Quelques pipettes à pointe très fines stérilisées
4. Une seringue de verre de 1 ou 2 centimètres cubes et son aiguille, le tout stérilisé ou bouilli.
1. Au lieu de serinoue on a très souvent avantage à inoculer à la pipette. On se sert pour cela de pipettes stérilisées dites ù double effilure. On prend une pipette
FLAGELLES 487
L'animal élanl immobilisé, on sectionne Foreille on la qneue, snivanl le cas. On fail écouler le sang goutte à goutte, dans le cristallisoir garni de 2 ou 3 cm=^ de solution cilratée : un aide doit agiter continuellement et doucement le cristallisoir ponr mélanger immédiatement le sang avec le liquide anticoagulant. Si Tanimal est indocile on si le sang s'écoule difficilement, on fera bien de puiser le sang dans la plaie, au fur et à mesure qu'il sourd, au moyen d'une des pipettes effilées, préalablement mouillée de citrate. Chaque goutte est soufflée dans le cristallisoir. On recueille ainsi une quantité de sang variant de 10 à 20 gouttes à 2 ou 3 cm'' suivant la taille et Félat de l'animal. Le mélange de sang et de citrate est inoculé : sous la peau du flanc, avec la seringue, s'il s'agit d'un animal d'assez grande taille comme le Singe; dans le péritoine, à la pipette, s'il s'agit d'une Souris ou d'un Rat.
Lorsqu'on veut conserver certains virus qui tuent très vite la Souris et le Rat (sommeil, nagana, surra, etc.), il peut être avantageux, pour éviter une surveillance constante et de nombreux passages, d'employer le Cobaye ou le Lapin. On obtient, chez ces animaux, une maladie plus lente, pouvant durer plusieurs semaines. Il y a peu ou point de Trvpanosomes dans le sang périphérique, mais il suffit d'inoculer une Souris avec 1 cm3. de sang, pour les faire apparaître chez celte dernière. Le Cobaye et le Lapin peuvent donc servir, dans certains cas, à conserver les virus à Trypanosomes.
Dans le cas où un animal inoculé vient à mourir inopinément, on peut tenter de sauver le virus en puisant du sang dans le cœur, après ouverture du thorax, et en l'inoculant à un animal sensible. Ce procédé est très bon aussi lorsqu'on veut saigner complètement un animal. La ponction du cœur proprement dite est décrite p. 498.
2. Évolution. — Les expériences de transmission expérimentale sont plus compliquées. Prenons d'abord, comme exemple, la transmission des Trypanosomes ou des Trypanoplasmes des Vertébrés à sang froid par les Sangsues. On doit aux remarquables travaux de Brumpt de bien connaître les conditions dans lesquelles on peut réaliser cette transmission. Rappelons, pour mémoire, que les résultats des expériences de Brumpt représentent les premiers documents précis que nous possédions sur l'évolution des Flagellés sanguicoles. A notre avis, répéter ces expériences,
ordinaire (fig. 255), dans feftîlure de laquelle on fait une seconde effilure, de manière à avoir une pointe courte et fine. On évite ainsi l'ennui du nettoyage et de la stérilisation des seringues.
coiisliUu3 le mcilliiur exercice pour iiii Uavailleur ({iii veut étudier les maladies à Trypaiiosomes. Le matériel est facile à élever et à disséquer et les résultais sont certains.
a. Evolution des Trijpanosomes ou Trypanoplanmes des Vertébrés à sang froid. — Quel que soit le parasite à étudier, il faut se procurer un animal porteur de viru&, des animaux sains de la même espèce et des Sangsues d'espèce appropriée. Ces Sangsues seront toujours des Rhynchobdelles ou Sangsues à trompe : d'une part, ce sont les seules pour lesquelles on connaisse des faits de transmission et, d'autre part, la structure de leur trompe fournit, comme nous le verrons, des facilités particulières pour suivre le mode d'inoculation.
