CHAPITRE VIL
ÉPOQUE POST-PLIOCÈNE (SUITE)
Légendes et traditions sur l'ancienneté de Thomme. — Age du mammouth et de l'ours des cavernes. — fnstroments de pierre de cet âge. Haches, disques, racldrs, etc. — Stations-types de l'âge du mammouth. —.Types de Hoxne, de Saint- Aeheui, d'Abbeyiiie, de Leyallois, de Glermont-sur-Ariége. — Os incisés des bas nireaux. — Fossiles et cailloux perforés. — Étude des ossements humains trouvés dans les alluvions de l'âge du mammouth. — Vallées du Rhin et de ses affluents, —Tranchée de l'Olmo.» Denise.— Bas niveaux du bassin parisien. — Vallée de la Somme. — Résumé.
Légende» et tradltlone «or l'Mieleimelé de l'homine.
Quelques récits légendaires, dans lesquels il est à peu près impossible de distinguer nettement ce qui est traditionnel de ce qui a été enfanté par l'imagination, furent pendant longtemps les seules preuves que Ton fût autorisé à invoquer en faveur de l'existence de l'homme durant une période ancienne correspondant à celle que nous nous efforçons de reconstituer.
Les traditions religieuses des Sémites, aussi bien que les légendes des Grecs, les écrits des anciens Chinois, coBame les textes mexicains, les fables des insulaires de l'archipel Sandwich, de même que celles des indigènes d'Haïti, s'accordaient à montrer l'espèce humaine contemporaine des dernières modifications importantes de la surface terrestre.
Mais ces divers témoignages, quelque importance qu'ils présentassent dans leur ensemble, étaient généralement si vagues que la science, fût-elle dès lors établie sur les bases solides que lui ont fournies tant de découvertes récentes, eût été dans l'impossibilité de donner des légendes cosmogoniques auxquelles nous venons de faire allusion une interprétation satisfaisante.
HAUT. — PALÉONT. UUM* 12
178 LÉGENDES ET TRADITIONS. [Chap. VII
Anquetil-Duperron avait publié, en 1771, un texte zend plus explicite que tous ceux que Ton possédait jusqu'alors sur les origines de Thumanité. Nous croyons, avec MM. Prùner et F. Lenormant, pouvoir faire une application assez précise de ces versets du Vendidad-Sadé à la période quaternaire (1). Comme dans la mythologie grecque, comme dans la tradition mosaïque, Thomme habite d*abord un lieu de délices et d'abondance; c'est Eerïené Véedjo, « plus beau que le monde entier, > donné par Ormuzd. Ahriman, « la source de maux, » opère à son tour, et dans le fleuve qui arrose Eerïené Véedjo, il fait la grande couleuvre mère de l'hiver. « L'hiver répandit le froid dans l'eau, dans la terre, dans les arbres. » C'est alors qu'Ormuzd créa Soghdô, t abondant en troupeaux, » deuxième séjour des hommes primitifs.
A l'autre extrémité du monde Aryen, on a recueilli une légende comparable à celle du Vendidad-Sadé. Les chants mythologiques des Scandinaves nous montrent Vhabitant des montagnes traversant comme plus haut une sorte de période glaciaire, dont plus loin le poète trace le tableau suivant : • Le monde des ténèbres est au Nord, il en découle douze fleuves qui roulent un poison violent, la vapeur que le poison distille se condense en givre, et les eaux se gèlent Le monde
du feu est au Sud, des étincelles en jaillissent, qui rencontrent la glace et la fondent (2). »
L'homme avait eu auparavant sous les yeux, dans le poëme Scandinave, le spectacle de la terre tombant dans les eaux, et plus tard en sortant admirablement verte. Ce qui pourrait bien être un souvenir des changements de niveau qui ouvrent dans le Nord de l'Europe la période post-pliocène. Ce récit nous montre, en tous cas, les Scandinaves possédant par tradition des connaissances relativement exactes sur les modifications qu'a subies le sol qu'ils habitent.
Parmi les narrations populaires récemment recueillies dans
(1) Anquetil-Doperron, Vendidad-Sadé, Farg. 1. (Zend Avetta, t. I, p. 5K63, Paris, 1771, in-4«.)
(2) Cf. J.-J. Ampère. tAUérature, voyages et poésies, t. I, p. 314, 321, Paris 1858, in-i2.
Chap. Vll.l LE ZEiND-AVESTA, LA VOLUSPA, ETC. 179
rinde et la Perse par les voyageurs, il en est une qui, si elle n'a pas été composée de toutes pièces par quelque ancien Sage, tend à la même démonstration. Nous voulons parler de cette légende géologique comme on Ta appelée (1), qui suit dans ses voyages périodiques le vieillard Kheder, favorisé d'une très-longue vie. Dans l'intervalle qui sépare son premier passage du second, la ville qu'il avait connue s'est transformée en lac ; plus tard le lac est devenu forêt, et dans cette forêt le voyageur ramasse les coquilles qu'ont abandonnées les eaux.
Phénomènes glaciaires plus ou moins intenses d une part, phénomènes aqueux plus ou moins considérables de l'autre, telles sont les deux catégories de faits qui semblent avoir surtout frappé les premiers hommes. Une tradition plus ou moins affaiblie nous en a pu transmettre un vague souvenir (2).
Aujourd'hui nous possédons de nombreux et irrésistibles témoignages de la contemporanéité de l'homme et des phéno* mènes post-pliocènes en général, de sa coexistence avec les animaux quaternaires dont on vient d'exposer l'histoire dans le précédent chapitre. Ces diverses démonstrations de la présence d'individus assez nombreux du groupe humain dans nos contrées à ces époques reculées, sont venues éclairer d'un jour tout nouveau les traditions de nos ancêtres. Nous avons vu les premiers hommes précéder la période glaciaire, ainsi que le racontaient en termes obscurs le Zend-Avesta et la Voluspa, nous allons les suivre au milieu de ces dernières transformations de notre sol, dont les légendes de presque tous les peuples ont gardé le souvenir.
Les recherches précédentes nous ont appris que les monuments humains de ces époques lointaines sont de trois ordres.
(1) Une légende géologique de VInde {Rev, Britann., avril 1869, p. 521).
(2) Un certain nombre d'anthropologistes refusent toute valeur aux traditions, au point de vue ethnogénique. Nous ne saurions mieux faire que de les renvoyer au livre déjà cité de J.-J. Ampère et au beau volume de M. Nilsson, auquel nous avons fait précédemment de nombreux emprunts. Le souvenir de choses aussi remarquables que celles dont nous venons de parler a dû se fixer an plus profond de Tesprit des peuples qui en ont été témoins et se perpétuer de siàcles en siècles, en se défigurant peu à peu. Mais ce souvenir conserve sufiisamment de son originalité primitive pour être rcconnaissable d'un esprit libre d'idées préconçues. (Nilsson, eh. vi, p. 247.)
180 AGE DU MAMMOUTH ET DE L'OURS DES CAVERNES. [Chap. VÎI.
savoir: les instruments confectionnés par Thomme, le produit du travail effectué à l'aide de ces instruments, enfin les restes mêmes qu'il a laissés dans les couches quaternaires, plus ou moins confondus avec ceux des animaux que nous avons énumérés, éteints ou émigrés. Nous exposerons successivement les faits qui se rattachent, dans chacun des âges que nous avons admis, à ces trois ordres de preuves, en subordonnant, comme nous Tavonsdit plus haut, l'histoire des cavernes à celle des alluvions (1).
