DISSOCIATION. DIGESTION ARTIFICIELLE. DÉCALCIFICATION 2G
la séparalioa des élémeiils. LfiyiUitiû/i dans uii petit tube, aux deux tiers rempli du dissocialeur, donne un liquide trouble dont on prélève une goutte avec une }iipette. On peut encore, lorsqu'il s'agit de membranes, les saisir avec une pince pour les agiter dans le liquide, soit dans le tube, soit simplement sur la lame. L'emploi du pinceau peut rendre de grands services. La dilacération proprement dite avec les aiguilles est quelquefois nécessaire. Enfin la percussion ou le tapotement entre lame et lamelle donnent souvent de meilleurs résultats que toutes les autres métbodes. Ce procédé demande beaucoup de légèreté de main et ne doit pas être confondu avec l'écrasement des tissus sous la lamelle. Cette dernière doit donc être soutenue par une cellule en papier découpé ou par quatre boulettes de cire placées sous les angles (p. 242). L'objet est placé sur la lame avec un peu de liquide et recouvert par la lamelle posée sur ses supports. On tapote alors doucement au-dessus de l'objet avec une aiguille ou une petite tige de verre ou de bois. On obtient ainsi, surtout pour les épitbéliums, une séparation très parfaite des éléments.
Lorsque la séparation des éléments a été suffisante dans le liquide (lissociateur, il peut être nécessaire de les réunir de nouveau pour les laver, les colorer et les monter en préparations définitives. Cette réunion peut être ed'ectuée par sédimentation naturelle ou par centrifugaiion. La sédimentation se lait de préférence dans de petits tubes bouchés (fig-. 205) : on décante le liquide clair qu'on remplace par de l'eau ou de l'alcool, puis par le colorant et enfin pnr les liquides intermédiaires et le milieu de conservation définitif. La ccnlrifugation (p. 647) donne les mêmes résullals avec une grande économie de temps.
Les éléments très délicats, isolés par tapotement sur la lamelle, exigent de grandes précautions pour être montés en préparation délinitive. Toutes les opérations doivent être effectuées sous la lamelle. Celle-ci est supportée aux quatre angles par des boulettes de cire et on fait passer sous elle tous les liquides successifs destinés au lavage, à la fixation, à la coloration, au montage, etc. Ces liquides sont introduits d'un côté avec une pipette (tig. 146), tandis qu'on aspire de Tautre côté le liquide précédent, au moyen de bandelettes de papier buvard.
Pour ne pas déranger l'objet et ne pas déplacer la lamelle, il ne faut pas introduire plus de liquide qu'on n'en relire. Les bandelettes de buvard, pour agir efficacement, ne doivent pas être déchirées au hasard, mais découpées régulièrement avec des ciseaux. Il faut leur donner la largeur du petit côté de la lamelle
et une longueur à peu près double. On doit les tenir inclinées et mettre leur tranche seule en contact avec le bord de la lamelle. Si on les dépose sur la lame, celle-ci se trouve mouillée par le liquide, ce qui, entre autres inconvénients, produit des phénomènes de capillarité qui peuvent être gênants. Le liquide aspiré doit monter lentement dans réjjaisseur du buvard. 11 faut aussi avoir soin de n'ajouter un nouveau liquide qu'après avoir aspiré une partie du précédent, surtout lorsqu'il y a entre eux une différence de densité. Autrement le nouveau liquide, au lieu de péné-
Fig. 146. — Manière de traiter un objet par des liquides successifs, sans déranger
la lamelle.
Irer sous la lamelle, se répandra tout autour. Lorsque l'objet est parliculièrement délicat et mobile, il faut, pour ne pas le déplacer, l'entraîner et le perdre, aspirer méthodiquement sur les quatre côtés de la lamelle et procéder avec beaucoup de prudence.
La pénétration des liquides s'elîectue facilement avec les j)etiLs objels, tels que des Protozoaires ou des cellules dissociées. Elle est beaucoup plus lente avec les objets larges et plats comme les Trématodes, les fragments de membranes, etc. : en effet, les liquides ne sont en contact avec ces objels que par une trancbc très mince et passent autour d'eux sans les pénétrer autrement que sur leurs bords. 11 faudra donc prolonger leur action et la suivre au microscope. Si des liquides très mobiles et très peu denses, tels que Talcool ou le xylol, viennent à mouiller la face supérieure de la lamelle, il faut avoir soin de bien les essuyer avant de continuer les opérations.
Il va sans dire que cette méthode, longue et délicate, n'est à employer que dans des cas exceptionnels. On l'évite la ])lupart du temps par l'emploi des frottis secs ou humides (p. 626 et 628).