II. — FIXATION ET COLORATION
Les meilleures préparations d'Amibes sont celles qu'on obtient en fixant des frottis bnmides et en les colorant ensuite par Tbématoxvline ferrique ou le Romanovsky.
Fixation. — On étend donc en coucbe très mince sur une lame, au moyen d'une lamelle, d'une aiguille ou d'une effilure de pipette, le produit ricbe en Amibes. Cet étalement exige un tour de main un peu différent de celui que nous décrivons pour le sang (p. 628). Il faut appuyer très peu la lamelle, ou plutùt la traîner en la laissant appuyer par son seul poids et procéder par petites saccades ou même piar hachures (p. 646). On arrive ainsi à étaler des mucosités très visqueuses, sans écraser les Amiltes et les leucocytes. Avant que le frottis n'ait eu le temps de sécher on se hâte de le plonger dans le fixateur.
Je recommande surtout les liquides de Duboscq-Brasil (p. 285) et de Bouin (p. 284), qui donnent des résultats excellents et ne
nécessitent que des manipulations très simples. Le sublimé alcoolique de Scliaudinn, très vanté par Técole allemande, ne donne pas de meilleures fixations et exige un lavage très soigné à Talcool iodé. Ainsi, von Wasielewski fixe cinq minutes par le sublimé à chaud (-1-70°), puis vingt-cinq minutes à froid; il lave ensuite une heure à Talcool iodé et conserve dans Talcool à 70. Au contraire, avec les mélanges picriques, si on ne veut pas colorer de suite le matériel fixé, il suffit de laver les frottis à une ou deux reprises à Talcool à 70 et de les conserver dans ce même liquide, sans se préoccuper de la légère coloration jaune qu'il peut conserver. On peut mettre ainsi en réserve de grandes quantités de lames chargées d'Amibes. L'essentiel est que le matériel soit toujours dans un liquide et ne sèche jamais : autrement les Amibes seraient déformées et deviendraient méconnaissables.
Coloration. — Pour le travail courant, trois méthodes sont à retenir : Thématéine-éosine, rhématoxyline au fer de Heidenhain, le Ronianovsky.
1° Hémalêine-éosine et hématoxyline au fer. — Réussissent bien après tous les fixateurs. Procéder comme il a été dit pour la méthode générale de coloration (p. 377 et 418). Différencier avec soin, car le protoplasme des Amibes se colore souvent d'une façon très intense. Les préparations au fer doivent être décolorées jusqu'à ce que le protoplasma soit parfaitement clair et que le noyau montre nettement en noir sa charpente de chromatine. Les hématies phagocytées restent colorées en noir ou en bistre.
^° Romanovsky. — Réussit surtout après fixation au sublimé alcoolique; les frottis fixés par les liquides picriques doivent être plongés dans l'alcool à 70 (p. 348). jusqu'à disparition de toute teinte jaune, puis lavés à fond dans l'eau. Employer de préférence la technique pour les frottis humides p. 413.
Von Wasielewslci ^ fixe au sublimé, comme il a été dit plus haut, et colore au Romanovsky dans de petites cuvettes où le frottis, mis face en dessous, est en contact avec une petite quantité de liquide. Après coloration, il lave à l'eau de source et examine sous lamelle, dans une goutte d'eau. Si la coloration est bonne, on lave de nouveau pour faire tomber la lamelle. On essore au buvard, sans sécher, puis on différencie dans deux bains d'acétone (1" bain 1 seconde, 2" bain 5 secondes) et, sans sécher, on monte à Thuile de cèdre. D'après von Wasielewski, cette méthode est la meilleure pour faire le diagnostic différentiel entre les Amibes et les autres éléments : elles tranchent par
1. Von Wasielewski, Ueber Aniôbennachweis. Mûnch. med. Woch., n° 3, 1911.