Age dm OMyénuMitii et cl« l'ours 4efl ^m
Notre premier âge post-pliocène, caractérisé paléontologiquement par la coexistence d'animaux éteints comme le mammouth et l'ours des cavernes, émigrés commo le renne et Thippopotame, actuels comme les chevaux, correspond géologiquement aux couches les plus profondes des alluvions fluvîatiles, qualifiées bas niveaux par les hydrographes (Belgrand). La nomenclature de ces couches est très-variable. On les a longtemps désignées, à Paris, sous le nom de diluvium gris, les géologues belges les ont quelquefois distinguées comme terrains ardennais] ils constituent les étages quaternaires inférieur et moyen de M. Edouard Dupont (2). En Angleterre on les appelle drift (Prestwich, Murchison, etc.), worpdrift (J. Trîmmer), cretaceous and suhcretaceous drift (Martin), elephant^hed (Mantell, Gk)dwin-Austen). Etc.
Ces dépôts, très-nettement superposés en ce pays au boulder-clay, dont il a été parlé dans un chapitre antérieur (3), forment généralement la base de presque toutes les coupes complètes de terrains post-pliocènes. On peut y distinguer en Belgique et en France quatre zones de bas en haut, d'abord un mince lit de sable graveleux, puis, sur une épaisseur plus ou moins considérable, des cailloux roulés de volumes
(1) Voyez plus haut, p. 112, 116.
(2) Ed. Dupont, Élude sur le lerrain qualernaire des vallées de la Meuse et de la Lesse. {Bull Acad. Roy. de Belgique, 2« sér., l. XXI, n<> 5.)
(3) Voyez chap. v, p. 122.
Chap. Vn.] ALLUVIONS DE BAS NIVEAUX. i8l
et de compositions très-diverses, mélangés de gros blocs non roulés, amenés de loin. En troisième plan se présentent des sables quartzeux à coquilles fluviatiles, que surmontent des argiles sableuses et marneuses à coquilles principalement terrestres et à concrétions calcaires.
La seconde couche est le gisement habituel des ossements fossiles et des produits du travail humain que l'on rencontre à des niveaux peu différents, les premiers isolés ou maintenant encore en partie leurs rapports naturels, les seconds, enfouis généralement un peu au-dessous de la couche ossifère.
C'est à mettre en dehors de toute contestation ces relations stratigraphiques, que Boucher de Perthes s'était surtout appliqué dans ses beaux travaux d'archéologie antédiluvienne, La question de gisement a été complètement élucidée pi^r MM. Buteux, Hébert, Lartet, Delesse, Lyell, Preswich, Evans, Flower, Gaudry, Pouchet, H. Gosse, Desnoyers, Lubbock, Christy, de Verneuil, Cocchi, et une foule d'autres observateurs. Et il n'est plus possible aujourd'hui de contester, de bonne foi, la présence d'instruments taillés, d'ossements d'animaux portant des traces non équivoques de laction «humaine, de débris de l'homme enfin, dans les terrains alluviaux de bas niveaux, parfaitement intacts, qui contiennent la faune quaternaire ancienne, dont il a été parlé précédeox^ ment.
En présence de faits aussi nombreux et aussi concluants, les détracteurs de l'ancienneté de l'homme se sont vus contraints à renoncer à la théorie des remaniements qu'ils ont si longtemps soutenue en dépit des constatations minutieuses de leurs adversaires; ceux-ci ont, en effet, noté avec soin, dans leurs recherches, l'absence de crevasses et d'excavations anciennes dans le sol à ossements fossiles, l'identifé de coI(»ration des pièces recueillies et des couches géologiques correspondantes, ocreuses, ferrugineuses, etc., les formes spéciales, enfin, qui se répètent sur les pierres et les os travaillés de la même époque et qui, pour les pièces les plus importantes au moins, appartiennent exclusivement ou peu s'en faut aux terrains quaternaires anciens. Les produits du travail humain sont
182 INSTRUMENTS DE PIERRE DE CET AGE. [Chap. Vil.
donc bien en place dans les alluvions à ossements d'animaux éteints. Ce qu'ils sont, Texamen rapide des travaux nombreux et intéressants dont Boucher de Perthes a été l'instigateur, Fétude de quelques collections publiques et privées de France et d'Angleterre, vont nous l'apprendre. Suivant Tordre que nous avons précédemment adopté, nous commencerons par les instruments de pierre, point de départ habituel de tous les autres.
Les Instrnmente de pierre de TAge da manunoatli. Haehcs, dlsqaes, raclolm, etc.
Les instruments de cet ordre qui correspondent à l'âge du mammouth et que Ton rencontre avec les débris de cet animal et des autres mammifères éteints dans les alluvions des bas niveaux des fleuves, difierent si peu les uns des autres, de quelque région qu'ils proviennent, qu'il est possible de les faire entrer tous dans une classification assez simple, basée sur les formes qu'ils présentent. Avant d'aborder la description des formes propres aux instruments quaternaires anciens, il nous faut consacrer un court paragraphe aux variations générales qu'ils subissent, et qui portent d'abord sur 1* matière dont ils ont été tirés. Cette matière première, qui peut être le quartzite, le trachyte, la phonolithe, l'agate, l'obsidienne, est presque toujours empruntée aux diverses variétés de silex. Les silex pyromaques, cornés, jaspoïdes, sont les plus fréquemment utilisés.
Ces instruments diffèrent encore par leur patine, car, s'il en est quelques-uns qui ont conservé leur teinte primitive, la plupart sont altérés à des profondeurs variables qui atteignent 4, 5 et 6 millimètres et plus. Cette patine est fréquemment blanche ou d'un blanc bleuté ou tirant un peu sur le jaune. Souvent elle est jaunâtre, ou d'un brun rouge, quelquefois d'un brun presque noir ou grise ou marbrée de noir et de gris (1).
(1) Sar deux cents silex taillés quaternaires de diverses provenances, que nous avons étudiés à ce point de vue, une soixantaine sont hlancs« il y en a, à peu près, autant de jaunâtres, les silex jaunes de cire ou jaune rouge sont au
Cur. VII.} VARIATIONS QU'ILS PR&SENTENT. |S3
Les pierres travaillées soùt aussi plus ou moins lustrées, leur surfoce présente un éclat plus ou moins brillant, des dendrites plus ou moins étalées, des incnutations de carbonale de chaux plus ou moins étendues. Elles sont parfois un peu roulées, parfois elles ont conservé très-net leur contour, enfin elles ont été utilisées, ou se trouvent parfaitement intactes dans les bancs, comme cette belle hache, que le regrettable H. de Ferry nous avait communiquée quelque temps avant sa mort.
Fig ÎS
Les variations de forme ont fourni, comme nous l'avons dil, les éléments de comparaison sur lesquels repose la classification des instruments de pierre de l'Age du mammouth,
nombre d'une trentaine; une TÎtigtaino de silex bruns, vue quiaiaiDe de silei ifii Doirâire, une domaine de silex bleus, et quelques silex mubrés compliieat •Mie statistique.
(I I Cf. H . de Ferry, Noie lur une tels dt lance en Hkx dei fabriqua de CharkmièTei {Saône el- Loire). (Bévue Archéologique.)
181 HACHES OU HACHETTES. [Chap. VU.
diviâés d'une manière généiale en instruments façonnés sur leurs deux faees, et en instruments qui ne portent que d*uQ côté les traces du travail humain.
