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MÉTHODES D'EXAMEN

Examen entre lame et lamelle. — Le principe de celte mélhode consiste à examiner l'objet vivant enli-e lame et lamelle, dans des conditions qui se rapprochent autant que possible de celles de son milieu naturel. Le i)rocédé le plus simple se réduit à prélever, à Taide d'une pipette effilée, un peu du liquide renlermanl en suspension les objels qu'on veul étudier. On dépose celte goutte sur une lame propre et on recouvre d'une lamelle bien essuyée, il faut éviter que la gouile ne soit trop volumineuse, autrement une partie des organismes serait chassée en dehors de la prépai^alion. S'il y a trop de liquide, il faut donc, avant de recouvrir d'une lamelle, en aspirer une partie avec une eftilure de pipette ou avec du papier Joseph.

Pour éviter que des objets très délicats ne soient écrasés soit par le poids de la lamelle, soit par suite d'actions capillaires, appliquant fortement la lamelle sur la lame, on a soin d'interposer, entre ces deux dernières, des corps dont l'épaisseur sera proportionnée à celle des objets à examiner. Les Allemands emploient beaucoup l'artifice qui consiste à soutenir les quatre angles de la lamelle par quatre gouttelettes de cire. On emploie le mélange suivant (ju'on fait fondre sur un feu très doux :

Cire (blanche de préférence) ... 2 parties en poids. Térébenthine de Venise 1 partie.

Cette masse doit s'amollir facilement entre les doigts et se pétrir en boulettes de formes variées.

Sur une lame bien propre on fixe, en des points convenables, quatre petites masses préalablement pétries entre les doigts. On installe l'objet avec une goutte de liquide et on applique la lamelle, garnie en dessous d'une goutte du même liquide, de manière à éviter les bulles d'air. Cette lamelle doit reposer par ses angles sur les quatre boulettes de cire. On règle alors l'épaisseur de la préparation par des pressions

métliodiques exercées sur les angles de la lamelle, eu ayant soin d'appuyer successivemenlsur deux angles placés en diagonale. S'il y a un excès de liquide, on l'absorbe progressivement avec des bandes de buvard.

Grâce à cet artifice, on arrive non seulement à régler l'épaisseur de la préparation, de manière ù ne pas écraser l'objet, mais encore à excercer au besoin sur ce dernier une pression constante et modérée et à l'immobiliser pour qu'il ne puisse sortir du cbamp. C'est donc un procédé à employer, toutes les fois qu'on voudra observer à l'état vivant de petits organismes très mobiles.

11 y a encore d'autres moyens d'empêcher l'écrasement de l'objet. Ils consistent à introduire, entre la lame et la lamelle, des corps solides d'épaisseur convenablement choisie : poils, cheveux, filaments de verre étiré, fragments de lamelles, bandelettes de carton.

Si robservalion doit durer quelque lemps, il faut Lorder la prépai-alion pour l'empêcher de se dessécher. On recouvre donc les bords soit avec de la vaseline appliquée au pinceau, soit avec de la paraffine ou du lui solide appliqué au fer chaud, comme il est dit p. 448.

Compresseurs. -— Dans d'autres cas, il faut au contraire exercer sur Tobjet une compression plus ou moins forte, de manière à l'aplatir suffisamment pour le rendre transparent, mais sans l'écraser ni le tuer. On em[doi8 dans ce but des instruments iiarticuliers, dits compresseurs, il en existe beaucoup de modèles, donl les uns agissent par des ressorts, les autres par ,.. , ,.,.. „ ^ ,^ „

1 ' ' r ly. lob. ^ Gompresseui' de tourment

des vis de pression. Certains appa- modifié par Brumpt.

reils très compliqués, tels que

celui de Ziegler, permettent d'établir une circulation d'eau. Un modèle très simple et très pratique est le compresseur de Fourmenl modifié par Brumpt (fig. 136 1. Il a été calculé pour servir avec des lamelles carrées de 22 mm. sur lesquelles il exerce une pression très uniforme et facile à régler.

Examen des animaux vivants. — En choisissant des animaux transparents et, autant que possible, aquatiques, on peut arriver aussi à voir admirablement la circulation, la contraction des muscles somatiques ou intestinaux, la digestion et l'excrétion (emploi des colorations vitales). Citons comme exemples les petites espèces de Sangsues, certains petits Trématodes (flammes ciliées de l'appareil excréteur) les petits Crustacés aquatiques, les Rotifères, les Têtards peu pigmentés, etc.

Nous aurons l'occasion de revenir sur l'examen à l'état frais en

Fig. 137. — Lame à concavité pour l'examen en goutte pendante. — Orir/inal.

Fig. 138. — Anneau de verre pour cellule.

Irailant des techniques spéciales, notaminenl en ce qui concerne

les Protozoaires (p. 468) et le sang p. 623.

Examen en chambre humide. — Pour une observation un peu prolongée, ce procédé est très supérieur au précédent. C'est encore ce qu on nomme examen en goutte pendante. On peut employer une cellule formée d'un porte-objet creusé en son milieu d'une concavité (iig. 137), sur laquelle on renverse une lamelle chargée d'une goutte du liquide à examiner. Il faut avoir soin que la goutte soit très petite, autrement elle vient en contacl avec un point de la cavité et alors elle s'étale immédiatement. En outre, si la goutte est trop grosse, les organismes tombent à sa partie inférieure et on ne peut les apercevoir à un fort grossissement. Notons enfin, comme l'a déjà fait remarquer M. Nicolle

et comme nous l'avons souvent observé, que le flambage des lamelles favorise singulièrement l'étalement de la goutte.