Nous conseillons au débutant d'étudier l'évolution du Try|ianosome de V kngrnWe {Trui^anosoma granulosum Lav. et Mesn.) chez Hemidepsis înarginataK
Il est facilo de se procurer partout, au printemps, des Anguilles adultes et des alevins d'Anguilles; on en trouve chez tous les marchands de Poissons, en Europe. La plupart des Anguilles adultes hébergent ce Trypanosome; il est facile de s'en assurer en examinant un peu de sang, prélevé soit au niveau des branchies, soit par piiiùre de la queue. Les alevins sont presque sûrement indemnes. Kn etl'et ils sont capturés dans les estuaires au moment de la remonte; or les Sangsues capables de les infester vivent exclusivement en eau douce et ne s'avancent jamais dans les eaux demi-salées où on capture les alevins. D'ailleurs, on peut contrôler ces derniers, en les faisant piquer par des embryons d' Hemidepsis, comme nous le verrons plus loin.
Hemidepsis marginata est la Sangsue qui se prête le mieux à ces expériences : c'est une Glossosiphonide qui peut transmettre aux Poissons un grand nombre de Trypanosomes. On la trouve partout en Europe. Les jeunes exemplaires à jeun sont à l'affût, fixés sur les plantes aquatiques. Les adultes gorgés se tiennent de préférence sous les pierres des ruisseaux et des mares. On les y trouve parfois en abondance, au moment de la ponte annuelle, qui, pour la France, a lieu de mai à juillet (avec quelques variantes suivant les régions). Ces animaux pondent de 50 à 80 œufs qu'ils fixent sous une pierre ou un fragment de bois et qu'ils couvent jusqu'au moment de leur éclosion. Les petites Sangsues s'atta-
1. Tous les détails de cette évolution sont dus aux recherches de Brumpt. Les renseignements que je donne proviennent en partie de ses publications; je dois le reste à des communications verbales, de sorte que beaucoup de détails sont inédits, .l'ai d'ailleurs été témoin do ces l^elles expériences.
client alors au ventre de leur mère qui abandonne son support et transporte ses petits avec elle, jusqu'au moment où elle rencontre un Poisson sur lequel toutes vont se fixer. Après quatre ou cinq repas les petits deviennent adultes.
Cette Sangsue présente de grands avantages au point de vue expérimental. Elle est facile à trouver : c'est une petite Sangsue verdàtre, à tèle cordilorme, munie do 4 yeux. Les somites moyens sont formés de trois anneaux. La bouche est située profondément au fond de la ventouse antérieure : en arrière se trouve la gaine de la trompe, renfermant cet organe qui y est caché à l'état normal. On ne peut donc voir cette trompe que par transparence, en comprimant légèrement l'animal au moyen d'un compresseur (fig. 130). Elle esl relaliveinent facile à élever : on la conserve des mois dans des bocaux où elle se reproduit très bien. II faut que ces bocaux renferment quelques plantes vertes : des lentilles d'eau [Lemna trisulca est une des meilleures espèces), des Algues filamenteuses, etc. Une mousse aquatique, très commune, Amblystegiiim riparium, rendra de grands services pour ces élevages, car elle vit très bien en aquéirium. il faut avoir soin de ne pas toucher à l'eau et de ne la renouveler qu'à la dernière extrémité : dans ce cas, il faut prendre une eau de même provenance et dans laquelle les mêmes plantes vivent depuis longtemps.
Pour commencer les exj)ériences, il faut avoir un élevage de petites Sangsues. Pour cela, on se procure, au printemps, des adultes qu'on nourrit sur un Poisson quelconque et qui ne tardent pas à pondre. Les embryons sont toujours indemnes de parasites, même lorsqu'ils proviennent de parents infestés : ils peuvent donc servir en toute sûreté aux expériences de transmission.
On place un certain nombre de jeunes Bemiclepsis sur une grosse Anguille parasitée, dans un aquarium. Ces embryons vont se gorger avec voracité et ne tardent pas à être distendus, ce qui est un grand avantage. La seule précaution à prendre est d'empêcber TAnguille de les dévorer. Pour cela, on lui introduit dans la boucbe un hameçon auquel est fixée une ficelle, terminée par un Ilot leur en liège ^ Lorsque les embryons sont gorgés, on les enlève au moyen d'un bourdonnet de coton hyprophile fixé à un petit bâton : c'est le seul moyen de ne pas les traumatiser. Il ne faut jamais les prendre avec les doigts, ni surtout avec une pince.
