OCULAIRES
le diaphra^-me, entre les deux lentilles, et n'est grossie que par la lentille oculaire; il en résulte des aberrations (jui nuisent à la précision des mesures. Aussi le dispositif de Ramsden est-il généralement adopté pour les oculaires micrométriques de précision, à tambour gradué.
Oculaires compensateurs. — Ces oculaires sont destinés, comme nous lavons dit })liis haut (p. 79), à compenser l'inégalité de grossissement pour les diverses couleurs (différence chromatique du grossissement, p. 57) dans les objectifs apochromaliques. Nous savons que ce défaut est dû, pour ces objectifs, à la lentille frontale non achromatique nécessaire pour augmenter Touverture numérique. Il en résulte que les diverses images colorées qui se superposent pour former l'image complète de l'objet n'ont pas exactement les mêmes dimensions; Timage bleue dépasse légèrement l'image rouge. Si on regarde cette image avec un oculaire ordinaire, on voit que les contours sont marqués d'un liséré coloré, qui augmente à mesure qu'on s'approche de la périphérie du champ. D'ailleurs, les constructeurs donnent intentionnellement à leurs apochromatiques un certain degré de ce défaut, afin de pouvoir le corriger entièrement au moyen des oculaires compensateurs. Ceux-ci sont calculés pour présenter au même degré le défaut contraire, par conséquent pour compenser le défaut d'achromatisme des objectifs. Ces oculaires donnent donc pour les rayons rouges une image plus grande que pour les rayons bleus; il est facile de s'en rendre compte en regardant à travers un numéro fort : on aperçoit le diaphragme bordé d'une marge rougeâtre. L'image microscopique totale sera aussi pure que possible, c'est-à-dire exempte de contours colorés jusqu'aux bords du champ.
Ceci ex}»lique pourquoi les oculaires compensateurs donnent en général de mauvais résultats avec les objectifs achromatiques à sec; c'est parce que ces derniers ne présentent pas la même différence chromatique de grossissement. Il n'en est pas de même des objectifs achromatiques à immersion dont la dilTérence chromatique est généralement assez forte pour leur permettre de supporter les oculaires compensateurs.
La construction de ces oculaires varie suivant leur grossissement propre. Tantôt le foyer inférieur se trouve au-dessus de la collectrice, comme dans les oculaires d'Huyghens, tantôt au-dessous, comme dans les oculaires de Ramsden. La position est facile à reconnaître, d'après la situation du diaphragme qui se trouve toujours à son voisinage. En général, le type Huyghens est celui des
numéros faibles, le type Ranisden celui des numéros forls : la collectrice, dans ces derniers, est une lentille triple achromatique. Dans certains numéros forts, le foyer supérieur est assez éloigné de la lentille oculaire pour qu'il soit nécessaire de marquer, par un autre diaphragme, la position de l'œil de l'observateur. Ces grandes variations dans la hauteur du foyer inférieur auraient pour conséquence de modifier considérablement la mise au point à chaque changement d'oculaire. Pour obvier à cet inconvénient, on munit la monture des numéros forls d'une bague, calculée de façon que le foyer inférieur de tous les oculaires d'une même série tombe au même point dans le tube du microscope. De cette manière, la longueur optique du tube, c'est-à-dire la dislance entre le foyer postérieur de l'objectif et le foyer inférieur de l'oculaire, reste constante. L'avantage des oculaires compensateurs est de permettre de grands écarts de grossissement. En effet, les objectifs apochromali(}ues supportent des oculaires très forts, sans que la netteté et la clarté des images soient intluencées dans de trop grandes limites. Néanmoins, pour le travail normal, il sera bon de s'en tenir aux numéros faibles ou moyens, par exemple le 6 ou le 9, avec lesquels la fatigue de l'œil est moins grande.