Dans la première de ces catégories rentrent les haches ou hachettes, les haches à talon, les ciseaux, les disques ou rondelles, les perçûirs et les racloirs. A la seconde appartiennent les couteau» ou lames, les pointes de lances ou de flèches, les grattoirs et les simples éclats.
Parlons d'abord de ces instruments décrits sous le nom de haches et de hachettes par les archéologues, et qui, par leur abondance relative, les dimensions qu'elles peuvent atteindre, la complication de leur travail, etc., tiennent le premier rang entre tous les produits de l'industrie de l'homme quaternaire ancien. Les haches ou hachettes (nous leur laissons ce nom accepté par tous les savants spéciaux) sont des instruments obtenus à l'aide de fractures répétées, enlevant aux deux faces d'un bloc-matrice des éclats plus ou moins considérables, et combinées de façon à produire un bord tranchant plus ou moins continu.
On en distingue trois modèles ; le premier et le plus anciennement connu est celui qu'a figuré Bagfort, en 1715, comme trouvé à Black Mary's avec une dent d'éléphant par Conyers (1) , et dont MM. Boucher de Perthes, Lyell, Lubbock, H. Gosse, de Mortillet, Flower et bien d'autres auteurs ont donné des dessins.
Ce modèle, terminé par une pointe plus ou moins aiguë, offre des dimensions en longueur relativement considérables, de sorte que le contour de sa base a une figure elliptique. C'est la forme lancéolée longue. Elle est assez commune en Angleterre; dans la vallée de la Somme, elle constitue à peu près la moitié des instruments en pierre travaillée, elle est un peu moins commune dans la vallée de la Seine. On la rencontre en d'autres points, en Belgique par exemple et dans le nord et le centre de la France, Mons, Vaudricourt, Wissant, Cœuvres, Soissons, Pressigny, Chfttellerault, Vendôme, etc.
(1) Cf. Ch. Lyell, Ane., 2* éd., p. 176. -« J. Lubbock, trad. cit., p. fJt, eic.
Chap. Vif.] FORMES LANGËOLÉ£ ET AMYGUALOlDE. 185
Dans le Midi elle deyient rare, et présente généralement un travail grossier (Venerque). MM. E. de Yerneuil, Louis Larlet, Casiano, Lartet, Casiano de Prado, Yilanova l'ont cependant trouvée en différentes localités de l'Espagne, à San-Isidro en particulier. Nous l'avons nous-mêmes découverte récemment à la surface des alluvions nilotiques, dans la plaine de Thèbes, à Deir-el-Bahari (1). M. Morétain a constaté sa présence en Palestine (Beit-Sahour), M. Taylor en Babylonie (Abou-Sher-Ain), et M. Bruce-Foote dans les dépôts quaternaires de Madras dans Tlndoustan (2).
Supposez la hachette encore pointue mais un peu plus large, de sorte que le contour de sa base, au lieu d'appartenir à une portion d'ellipse, décrive à peu près une demi-circonférence de cercle (fig. 29), vous aurez la forme lancéolée courte qui est surtout répandue en Angleterre. John Frère l'a découverte le premier à Hoxne, en Suffolk, au commencement de ce siècle (3).
Un certain nombre d'observateurs en ont recueilli des spécimens dans la Grande-Bretagne depuis quelques années ; M. J. Hunt a signalé cette forme à Safester, dans l'archipel Shetland (4). On l'a quelquefois, mais rarement, découverte dans le nord et lest de la France, à Cœuvres et à Charbonnières par exemple. Nous ne connaissons pas de représentants méridionaux de ce second modèle de hache quaternaire.
La hachette amygdaloïde^ ainsi nommée parce qu'elle rappelle assez bien Tamande par son contour, a la forme d'un ovale plus ou moins allongé (5). Commune en Angleterre, où les gisements de Hoxne, de Thetford, de Biddenham, etc., en
(1) Hamy, VAndenneléderhommê en Egypte, {BuU. Soe. Anthrop.t %• série» t. lY, 18Ô9.
(2) Gongr, Intern,, %• session, Paris, 1867, p. 113; 3" session, Norwich, 1868, ^ Mémoire ofthe Anihropologieal Society of Lottdon, t. II, p. 333, fig. S.
(3) J. Frère, Archœohgia, t. Xlll, p. 206, 1800. — Cf. J. Lubbock, trad, oit,, fig. 135, 136, p. 274.
(4) J. Hont, Report on Exploration into the Archaic Anihropology ofthe Itland, of Unt, Braeeay and the maintland of Zetland. {Mem. of the Anthrop, Soc, of Lonâon, t. H, p. 333, fig. 2.)
(8) Lyell, Ane, 2* éd., fig. 11, p. 125, 179, 182. — Flower, On urne fUnt impUmente lately found in the valley of the Little Ouie River at Thetford. {Quart, Journ., t. XXIU, p. 45.) ^ Etc.
186 PËRÇOIRS, CISEAUX, HACHES A TALON. [Ghap. ViI
ont fourni un certain nombre d'exemplaires ; elle est un peu moins répandue dans le nord de la France que la forme lan~ céolée longue, cependant, dans la Somme, elle forme encore les 7^ des silex taillés. Elle est moins abondante encore dans les vallées de la Seine, de FOise, etc. On ne Ta pas signalée, à notre connaissance, dans le midi de la France, mais elle se rencontre dans les alluvions à Elephas Africanus des environs de Madrid (San-Isidro). Elle occupe une place assez importante dans l'archéologie préhistorique de Flndoustan.
Dans les trois formes que Ton vient de décrire, le travail de rhomme s'est exercé sur toute ou presque toute la surface de la pierre qu'il taillait. Il est quelquefois arrivé à l'ouvrier quaternaire, de rencontrer des silex de la craie terminés à une de leurs extrémités par une sorte de manche naturel ou talons qu'il s'empressait d'utiliser. Dans ces cas exceptionnels, il appliquait son industrie à tailler à petits coups vers l'autre extrémité une pointe plus ou moins allongée (perçoir) un tranchant transversal {ciseau) ou conique {hache à talon) (1).
Les instruments de ces trois formes sont peu nombreux. L'importante collection de Boucher de Perthes n'en contenait que dix ou douze. Nous les trouverons un peu plus fréquemment dans les alluvions des plateaux, dont l'étude viendra plus loin.
Les racloirs ne sont pas beaucoup plus importants dans les gisements alluviaux que les derniers instruments dont il vient d'être fait mention. Cette forme est même si rare qu'il n'en existe que quatre dans la collection de Boucher de Perthes, qui aient été recueillis dans les dépôts de bas niveaux de la Somme (2), à Moulin-Quignon et à Menchecourt par exemple. Ces racloirs sont des instruments taillés sur leurs deux faces, de manière à présenter un tranchant courbe. Leur bord opposé présente une assez grande épaisseur, destinée probablement à donner à la main de l'artisan un point d'appui solide.
(i) Ch. Lyell, Ane, 2* éd., fig. 12, p. 125. —Boucher de Perlhes, Antiquités Celtiques et Antédiluviennes, t. IH, pi. IV, fig. 8; pi. V, ûg. 3; pi. VU, fig. 7; pi. X, fig. 34, Paris, 186&, in<8». — £tc.
