CHAPITRE III
L'examen à Télat frais est la méthode liistologique à la fois la plus simple et la plus ancienne; c'est aussi une de celles qui ont donné lieu aux plus grandes découvertes.
Sans parler des organismes des fermentations trouvés par Pasteur au moyen de cette simple méthode nous pouvons citer, comme acquisitions capitales de la science, la Bactéridie charbonneuse, le Bacille de la fièvre typhoïde, le Spirochète de la fièvre récurrente, les Plasmodies du paludisme, les Pilaires du sang-, les Champignons des teignes, les Trypanosomes qui, tous, ont été découverts sans l'aide d'aucun colorant, par l'examen à l'état frais du sang- ou des produits pathologiques.
Une méthode qui a fourni des découvertes aussi capitales, ayant véritablement révolutionné les sciences médicales, ne saurait être négligée, quels que soient par ailleurs les perfectionnements de la technique histologique moderne. Cette méthode est absolument indiquée toutes les fois qu'il faut rechercher, dans un liquide organique, la présence d'un organisme parasitaire ou d'un corps figuré, ou qu'il faut mettre en évidence une manifestation de la vie telle que les mouvements, contractions, courants protoplasmiques, phénomènes de digestion intracellulaire, etc. On emploiera l'examen à l'état frais, non seulement pour ces divers ordres de recherches, mais encore pour l'examen préliminaire du sang et des autres liquides organiques, la recherche de certaines Bactéries, des Champignons microscopiques et parasites, et enfin, d'un bon nombre de parasites animaux.
Cette méthode a pour elle l'avantage d'une extrême simplicité; elle est donc généralement d'un emploi très facile et, en outre, ne produit aucune modification dans les objets examinés. Notamment elle nous montre, avec une parfaite exactitude, la forme et les mouvements des organismes. Malheureusement son emploi est restreint par d'étroites limites. Elle ne s'applique qu'à des objets très minces et transparents; elle ne permet pas des observations très prolongées, et enOn elle ne démontre qu'une très faible partie
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des (l('lails de slriictiire. Poiirlant, en choisissant convenablement les objets, on peut arriver à voir des détails cytologi([ues tels que lescenlrosomes : Bresslau * les observe à Tëtat frais, dans les œufs de Mf'sosloma Ehrenbergi, Turbellarié qui vit dans les marécages peu profonds (20 à 30 cm.), à fond d'humus et de feuilles mortes, de préférence dans les endroits ombragés.
L'examen à Tétai frais nécessite certaines précautions. Etudions d'abord celles fjui sont d'ordre optique. Comme il s'agit de pré[)arations non colorées, on se reportera à ce qui a été dit à ce sujet p. 146. On éclairera la préparation avec des faisceaux aussi étroits que possible, qu'on obtient en rétrécissant convenablement l'ouverture du diaphragme iris, de manière à ne pas noyer les détails dans une lumière trop intense. L'éclairage joue ici un rôle considérable car il s'agit le plus souvent d'objets dont l'indice de réfraction dilïère peu de celui du milieu dans lequel on les examine.
L'emploi du fond noir' (p. 208) peut rendre des services dans les examens à l'état frais, surtout lorsqu'il s'agit de rechercher des éléments figurés de petite taille et très disséminés.