Lorsque les animaux ont digéré la plus grande partie du sang
1. Lo même artifice peut être employé avec toutes espèces de Poissons. Pour expérimenter sur les Tortues, on les attache à une pierre ou à un poids qui les maintient au fond de l'eau, tant que dure le repas des Sangsues.
490 MÉTHODES Sl'ÉCIALIS
al)sorbé, ils sont redeveiius Iranspareiils tl on peut les examiner au compresseur (fig. 136), entre lame et lamelle. On aperçoit alors les petits ïrypanosomes dans l'estomac ou dans Tintestin; v^ers le 4^ ou le S'' jour, ils apparaissent dans la gaine de la trompe. Cet examen est très bien supporté lorsque la compression n'est pas exagérée : c'est le seul moyen de savoir si une Sangsue est infectieuse ou non.
Pour étudier, sur des frottis colorés, les formes flagellées de l'estomac et de l'intestin, il est nécessaire de sacrifier l'animal pendant sa digestion. On coupe alors, soit la partie antérieure, soit la partie postérieure; on en fait sourdre le sang en la comprimant d'un bout à l'autre, puis on étale, fixe et colore par les méthodes habituelles la goutte obtenue.
Dès que les Trypanosomes ont apparu dans la gaine de la trompe, les petites Sangsues sont devenues infectieuses et peuvent contaminer les alevins. Ceux-ci sont conservés en aquarium à eau courante et nourris avec des larves de Chironomes (Vers rouges de vase). Nous avons dit qu'ils sont à peu près loujours indemnes de Trypanosomes : pour s'en assurer, on peut mettre sur un alevin un seul embryon d' Hernie lepsis qu'on ne laisse pas se gorger complètement. Il est bien rare que cet embryon présente des ïry]»anosomes à la suite de ce repas. Après avoir été piquées par les Sangsues infectieuses, les petites Anguilles présentent des Trypanosomes au bout de 4 ou 5 jours.
I^nrsqu'on veut étudier l'évolulion des Tivpanoplasmes, on peut s'adresser soit à Ileinlclepsis manjiiiata, soit à une Ictittiyobdellide, Piscicola geometra. Je ne conseillerai pas cette espèce aux débutants, car elle est très difficile à trouver et à élever. C'est une petite Sangsue brunâtre, qui vit cachée dans les herbes aquatiques, notamment sous les feuilles de Nénuphars. Elle ne couve pas ses petits comme VHemiclcpsis : elle se contente de pondre un certain nombre de cocons, renfermant un seul embryon. Celui-ci se gorge très peu et évolue très lentement. Par contre, les Piscicoles adultes vivent très longtemps en captivité.
Dans le nord de l'Afrique on peut répéter les expériences de Brumpt sur le Trypanosoina inopincUuin de la Grenouille verte. Ce parasite est transmis par llelobdella algira. On la trouve communément sur les Batraciens au moment de la reproduction. Elle ne les quitte guère que pour pondre et se cache alors sous les pierres et les feuilles des plantes aquatiques. Les embryons, au nombre de 20 à 50, s'attachent à la mère comme ceux des Ileiniclepsis. Ils sont très petits et se développent lentement. Ils se fixent de préférence autour des yeux des Batraciens. On peut observer chez eux la transmission héréditaire des Trypanosomes, découverte par E. Brumpt.
b. Evolution des Tnjpanosomes pathogènes des Mamndfèiu'.s. — Pour les Tryi)anosomes africains, opérer sur place, avec des Glossines obtenues par élevage; les faire gorger sur des aniuiaux infestés et tenter de contaminer des animaux sains et non immunisés. Étudier le contenu de la trompe et du tube digestif des Mouches, par dilacérations dans la solution physiologique et par frottis colorés. On coupe d'abord les ailes et les pattes de la Mouche, puis on sectionne le dernier anneau abdominal; on peut ainsi extraire et préparer le tube digestif ^
Des travaux récents établissent que certains Trypanosomes sont transmis non par piqûre, mais par riutermédiaire des déjections, par pénétration directe à travers la peau ou les muqueuses. Voir à ce sujet les expériences de Brumpt sur le Tnipanosoma Cruzi (p. 495) et celles de NuUer- sur le Trypanosoma Lewisi avec le Ctenocephalus serraliceps (p. 596).