(2) Boucher de Perthes, op. cit,, t. III, pi. V, fig. 4, etc. — Cf. Mus. Impér. dâ Saint^Gcrmain, salle I,
Cup. vu.] lUCLOIRS. JW
Les disques, comme les racloirs, sont peu abondants dam les alluvions de la Somme ; Boucher de Perlhes on a cependant recueilli à Hautort, à Heocbecouit, à la porte Hercadé et & l'Hôpital. MM. Reboux et Martin ont trouvé. des disques i Levallois et à Grenelle, dans les dépôts profonds. M. Ph.
Fig. ao.
Lalande en possède un spécimen découvert dans le diluvium inférieurde la vallée de la Charente. M.-Noulet, enfin, a fait connaître un gisement très-intéressant d'ustensiles quaternaires en quartzite dans le bassin de llnfernet. Ce savant
188 DISQUES OU RONDELLES. [Cnu. VU.
distingué a bien voulu nous communiquer la figure ci-jointe, qui donne une excellente idée de ces instruments, qui sans être spéciaux aux allurions anciennes du midi de la France, jouent un rdle relativement important dans l'arsenal des indigènes de cette région de l'époque quaternaire. Nous avons
Fig. 31.
donné plus haut la description des hachettes amygdaloïdes; qu'on suppose un de ces instruments réduit en dimensioo dans son plus grand diamètre de façon à ce que le contour, au lieu d'être plus ou moins elliptique, devienne circulaiiOt on aura le disque dont nous parlons.
Chip. VII.] POINTES DE LANCES ET DE FL&GHES. 189
Les disques, encore nommés rondelles, peuvent être taillés sur une seule de leurs faces, aussi bien que sur les deux côtés, et les sables diluviens du Grand-Pressigny ont souvent rendu à la lumière des disques ainsi travaillés. Il y a aussi des instruments dont le contour rappelle celui des silex lancéolés (fig. 31 et 32) et amygdaloïdes qui n'ont été entamés que d'un seul côté, l'autre côté présentant la bosse de clivage, que la percussion détermine sur toutes les pierres à cassure conchoïde, silex, jaspes, etc. On les désigne, suivant leurs dimensions, sous le nom de pointes de lances ou de pointes de flèches.
Nous avons précédemment constaté l'existence de silex grossiers de ce type dans les dépôts pliocènes de Saint-Prest. L'arme quaternaire est bien supérieure à celle qui l'a précédée. En effet, outre que ses dimensions sont généralement beaucoup plus considérables, la face taillée porte dans toute son étendue et surtout vers la base les preuves d'un travail plus ou moins soigné.
On se rappelle que dans les flèches pliocènes, ia base est ordinairement brute (1); les lances et les flèches des vallées de Somme oude Seine, sont au contraire éclatées avec un certain soin vers leur extrémité articulaire amincie par des chocs intentionnels de manière à faciliter l'insertion de l'arme sur sa hampe. Quelques petites tailles à peu près symétriques par rapport à l'axe principal de la pierre utilisée^ scmt tout le travail que montrent les silex de rdge de f éléphant méridionaL KVdge du mammouth, les pointes que l'on recueille dans les alluvions de bas niveaux, présentent dans tout leur pourtour les traces des percussions qui déterminent la forme de l'instrument lancéolé ou amygdaloïde.
Des pointes de lances et de flèches ont été découvertes dans la vallée de la Somme (fig. 32), à Montières près Amiens, à Menchecourt, à Moulin-Quignon, au Champ de Foire, à la porte Saint-Gilles, à la porte Mercadé, etc. D'autres proviennent de Cœuvres (Aisne), du Pecq et de Porssy (Seine-et-Oise), de
(l) Voyez p. 99.
100 POINTES DK LANCES ET DE PLËCHES. (Cbat. V(I.
Fig. 33. Fig. 31. Fig. 3i.
Pllj. 3Î. — Poinle en silex ia altuvloni de t»s nlveiui (SoiniM). Fig. 33. -~ Pointe de hoct en obstdieDoe, uiDDlée sur a
(NonTclle-Calèdonle.) Fig. 34. — Graltalr de l'9|e dn mammoDlli. (Vallée de la Senae.) Fig. 39. — Gratlnir de l'ige du renne. (Grolles do PirlEOrd-) (Ed. Larlcl et il.Ctatisty, KtliquUe, p. H.)
Gbap. VII. J grattoirs. 191
Levallois (fig. 31) et de Grenelle (Seine). Il s'en est trouvé quelques-unes dans les gisements du centre de la France et de la campagne de Rome (1). Elles abondent dans certaines cavités qui correspondent, comme nous le verrons, aux bas niveaux, et que nous ferons entrer dans notre deuxième groupe de cavernes. MM. Lartet et Christy en ont ramassé, par exemple, un grand nombre de beaux spécimens dans la grotte du Moustier, près Peyzac. Aussi beaucoup d'archéologues désignent-ils ce type d'instrument sous le nom de type du Moustier. Nous n'emploierons pas cette appellation qui, dans notre nomenclature, s'applique, nous l'avons dit, à des stations d'un aspect assez spécial pour servir de types auxquels nous pourrons rapporter les stations semblables observées en d'autres localités (2),
Des pointes de lances et de flèches on peut, à Taide de transitions dont les collections de Saint-Germain nous offrent de remarquables exemples, passer à certaines lames d'aspect triangulaire qui se rattacheront très-facilement elles-mêmes à ces lames irrégulièrement quadrilatères, dont M. Reboux nous a communiqué un intéressant spécimen (ûg. 36).
La lame dont le contour a été retaillé à petits coups dans une étendue plus ou moins considérable de façon à présenter un biseau épais, devient un grattoir {fig. 3S). La plus ancienne variété de grattoir connue est celle de Thenay, dont nous avons entretenu le lecteur (p. 50). A l'époque quaternaire ancienne l'homme utilisait un grattoir à large tranchant ; le grattoir allongé à biseau étroit caractérise l'âge du renne (fig. 34). Un instrument de cette forme, mais d'un travail généralement plus parfait, était encore employé vers la fin de la période néolithique.
Lorsque l'on applique avec un marteau un coup léger, perpendiculairement à la surface d'un noyau de silex, une lame
(1) s. de Rossi, op. cit., p. 13 et fig. 4, 5 et6. -^ Bieicher, Essai d'nne mono' graphie géologiqœ du Mont-Sacré, qttelqMS mott sur Vaneienneté de l*homme dans la vallée de VAnio. (Bull, Soc. Hist, naiur. de Colmar, 1864, p. 158.)
(2) Le plateaa de Gebel Qournah dans la Haute-Egypte, nous a fourni récemment de trôs-beaux spécimens de pointes de lances et de flèches, exactement comparables à celles des alluvions de la Somme et des cavernes du Moustier, etc.
IM LAUES ET COUTEAUX. [Cur. VU.
se détache de la niasse de pierre (nucleus), présenlaDt à l'endroit où a porté la pointe de métal, la bosse coDchoïde dont nous avons parlé, et montrant sur son autre face une, deux, trois petites crêtes plus ou moins parallèles à l'axe, si de la surface correspondante un, deux ou trois éclats semblables à celui qu'on vient de débiter, ont déjà été enlevés.
Ces crêtes, nous les avons trouvées sur les laiKes et les grattoirs étudiés plus haut(fig. 31 et 35). Elles sont caractéristiques des couteaux de pierre (1) qui, dans la suite des Ages préhistoriques, ne difîèrent entre eux que par les retouches que présentent, sur leur contour, les instruments de cette forme dont la date est moins ancienne (flg. 37). Les couteaux apparaissent dans les couches les plus profondes des alluvions quaternaires, ils y sont relativement rares dans certaines vallées, dans celle de la Somme par exemple.
