une substance telle que l'éosine (mélange de Romanovsky) ; celle seconde substance joue probablement le rôle de mordant (p. 387). 11 s'agirait donc ici d'une coloration indirecte. Cette métachiomasie neutrophile est celle de la chromaline des Protozoaires et des corps azurophiles.
1. llauscD, Ueber die Ursaclicn der luetachromatischon Farbung. Zlschr. f. wiss. Mikr., XXV, p. 145-153, 1908.
2. Voici comment Micliaelis {Enci/kl. d. m'tkr. Technik) conseille de préparer ce sirop : mélanger la lévulose avec un peu moins que son volume d'eau et laisser 24 heures à l'éLuve, de manière à avoir un liquide épais. Passer directement de l'eau à ce sirop qui éclaircit mieux que la glycérine et ne cristallise jamais. Il est inutile de luter les préparations.