IV. — EXPÉRIMENTATION
En ce qui concerne les Ceslodes et les Trématodes je ne puis qu'indiquer les matériaux les plus favorables. Les Nématodes, dont le cycle est en partie libre, se prêlent aux expériences Ui vitro et donneront lieu à de plus longs développements.
Cestodes. — Le malériel le plus facile à employer est le Tœnia serrata cla Gliieii, dont révolution larvaire se produit chez le Lapin : tuer les Lapins entre le 3^-4" et le 15' -20" jours et fixer le foie. On y trouvera les débuts de la formation du Cystiscercus pisiformis, avec des lésions très intéressantes. On peut opérer aussi avec le Tœnia crassicollis du Chat^ et obtenir le Cysllcercus fasciolaris chez le l^at ou la Souris, ou inversemenl. Pour le Tœnia echinococcus, répéter les belles expériences de Dévé. Rechercher les Gysticerdoïdes dans les Puces et les Poux (disséquer dans la solution physiologique) de Chiens infestés de Dipylidiuni caninuni.
Trématodes. — Essayer l'évolution des œufs qui se trouvent dans les voies biliaires des Moutons douves; le Miracidium ne sort quelquefois qu'au bout de plusieurs semaines. Il n'est pas toujours facile de trouver des Limnœa truncatala.
Chez la Grenouille 3, on trouve de nombreux Trématodes qui se prêtent très bien aux expériences. Le Diplodiscus subclavatas, Paramphistomidé du rectum, évolue chez divers petits Planorbis. Dans Lintestin grêle, on peut trouver jusqu'à six espèces : le Brandcsia tiirgida s'enkyste dans des tumeurs qui font saillie à la surface externe du duodénum; Brachycœliani crassicolle, Opisthioglyphe endoloba, Pleiirogenes claviger, P. médians, Pi'osotocus confasus, vivent fixés à la muqueuse. Ils sont excessivement petits, et, pour les découvrir, il faut examiner à un faible grossissement le produit de raclage de la mutiueuse. Dans la
1. Looss in Mense, Handb. d. l'ropenkrankhciten, I, p. 79, l'iOô.
2. Brumpt a reconnu qu'it est facile d'infester le Chat avec le Cysticercus fasciolaris bien mûr, mais très difficile d'infester le Rat et la Souris en partant d'anneaux du Tsenia crassicollis.
o. A. Looss, IJie Distomen unserer Fische und Frôsche. Stuttgart, 1894. — Brauer, Siisswasserfnmia Deutscidands, Heft 17, Trematoden. lena, Fischer, 1909.
bouche, on trouve Halipegiis ovocaudatus: dans les poumons : Haploinelra cylindracea, Pneumoneces variegalus et P. similis: dans la vessie, Gorgodcra cygnoides et Polystoinuin integerrimurn, ce dernier appartenant au groupe des Trématodes monogénèses. Pour les expériences sur le Schistosomuni japoniciun K Katsurada et Ilashegavva ont fig:uré un appareil très ingénieux, sorte de cangue, qui permet de faire flotter le Chat, animal réceptif, dans l'eau chargée de Miracidia (flg. 190).
Nématodes. — La nécessité de combatlre l'ankylostomose a porté Jes chercheurs à perfectionner les procédés techniques d'expérimentation. Ceux-ci ont été présentés sous leur forme la plus récente par Looss, dans la seconde partie de sa monographie de rAnkylostonie -.
Culture des Ankylostomes et Anguillules par la méthode de
Looss. — Mélanger parties égales de matières et de noir animal et étendre la pâte en couche mince, dans une boîte de Pétri. Le noir ne doit pas être acide et la pâle doit être assez consistante pour qu'on puisse retourner le vase sans qu elle coule : donc, pour les selles dures, ajouter de Teau; pour les selles diarrhéiques, décanter ou augmenter un peu la quantité de noir.
Le noir agit en enlevant Todeur et la réaction acide; il empêche la putréfaction et aère la culture. Pour les cultures en larges vases, il faut même compléter cette aM'ation par des sarclages effectués avec une spatule, tous les deux ou trois jours.
Fig. 190. — Cangue pour expérimenter sur les animaux qu'on doit immerger. — D'après Katsurada et Hashograwa.
Pêche des larves. — Le procédé de Looss est une amélioration de celui de Leichtenstern. Exposer les cultures à l'air, jusqu'à dessiccation superfifielle, puis les recouvrir d'eau. On voit les larves sorlir et on les décante avec Teau. On peut, recommencer plusieurs fois de suite, si la pâte est assez dure pour ne pas se délayer.
Nettoyage des larves. — Par décantation ou \)iiT fiitratiou. Ce dernier procédé est basé sur la propriété (ju'ont les larves de traverser le papier à flllrer. Filtrer d'abord rapidement le li(iuide renfermant les larves, attendre que celles-ci aient traversé le filtre, puis les entraîner en remplissant de nouveau le filtre d'eau. Sédimenler pour avoir les larves. Ne pas oublier que leurs mouvements sont actifs à 25° mais cessent vers 15". Se méfier de la dessiccation.