(1) Cr. Ljell, Ane, l'ëJ., p. im.
CnAP. VII.l STATIONS-TYPES DES ALLUVIONS DE CtT AGE. 193
C'est à peine si sur cent instruments exhumés des graviers de cette rivière, douze ou quinzesont de cette forme. Il n'en est plus ainsi dans la vallée de la Seine. Ils dominent dans les sablières de Poissy et du Pecq (Seine-et-Oise). Dans Paris, ils sont relativement nombreux, à Neuilly, à Levallois, à Clichy. Il en est de même à Vendôme. Les couteaux abondent dans les grottes archéolithiques et néolithiques, on les trouve encore dans un certain nombre de dolmens et de tumulus. Et grftce aux traditions religieuses qui les avaient consacrés, leur emploi s'est longtemps maintenu, dans les temps historiques, en Egypte, en Phénicîe, en Palestine, et jusque dans le Latium (1).
Stations-types des alluTlone de l'Age da numunoath. Tjpes de Hozne, de Salait-Aeheiil, d'AbbevlUe.
Le court exposé qui précède, en faisant connaître les diverses formes de pierres travaillées à l'époque quaternaire ancienne, aura fixé, en même temps, la valeur de ces formes au point de vue d'une classification archéologique, et l'importance relative qu elles prennent dans les différents bassins quaternaires. Nous avons vu, en effet, qu'il est quelques instruments exclusivement propres à Y âge du mammouth y tandis que d'autres, plus ou moins modifiés, ont encore été usités à des époques postérieures. Nous avons, de plus, constaté que telle forme, commune dans un bassin, comme celui de la Somme, pouvait être rare dans un autre bassin, celui de l'Infernet par exemple.
Déterminant la part plus ou moins grande que les divers ustensiles ont prise dans l'industrie des bassins explorés jusqu'à présent, nous arriverons à constituer quelques types de stations, types à variabilité limitée, si l'on peut s'exprimer ainsi, autour desquels il sera facile de grouper ensuite les stations moins importantes.
Le premier type ainsi constitué qui se présentera à notre
(i) Voyez plus haut, p. 12.
HAUT. — PALÉONT. HUM. 13
491 TYPES DE HOXNE ET DE SAINT-ACHEOL. [Chap. VII.
observation sera celai de Hoxne^ le plus anciennement décrit des types quaternaires. Explorées par John Frère, en 1799, les couches de Hoxne, près Dis (Suffolk), ont été de nouveau étudiées avec beaucoup de soin par MU. Prestwich, Evans, etc. Le petit bassin qu'ils ont décrit, comme ceux des vallées de rOuse, du Lark, a été creusé aux dépens du botUder-clay , ce qui accuse de la manière la plus nette son origine post-glaciaire (1). La dépression a été remplie ensuite de tourbes et d'argiles, de sables et de graviers. La faune quaternaire est représentée dans ces couches par un éléphant, un cheval et un daim. JohnJFrere, MM. Pxestwich, Kerrison, etc., y ont recueilli les deux formes de silex lancéolés^ courts et longs. La première, rare en dehors de l'Angleterre, semble jouer ici un rôle prépondérant : notre type de Hoxne. sera donc caractérisé par Fimportance relative des haches lancéolées courtes. Le type de Saint-Acheul est caractérisé par Vimporlance relative des haches lancéolées allongées. Découvert par RigoUot en 1850 (2), le gisement de Saint- Acheul, aujourd'hui célèbre, a fait l'objet d'un si grand nombre de notices variées, dans ces quinze dernières années, qu'il nous paraît inutile d'insister sur ses caractères géologiques, paléontologiques, etc. Il nous suffira de rappeler que des couches à silex taillés, qui n'ont jamais subi de remaniements, y sont composées de graviers siliceux, de sables crayeux blanchâtres, etc., et que la faune qu'on y a recueillie comprend Yelephas antiquus, Velephas primigenius^ Y hippopotamus amphibiiis^ etc. Avec les ossements de ces grands animaux, souvent même à des niveaux un peu inférieurs à ceux qu'ils occupent dans les coupes (3), un grand nombre de paléontologistes et d'archéologues ont rencontré en place à 3"50, 6 mètres et même 7°50 de la surface du sol, les instruments que RigoUot y avait signalés (4). Ces silex taillés de Saint-Acheul sont des hachettes de forme lancéolée allon-
(1) Voyez plus haut, p. Itî. — Cf. LycU, Aiic. , «• éd. fr. , fig. 27, p. 184.
(2) RigoUot, Mémoire sur des instruments en silex trouvés à Saint- Aeheul, Amiens, 1854. in-8*. — Cf. Lyell, Ane., 2« éd., p. i05.
(3) Nous citerons parmi les plus récentes colle de M. Tylor. {Quart, /ouni.^elc, 1869.)
(4) Cf. Cil. Lyell, Ane, 2« éd., p. 143. (Ig. 23.
Cdap. VIL] TYPE D'ABBEVILLE. llfe
gée OU amygdaloïde, des haches à talon, des perçoirs, des lames, etc. Les instruments lancéolés allongés constituent les ^ environ de la masse totale des pierres travaillées ; les instruments de forme ovale y entrent pour ,^, les haches à talon et les perçoirs pour -m, les lames enfin, qui sont trèsrares,^ pour i4 seulement. La même prédominance de la forme lancéolée longue se retrouve en quelques autres points, à la Porte-Mer cadé, par exemple, à Mautort, à Thuison, à Mpulin- Quignon, dans les bas niveaux de Grenelle (Gosse), etc.
Des recherches insuffisantes nous avaient fait admettre qu'il en était ainsi partout dans la vallée de la Somme (1). Il est cependant un certain nombre de gisements où la proportion est inverse ou peu s'en faut, en ce qui concerne les haches. On remarque surtout ce type aux environs d'Abbeville, et nous lui avons donné le nom de cette localité. Géologiquement, les stations-types dites d'Abbeville correspondent aux graviers et aux sables des bas niveaux de la Somme. Elles contiennent des débris de mammouth, de cheval, etc. Archéologiquement elles sont caractérisées par Vimportance relative des hachetles amygdalàïdes.
Type de Levallole.
A côté de ces gisements où les haches quaternaires dominent, la vallée de la Somme en contient un autre dont la valeur démonstrative, au point de vue de l'ancienneté de Thomme, a été longtemps contestée. Nous voulonis parler de celui de Menchecourt. Les graviers de bas niveaux (2) y renferment, avec les restes de Tours des cavernes, d'un grand felis, de Thyène des cavernes, du mammouth, du rhinocéros à narines cloisonnées, du cerf de la Somme, du renne, du bœuf primitif, un certain nombre de silex taillés bien caractérisés, mais se rapportant en majeure partie à la forme dite
(1) Voyez notre note 1, p. 146 de la 2* édition de VAneienneié de V homme, de Lyell.
(2) Cf. Lyell, Ane., 2« éd. fr., p. 432 et fig. 18.
406 TYPE DE LEVALLOIS. [Chap. VII.
lame ou couteau^ que certains archéologues out longtemps repoussée. Ceux-ci représentent une moitié des instruments recueillis; l'autre moitié se compose de haches de toutes formes auxquelles il faut joindre quelques racloirs et quelques disques. Cette prédominance des couteaux rattache Menchecourt au type de la vallée de la Seine, qui a été
Fig. 38.
