I. — RÉCOLTE DES AMIBES
1. Amibes non pathogènes. — Amibes aquatiques. — II est facile de se procurer des Amibes vulgaires, au printemps ou en été.
Voici ce qu'il faut examiner : dans les marcs, les touiïes d'Oscillaires (Algues d'un bleu verdàlre foncé, qui vivent au fond de l'eau ou flottent en touffes à sa surface); la couche gélatineuse qui se trouve sous les feuilles de Nénuphars; la boue mélangée de détritus végétaux qui se trouve au fond des fossés. D'autre part, la mousse qui recouvre les rochers humides, les Sphaignes qui vivent dans certains marécages, sont très riches en Rhizopodes et particulièrement en Amibes. Il suffit de les exprimer comme des éponges et do recueillir l'eau qui en découle. On conserve celte eau dans de grands crislallisoirs quon place dans un endroit chaud : les Amibes viennent à la surface et on peut les séparer du reste du liquide. Schaudinn et Eyferth conseillent de jeter des lamelles dans l'eau renfermant les Amibes; celles-ci doivent s'y fixer et on retire au bout de quelques heures les lamelles couvertes d'Amibes.
Amibes de la paille. — Von Wasielewski et Hirschfeld ' puis Wûlker 2 ont étudié récemment un grand nombre d'Amibes. Un des procédés employés par eux pour s'en procurer consiste à mettre, dans un grand vase cylindrique en verre, 20 g. de paille hachée et à arroser avec un litre d'eau ordinaire bouillie. Dès qu'il se produit un voile à la surface, on en prélève une portion pour l'examiner et au besoin pour Tensemencer sur gélose spéciale. On traite de même la terre, le tan, etc.
Amibes parasites. — On peut encore se procurer des Amibes en examinant le tartre et la carie dentaires chez l'Homme, ou le contenu rectal de divers animaux à sang froid, notamment de
1. X'on "Wasielewski und Hirschfeld, Untersuchungen iïber Kulturamoben. Abh. d. Heidelberçier Akad. d. ^yiss.. I, 1910.
2. Wûlker, Die Technik dcr Amubenziichtung. CentraWl. f. Bakt., Réf., L, p. 577-610, lûll. Travail très complet, basé sur le procédé de Mouton (voir p. 477).
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Batraciens ou de Sangsues. Il n'est pas nécessaire pour cela de sacrifier ranimai. 11 suffit d'introduire dans le rectum une effilure de pipette, dont l'ouverture ne soil pas trop étroite et dont les bords soient bien émoussés.
Dans la partie supérieure du gros intestin de la Souris' on trouve Amœba mûris qui donne des kystes à 8 noyaux (incultivable). Chez les Blattes [Periplanela orientalis) qu'on vient de capturer, on trouve aussi une Amibe très intéressante (couper la tète et les derniers anneaux abdominaux pour extraire le tube digestif).
Tous ces procédés sont excellents pendant la belle saison, mais, en hiver, il peut être à peu près impossible de se })rocurer des Amibes. Le procédé de la paille est peut-être celui qui, à cette époque, donnera les moins mauvais résultats.
4. Amibes pathogènes. — La recherche des Amibes dans les selles ne présente généralement pas de difficultés. Lorsque le malade est atteint de dysenterie bien typique, il suffit de prélever, avec le fil de platine, un petit fragment de mucosité sanguinolente et de l'examiner entre lame et lamelle, sans diluer avec aucun liquide additionnel, car la solution physiologique elle-même peut être fatale aux Amibes. On reconnaît ces organismes à leurs mouvements, à leurs vacuoles et aux globules rouges dont ils sont quelquefois bourrés.
Pour avoir de bons résultats, il faut conserver les Amibes bien vivantes pendant toute la durée de l'examen. Dans ce but, on doit faire déféquer le malade au moment de l'examen microscopique et recueillir les matières, non mélangées (Turine^ dans un vase ou bassin préalablement chauffé. Il n'est pas nécessaire d'employer la platine chauffante, mais il faut pratiquer l'examen de suite et à l'abri du froid. On peut donc difficilement faire un diagnostic avec des matières émises depuis quelque temps et surtout expédiées par la poste. Si on constate la présence de corpuscules mobiles, il faut :
1° S'assurer que ce sont bien des Amibes -;
2° Examiner si ce sont : a des Amibes dysentériques;
b des Amibes inoffensives du groupe coli\
c des Amibes saprophytes du groupe Umax.
1. Voir Wenyon, Arch. f. Protisienkunde, Suppl. I, p. 169-'?01, 1907.
2. Pour tout ce qui concerne les caractères morphologiques des organismes pathogènes, se reporter à l'excellent /"rf'cîs de parasitologie du 13'" Emile Brunipt, Paris, Masson, collection des Précis médicaux, 1910.
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Un bon caraclère des Amibes palbogènes esl la présence d'un endoplasme bien dislincL de l'ectoplasme, 1res vacuolaire el renfermant de nombreuses bématies. Mais il ne faut pas confondre les Amibes avec des macropbages ou des Infusoires.
Diagnostic différentiel. — Voici quelques renseignements qui pourront faciliter le diagnostic de la dysenterie amibienne, par l'examen des selles.
Dans la dysenterie amibienne on trouve :