Dissoudre le colorant neutre par ébuUifion (Laurent
4. Appliquer le colorant neutre à l'état naissant, car, à ce moment, il manifeste un maximum d'acLivifé. On mélange les colorants acide et basique au moment d'effectuer la coloration (procédé primitif de llomanovsky, méthodes de Ziemann, de Nocht et toutes les variantes à l'eau du procédé de Romanovsky).
5. Dissoudre dans un liquide indifférent, tel que l'alcool métliylique (Jenner, Leishman, May-Grïmwald, Giemsa).
De ces cinq méthodes c'est la dernière, imaginée par Jenner, qui paraît devoir être seule conservée.
Les remarquables résultats obtenus avec les éosinates de bleu de méthylène, d'azur de métliylène et de violet de méthylène ont accaparé l'attention des techniciens, au point de leur faire négliger complètement les autres colorants neutres. On obtient avec ces éosinates des colorations panoptiques superbes, mais on pourrait peut-être avoir aussi des résultats féconds avec d'autres corps neutres.
Personnellement, j'avais entrepris, il y a quelques années, toute une série de recherches expérimentales sur les corps neutres obtenus en précipitant la série des colorants basiques usuels (vert de méthyle, violet héxaméthylé, bleu de toluidine, bleu de méthylène pur ou transformé partiellement en azur) par des colorants acides (éosines diverses, rubine acide, orange G, vert lumière). Les solutions de colorant basique et acide étaient mélangées de telle sorte que la précipitation fût aussi complète que possible; le précipité était recueilli sur un filtre, longuement lavé à l'eau distillée, desséché, puis dissous dans l'alcool méthylique pur, suivant le procédé de Jenner Pour colorer, je versais sur le frottis ou la coupe, un mélange en proportions variables, déterminées par tâtonnements, de solution alcoolicjue et d'eau distillée. J'obtenais toujours des colorations nucléaires presque instantanées, mais jamais une élection spécifique sur la chromaline des Protozoaires aussi nette que celle de l'éosinate d'azur. Les combinaisons qui ont donné les meilleurs résultats étaient bleu de toluidinc-orange G et violet de gentiane-orange G.
Éosinates de bleu de méthylène, de bleu de toiuidine, d'azur de méthylène, de violet de méthylène. — Les seuls colorants neutres employés couramment sont, d'une part, les éosinates de bleu de méthylène et de blende toluidine ei, d'autre part, le mélange complexe de bleu de méthylène et d'éosinates d'azur et de violet de méthylène qu'on nomme mélange de Romayiovsky.
Il est essentiel de bien distinguer ces deux ordres de coloranis qui sont mallieureusement trop souvent confondus, bien que leurs propriétés soient très différentes.
La caractéristique de la niélhode de Romanovsky est de colorer en rouge violacé la chromatine du noyau des Protozoaires, ainsi que certains antres éléments, dits azurophiles (p. 388). Au contraire, les éosinates de bleu de méthylène et de bleu de toluidine ne colorent pas les noyaux des Protozoaires et colorent les autres noyaux en bleu. Celte propriété du mélange de l^omanovsky paraît être du même ordre (jue les phénomènes de métachromasie : c'est du moins l'opinion qui semble la plus probable, d'après les recherches de Michaelis, de Giemsa, de Xeumann ' et de Pappenheim. Ce dernier, dans un récent mémoire-, donne une interprétation très séduisante de cette métachromasie, qu'il nomme neutropliile, par opposition à la métachromasie basophile, produite par les couleurs basitiues telles que la thionine, le bleu de toluidine, le bleu de méthylène polychrome (p. 368).
En outre, la métachromasie basophile parait être le résultat d'une coloration directe (substantive), tandis que la métachromasie neutrophile se produirait par coloration indirecte (adjective) et le mordant serait l'éosine (ou un autre corps tel que larésorcine, p. 387), puisque la présence de ce corps est nécessaire pour la production de la coloration de Romanovsky.
Nous pouvons donc distinguer, avec Pappenheim, une métachromasie basophile et directe, produite par les colorants basiques métachromatiques sur les substances chromotropes telles que la mucine et les granulations des labrocytes et une métachromasie neutrophile et indirecte, caractéristique des corps chromotropes azurophiles (noyau des Protozoaires) et produite uniquement par le mélange de Romanovsky (bleu de méthylène et éosinates d'azur et de violet de méthylène).
Ce qui fait l'importance de cette métachromasie neutrophile du mélange de Romanovsky, c'est qu'elle est spécifique. Ce mélange est, jusqu'ici, le seul colorant dérivé de l'aniline (p. 388. note 1) qui permette de mettre en évidence la chromatine des Protozoaires. Ni l'éosinate de bleu dé méthylène, ni l'éosinate de bleu de toluidine ne peuvent la colorer.
Mélange de May-Grunwald"'. — Ce mélange est simplement de Téosinale de bleu de méthylène pur (non transformé en azur), dissous dans de Talcool méthylique (Griibler). C'est un perfectionnement de la méthode primitive de Jenner. Sa préparation repose sur le 5° mode d'emploi des colorants neutres (p. 402). Nous expliquerons plus loin, à propos de la méthode de Romanowskv, comment le colorant est mis en liberté.
L Neumann, Zum Wesen der Romanowsky-Noclitschen Farbung (relative Métachromasie). Centralbl. f. Bakteriologie. Orig., XLIII, p. 716-75-3, 1907.