B Dilavinm rouge et lœss. (Hauts niveaux.) (1)
Moyens niveaux
correspondant
au type de Grenelle.
A DiloYiam gris
is. <
Bii niveaux
correspondant
an type de Levalloii.
Niveau de la Seine.
Fig. 38. — Coupe d'un terrain quaternaire de la Seine.
surtout étudié avec soin à Levallois par M. Reboux. Les lames sont si abondantes dans cette localité et les autres formes relativement si rares dans les alluvions de bas niveaux qu'on y exploite (fig. 38) , que cet archéologue a été conduit à supposer que les couches profondes, caractérisées paléonto-
(1) On donne quelquefois ce nom à quelques couclies très-anciennes, situées à des altitudes relativement considérables, par rapport au fleuve, à celles de Montreuil et de Villejuif, par exemple (voyez plus liant, p. 111). Pour éviter toute confusion ne vaudrait-il pas mieux désigner ces dépôts comme à'ancient niteaux, tandis qu'on donnerait le nom de hauti niveaux aux terrains directement superposés, comme dans la coupe ci-joinlp, aux niveaux bns et moyens.
Ghap. VII.] TYPE DE CLER&IONT-SUU-ARII^GE. 197
logiquement par les éléphants, les chevaux, etc., pouvaient bien correspondre à un âge spécial où Ton éclatait le silex, âge antérieur à celui où Thomme taillait les hachettes de la Somme, etc. (1). Ce que nous avons dit de Tindustrie tertiaire et des types de Thenay et de Saint-Prest suffit à démontrer que la taille a été tout d'abord appliquée aux pierres par rhomme. On a d'ailleurs découvert à plusieurs reprises des hachettes dans les couches inférieures de cette rive de la Seine, à Clichy, par exemple, où M. Lartet a trouvé le premier, dans les graviers à elephas antiqmis ei primigenius , une hache taillée. Levallois doit donc renoncer à représenter une époque spéciale dans l'histoire des premières sociétés européennes. Il lui restera l'honneur de donner son nom à l'un des types les mieux accusés de l'âge du mammouthy le type de Levallois, caractérisé^ au point de vue spécial auquel nous nous plaçons, par Vimportance relative des lames et des couteauT. Ce type est représenté dans la vallée de la Somme par Menchecourt, dans celle de la Seine par Poissy, Le Pecq, Neuilly, Clichy, etc., etc.
Tjpe de Clermont-siir-Arlége.
Pendant que Boucher de Perthes plaidait énergiquement dans le nord de la France la cause de l'ancienneté de notre espèce, un professeur de Toulouse, M. le docteur J. B. Noulet, explorait attentivement les dépôts quaternaires des bassins de la Garonne et de l'Ariége, du Tarn, du Lot et dir Gers. Dans une note présentée en 1853 à l'Académie de Toulouse, il énumérait les fossiles découverts dans ces terrains et soutenait la coexistence de l'homme avec Velephas primigenius, le rhinocéros tiéhorinus, le felis spelœa, etc. , qu'il avait rencontrés dans les couches post-pliocènes (2).
(1) Hi'boux, Silex taillés associés à des ossements fossiles dans les terrains quaternaires des environs de Paris, (Congr, Internat, , 2* sess., Paris, 1867, p. £03 et suivantes.)
(2) J.-B. Noulet, Note sur les dépôts pleistocènes des vallées sous-pyrènéennes ti iur les fossiles qui en ont été retirés, (Mém, Acad , Toulouse, 4« sér,, t. IV, P- 125, 1854.) — Cf. J.-B. Noulet, Note sur des restes de cheval et de cerfdécoU» ^erlsà Toulouse. (IMd,, t. V, p. 156, 4855). - Etc.
193 TYPE DE CLERMONT-SUR-ARIÉGE. [Chap. VII
Cette note parait avoir été mal accueillie au sein de ce corps savant» et les conclusions de M. Noulet, quoique soutenues par M. Joly qui, plus de vingt ans auparavant, avait défendu la même cause à propos des fouilles de Nabrigas, n'ont été acceptées que bien plus tard, lorsque l'étude des terrains de la Somme eut démontré la contemporanéité de rhomme et des grands mammifères quaternaires dans cette vallée (1).
Les faits sur lesquels M. Noulet s'appuyait sont les suivants. Dans un vallon voisin de Toulouse, creusé aux dépens des lits horizontaux des terrains miocènes, existe une couche formée de sable jaune grossier et de rognons ou galets enlevés aux terrains tertiaires voisins : cette couche, recouverte d*une nappe argilo-sableuse analogue au limon ou lehm de la vallée du Rhin, a reçu, en raison de ce rapport stratigraphique, le nom de dépôt sous4ehmieH. Dans les graviers qui la composent se sont rencontrés Velephas primigenius, le rhinocéros tichorhimUf le felis spelœa^ le megaceros hibàrïiicttëy un cheval et un bœuf, ainsi que des cailloux en quartzite de provenance pyrénéenne. De telles pierres, complètement étrangères aux alluvions dont on les exhume, auraient suffi à démontrer l'antériorité de l'homme par rapport au dépôt étudié par M. Noulet, si d'ailleurs les quartzites de Clermont-sur-Ariége n'avaient été taillés. Les formes qu'ils affectent sont le disque dont nous avons donné plus haut la description et fait connaître Textension géographique, le coin triangulaire grossier et Véclat.
Le disque prédomine ; comme l'importance relative de cette forme se retrouve dans d'autres stations du Midi (vallées de la Hize (Noulet), de la Sausse, de la Ceillonne (V. d'Adhémar), contemporaines des grands mammifères éteints; nous croyons pouvoir élever au rang de type, le gisement de Clermont, caractérisé par l'importance relative des disques ou rondelles (fig. 30, p. 187), et se rattachant par l'intermédiaire des gisements de bas niveaux de la Seine, où cette forme n'est
(i) Voir, sur ce sujet, un rapport do M. lo prol^sseur Iléljert. (Re». Soc. Sav„ 1862.)
Chap. VU] OSSEMENTS INCISÉS DES BAS NIVEAUX. 199
pas rare (Levallois), aux types de la Somme dans lesquels le disque ne joue plus qu'un rôle tout à fait secondaire.
Oasemento Incisés des bas niveaux.
A quelque type qu'elles appartiennent, les stations de ïdtfe que nous étudions peuvent contenir, à côté d*os plus ou moins abondants, roulés ou non, entiers ou fracturés par quelque cause naturelle, un petit nombre de débris de squelettes d'animaux portant la trace des divers instruments de pierre dont nous venons de tracer la description. Nous avons vu (1) que les sauvages habitants de la France centrale à répoque miocène ont laissé sur l'halitherium de Pouancé la marque de leurs grossiers outils , et que les ossements des dépôts pliocènes de Saint-Prest et du Val-d*Arno présentent fréquemment des entailles et des stries , que Faction humaine peut seule expliquer. Les pièces quaternaires de cette nature diffèrent peu, en général, de celles des temps tertiaires dont nous avons donné la description. M. Ed. Lartet auquel, ainsi que nous l'avons dit, la paléontologie humaine doit les premiers renseignements sur ce sujet (2), a découvert en effet, sur un certain nombre, d'ossements recueillis dans la vallée de la Somme, des incisions linéaires. Le rhinocéros à narines cloisonnées, le cerf de la Somme (C. Somonensis), le cerf commun lui en onf successivement offert des traces. Boucher de Perthes a fait quelques observations du même genre (3) . Or Tôrigine quaternaire de ces divers ossements incisés était parfaitement authentique, et les dépôts dont on les avait extraits, parfaitement définis.