11 faut donc les laver simplement à l'alcool. Une fois la goutte pendante correctement installée, on lute à la vaseline ou à la paraffine.

Un autre genre de cellule, encore plus simple, est celle qu'on

réahse en collant sur une lame un anneau de vei^re. Ces anneaux (fig. 138) se trouvent tout préparés dans le commerce. On les fixe au moyen de baume du Canada, de lut solide ou simplement de paraffine. On vaseline le bord supérieur, sur lequel on renverse la lame chargée d'une goutte de liquide (Iig. 139). Si cette goutte est assez petite, on ])eutobserver aux plus forts grossissements.

Fig. 139. — Cellule en verre pour examen en goutte pendante. — Original.

Fig. 140. — Cellule en carton pour examen en goutte pendante. — Original.

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Fig. 141. — Coupe verticale de la cellule en carton pour examen en goutte pendante. — Original.

A défaut d'anneau de verre, on peut découper, dans une feuille de carton un peu épaisse, un fragment carré, de la dimension de la lamelle. On le perce en son centre d'une ouverture circulaire ou carrée, on imbibe

Fig. 142. — Chambre humide de Ranvier. — c, cellule en verre; s, disque

central; 6, rigole circulaire.

d'eau cette cellule de carton (flg. 141). Au besoin on la stérilise par ébullition. 11 suffit de la maintenir humide pendant la durée de l'observation.

Il y a une autre catégorie de chambres humides, dont l'emploi est un peu plus délicat, mais se prête mieux à Tusage des forts grossissements, c'est la chambre humide de /Janvier. Elle est constituée par une forte lame de verre (fig. 142), creusée en son centre d'une rigole circu- , , ,.,,..,...:..........., ....■.

Fig, 143. — Coupe médiane de la chambre humide de Ranvier, montrant la différence d'épaisseur entre le disque central et la cellule. — Original.

laire, limitant un disque dont l'épaisseur est inférieure de un dixième de millimètre à celle de la lame. C'est sur ce plateau qu'on dépose la goutte de liquide, on recouvre ensuite d'une lamelle qu'on lute à la vaseline ou à la paraffine.

La goutte se trouve emprisonnée entre la face

supérieure du plateau et la face inférieure de la lamelle. Elle forme donc une couche de liquide de un dixième de millimètre d'épaisseur, présentant deux faces parallèles. On conçoit que l'observation, à un fort grossissement ne sera pas troublée par les phénomènes de réilexion et de réfraction qui se produisent inévitablement à la surface dune goutte sphériqne^.

Fig. 144. — Schéma de la chambre humide de Ranvier. Le disque central est ligure en pointillé. — Original.

1. Voir p. 519 la méthode de Bitîi qui permet aussi les examens à l'état frais en couche très mince à de très forts grossissements.

M KTÎIODES G KNKRALES

Ce genre de préparation, pour oti'o irnssi, exige certaines précanlions. La goutte doit être assez petite pour ne ])as déborder le plateau après application de la lamelle. Dans le cas contraire, elle se répand dans la rigole ou mèrne sur la lame et les organismes disparaissent du champ. Pour a|»}di(]uer correctement la lamelle, on la saisit avec une pince par un bord et on met le bord opposé en contact avec la lame, puis on abaisse d'un seul coup. La gouttelette doit s'étendre uniformément à la'surface du plateau, sans le dépasser. La rigole doit rester pleine d'air, destiné h entretenir quelque temps la vie des organismes.

Microaquariums. — Aux clTambres liumides, se rattaclieiit les appareils nommés microaquariums. Celui de Schaudinn ' peut être construit

en taillant, sur le grand côté d'une lame, une échancrure

Fig. 145. — Micro-aquarium «le Sciiaudinn.

rectangulaire dei8à20 mm.

de côté. Sur les deux faces de la lame on colle des lamelles de 22 mm. Dans l'espace compris entre ces deux lamelles, on introduit l'eau et les animaux à examiner. On peut encore, plus simplement, coller sur une lame des bandes découpées dans une autre lame et limiter ainsi un espace carré, fermé sur 3 cotés (fig-. 145); on recouvre cet espace avec une lomelle collée sur les bandes de verre. Ces aquariums restent ouverts sur un côté, mais l'eau ne se répand pas, car elle est retenue par la capillarité. On peut introduire avec les animaux quelques filaments de Spirogyres qui servent à aérer l'eau. Pour coller les pièces de ces aquariums on emploiera soit du baume du Canada, soit du lut à la colophane (p. 447).

Examen sur la platine ctiauffaute. — Lorsqu'il s'agit d'organismes parasites des Vertébrés à sang chaud, il peut être indispensable, pour les conserver vivants, de les maintenir, pendant la durée de l'examen, à la température de leur hôte. Un procédé imparfait consiste à placer les préparations dans une étuve réglée à la température voulue et à les en sortir au moment de les examiner. 11 est préférable d'employer les platines chaulîantes. Voir p. 229 la description de ces appareils.

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