Dans le bassin de la Seine, il en était de même : les os étudiés par M. Lartet provenaient en partie du creusement du canal de TOurcq. Alexandre Brongniart avait donné la des-
(1) Cf. p. 58.
(2) Voyez plus haut, p. 35.
(3) Boucher de Perthes, op, cit„ t. [\\, p. 245, elc.
300 OSSKUENTS INCISES DES BAS NIVEAUX. I;Chap. VII.
cription détaillée des terrains qu'il considérait comme d'une plus haute antiquité que ceux des vallées, et Cuvier avait ligure ou mentionné les pièces dans son grand ouvrage (1 ). Les fragments de l'aurochs de cette provenance montraient t des incisions vraiment profondes faites apparemment par un instrument à tranchant courbe et inégal i (2), et la portion de crâne de Megaeeros Hibemiais du même gisement profond présentait t des marques significatives de mutilations et d'écorchures d'animal récemment tué. » Dans ces deux derniers cas, les coupures des os ont quelque chose de spécial. C'est un tranchant courbe « avec de petites inflexions transverses » qui, pour M. Lartet, a fait les incisions des os du canal de l'Ourcq, ce qui s'applique exclusivement à certains instruments de l'âge du mammouth, haches, disques, racloirs, etc. Ces divers outils sont encore probablement les agents mécaniques qui ont entamé quelques-uns des ossements recueillis par HH. Reboux et Uartin dans le même bassin.
Des faits de même ordre ont été observés dans le midi de la France. M. Combes, par exemple, a signalé dans une gravière, à Boyer (Lot), avec un squelette presque entier à.'el€pkas primigenius, des os d'herbivores qui portent des fractures spéciales (3). Nous avons déjà dit que des ossements de megaeeros, recueillis en Angleterre et en Irlande, portent également des empreintes bien marquées (4).
(1) Alei. Brongniarl, Dtuript. det envir. de Para, p. 862, pi. I, A., fig- W, Paria, ISiî. in-V.— Cuvier, Ou. fou., t. IV, pi. 6, Gg. 9, 18Î3, in4°.
(S) Ed. Larlet, On tKt coexitlence ofmanœith certain extinet Quadruplât povei by fouit Bonet, (rom vorioui jileiilocene depotUt, bearing inciiioiu mait bg tharpintlrtimeHU. IProceedingi of Ihi Geat. Soe. of London, t. XVI, p. 471, 1S60.) — Cf. Bull. Soc. Géol. de Fr., i' sdrie, 1. XVII, p. 49Î. 1860.
(3) Combes, Études géotogiguet lur l'ancienneté de iliommt... dam te$ volliet du Lot et de tet af^uentî, Agen, ISdS, ht. in-8°.
(i) Vo jei plna haui, p. 36 — Dans une now annesëe ïo mëmoira de M. Ed. Lartel, que ddus venons U'anjlyser, il eal dil qn'nn tronc de chine, nirail il'iine farSI submergée à Slrai;dhall, parlait des (races de UachelU. Nous ignoroni uidllieur«u3emeal l'âge de ce gisement. (Lot. cit., p. 344.)
Chap. vu.] fossiles KT CAILLOUX PERFORÉS. 201
FiMMiles ci eallloiix perforés.
L'action humaine se traduit encore dans les aiiuvions de bas niveaux, par l'utilisation de certaines pierres et de certains fossiles, tantôt à titre d'ornements, tantôt comme instruments. Ces derniers sont beaucoup plus rares, ce sont généralement des cailloux naturellement percés, dans la cavité desquels l'homme primitif a introduit un manche et qu'il a transformés en marteaux. Le trou de la pierre était-il insuffisant, l'artisan fossile, à l'aide d'un silex, agrandissait l'ouverture jusqu'à lui donner les dimensions qui lui étaient nécessaires. Le musée de Saint-Germain possède des pièces de cette nature trouvées dans la vallée de la Somme, par Boucher de Perthes ; à Levallois et à Neuilly, par M. Reboux ; M. Ém. Martin en possède quelques autres des bas niveaux de Grenelle.
A côté de ces percuteurs, nous devons mentionner avec un point de doute les silex à cavités accidentelles, qui, plus ou moins taillés d'un côté, ont pu, comme le croit Boucher de Perthes, servir de vases (1) aux peuplades sauvages de la vallée delà Somme (?). Les ornements trouvés dans les aiiuvions à elephas primigenius sont des pièces d'enfilage, fabriquées avec des cailloux ou avec des fossiles de la craie, que les paléontologistes désignent sous les noms de coscinopora globularis, A'orbitolina concava, etc. Rigollot (2) le premier les a signalés à Saint- Acheul où. ils sont abondants (musée du Louvre, de Saint-Germain, de Cluny), et parfois il les trouvait ensemble souvent agglomérés dans un petit espace ; Goubert et M. Gaudry en avaient ainsi rencontré dans la vallée de la Somme (3). M. Beaune a fait au Pecq de semblables découvertes. Ces fossiles peuvent être trouvés intacts dans le
(1) Boucher de Perthos, Antiquités Celtiques et Antédiluviennes, t. Ul, p. 4()7, et pi. IX, fig. 8, 9 et 10.
(2) RigoHot, op. cit.t p. 16.
(3) Cf. BulL Soe. Géol. de Fr„ 2« série, t. XVH, p» i7, i860.
802 FOSSILES ET CAILLOUX PERFORÉS, ETC. [Chap. VIL
quaternaire comme dans la craie ; quelquefois le trou qui les traverse est d'origine naturelle, ou bien il est incomplet. Mais sur un grand nombre de ces coscînopores, on voit une large cavité artificielle (1) qui a semblé à Rigollot fournir la preuve d'un enfilage comparable à celui des grains d'un chapelet. Le trou central serait d'ailleurs constamment naturel, ainsi que l'ont pensé quelques archéologues, que cela ne prouverait pas que ces fossiles accumulés en petits tas dans certains points des bas niveaux des rivières et tous perforés, n'aient pas été utilisés comme bracelets, comme colliers, comme chapelets même par les indigènes quaternaires des vallées de la Somme, de la Seine, etc.
Ajoutons que des pièces semblables ont été ramassées à Korsabad, dans les fouilles de Ninive, et que M. H. Miine Edwards a reconnu dans la collection déposée au Louvre une espèce, au moins, identique à celle de nos alluvions profondes (2).
L'usage de semblables ornements s'est maintenu très-tard sans doute, car dans une sépulture de T&ge du fer à Equihen, nous avons trouvé associées à une rondelle en p&te de verre d'un assez beau travail deux coscinopores perforées.
M. Emile Martin suppose que des pierres remarquables par leurs formes bizarres, leurs couleurs variées, certains hasards de cassures ou de perforation ont pu être apportées par l'homme dans les gisements de Grenelle où il les rencontre assez abondamment répandues. Cela n'est pas impossible : nous verrons, en effet, qu'en Belgique, M. Dupont a reconnu de véritables collectionneurs d'échantillons d'histoire naturelle dans quelques troglodytes de la vallée de la Lesse. Les pierres de M. Emile Martin pouvaient être aussi précieuses pour nos amateurs de Grenelle que les fossiles miocènes de la Marne et de Seine -et-Oise pour les naitiralkles des grottes de Chaleux, de Furfooz, etc. (3).
(I) Gh. Lyell, Ane,, 2* éd., p. 129 elfig. 14. (î) Cf. Urtet, op. cit. {Ann. Se. Nat., 4« série, t. XV, p. 183.) (3) Cf. Ed. Dapont, Ethnographie de l* homme de l'âg$ du Rônw, elc., p. 40 et 41,
Ghap. VILJ OSSEMENTS HUMAINS DES ALLUYIONS DE CET AGE. 203
Seulement remploi de ces coquilles, natices» cérithes, pétoncles, etc. y est attesté par les perforations qn'eUes ont subies, il n'en est pas de même des bijoux de M. Martin, dont lutilisalion reste encore à démontrer.
iinde d«« ossements hmnaliis Ironies dans les allnirloBs de
l'Age dv BMimiiieath.
Les monuments de l'histoire de l'homme quaternaire ancien sont extrêmement abondants, on rient de le voir ; mais autant les instruments de son travail se r^sicot&trent fréquemment dans certaines couches de bas niveaux, autant sont rares ses propres restes dans les mêmes gisements. Cette rareté s'explique, en grande partie, par les causes multiples qui s'unissent pour détruire les débris organiques on général dans les dépôts de transport, et auxquelles certains os très-solides de grands animaux savent presque seuls résister (1). Le squelette de Thomme se trouve, en présence des âges naturels, dans les mêmes conditions, ou peu s'en faut, que ceux du loup, du sanglier, du chevreuil, du blaireau, et qui ne figurent que depuis bien peu de temps dans la première faune post-pliocène (2). Comme ces animaux, il avait échappé presque toujours aux observateurs.
Ajoutons que lorsque ceux-ci signalaient pa^ hasard sa présence dans des couches de cet âge, les influences d^école dont nous avons précédemment parlé (3), l'avai^it fait rayer sous prétexte de remaniements des catalogues paléontolo* gique&
¥allécs da Bhtn et de ses afflaents.
Jœger, H. de Meyer, Ami Boue, Crahay, et quelques autres naturalistes encore avaient exhumé des dépôts anciens des vallées du Neckar, du Rhin, du Schutter, de la Meuse, des
(1) Cf. Lyell, Ane,, 2« éd., p. 159. — Troyon, IHamme fotsU^, Uusaniie, i867, in-8s p. 29-33, etc.
(2) Lubbock, op, cU,, p. 283.
(3) Voyez plas haut, p. 33.
201 CRANES DE LAHR, DE MAASTRICHT, [Cuap. VII.
débris humaiDS intéressants. Grâce aux préjugés auxquels nous faisons allusion, Tanatomie n'en a point encore été donnée.
La découverte de Jœger attestait la contemporanéité dans les gisements quaternaires de Canstadt, près Stuttgard, des ossements de l'homme el de ceux des ours, des hyènes, des éléphants, etc. (1). H. de Meyer avait reconnu sa présence dans des conditions analogues à Mosbach, près Wiesbaden (2). Nous ignorons ce qu'étaient, dans l'un et dans l'autre cas, les restes humains trouvés par ces deux paléontologistes.
Il en serait de même de la trouvaille deLahr, si, gr&ce à l'intervention de Gratiolet, M. Prûner-Bey n'avait pas donné un coup d'œil rapide à la caisse qui, depuis 1823, dissimule ces os dans un grenier du Muséum. Quant aux découvertes des environs de Maëstricht, nous ne possédons qu'une brève notice insérée par M. Spring dans les Bulletins de l* Académie Royale de Belgique pour 1864. C'est à Taide de ces matériaux et de ceux que M. Faudel a recueillis à Eguisheim en 1867, que Fon pourra tenter, un jour, la reconstitution de l'homme fossile qui fut contemporain de la première faune quaternaire dans les vallées du Rhin et de ses affluents. En l'absence de descriptions précises, nous serons contraints d'être brefs sur ce sujet.
Comme le cr&ne de Stângenâs (3), ceux de Lahr, de Maëstricht, d*Eguisheim sont dolichocéphales. Du premier nous ne savons pas autre chose, sinon qu'il est féminin et qu'il rentre dans le groupe celtique de M. Prûner-Bey, groupe auquel semble déjà appartenir le crâne des couches soulevées duBohuslân dont il vient d'être question. Nos renseignements sont moins vagues sur les autres crânes des mêmes dépôts à mammifères éteints.
M. Spring nous dit, en effet, que sur le crâne trouvé en novembre 1860, par M. de Binckhorst, dans le Umon ou
(4) G. F. Jœger, Ueber die fomlen Sàvgelhiere, elc, 1839. — Voxe» A. d*Archiac, op. eiL {Rev, Cours Scient, , 1. 1, p. 422).
(2) Neu Jahrb., 1839, p. 78; 1841, p. 241; 1843, p. 683.
(3) Voyez plus haut, p. 129.
Chap. Vil.] DE GABËR6, D'ËGUISHEIM. 205
lehm de la Meuse, les arcades sourcilières sont très-fortes et rapprochées de la ligne médiane, les orbites grandes, ovales, obliques, le front bas et étroit, enfin que « la suture coronale se trouve de plusieurs centimètres plus en arrière que de coutume » (1).
L'os frontal trouvé par Crahay à Caberg coïncide, suivant M. Spring, avec celui de M. de Binckhorst et présente les mêmes caractères d'aplatissement et de saillie des arcs sourciliers (2). Il ressort enfin de la description du docteur Faudel que le fragment de crâne trouvé dans le Ichm à Eguisheim
Fig. 39.
EGUISHEIM NEANDERTHAL.
^ 39. ^Fragment de crâne humain trûavé dans le lehm, ii Eguisheim (Haul-Rhin). {Bull. Soc. Anthrop., 2« série, t. II, p. 130.) ^ pointillé indique le contour du crâne de la caverne de Neanderthal dont il sera question
dans le chapitre suivant.
avec les restes du mammouth, d'un grand cerf indéterminé, d'un cheval et d'un bœuf, présente aussi la saillie considérable des arcades sourcilières, Taplatissement marqué du front qui est en même temps étroit (3), enfin rallongement
(i) Spring, Les Jiommes d^Engû el let hommes de Chauvaux. {BulL Acad, Roy, àe Belgique, t. XVIU, p. 491, 1864.)
(2) Spring, toc, cit., p. 492. — Gf. Lyell, Ane., 2« éd., p. 377, note 1.
(3) Le3 seules mesures utiles que donne ce fragment crânien sont les suivantes : le diamètre frontal minimum, qui se prend entre les deux poinis les plus rapprochés en avant des lignes courbes temporales (Grull, etc.), et qui est seulement de 92""" ; et la courbe frontale qui atteint 135""», divisée en sous-
206 CRANE D'EGUISHEIM. [Gbap. VIT.
général des os de la voûte dans le sens antéro-postérienr qui caractérise les dolichocéphales (1).
Il faudrait ajouter à ces caractères tirés de Texamen des crânes, ceux qu'a fournis Tétude de la face, dans le seul cas où cette région n'avait pas été détruite. Ils sont malheureusement exposés en des termes si vagues, qu'il n'y a rien à en tirer au point de vue de l'anatomie comparée des races humaines, M. Spring s'ctant borné à constater que la face est bien développée et que la mâchoire inférieure circonscrit un espace très-large. Tout ce que nous savons du maxillaire inférieur trouvé av«c cette tête, par M, de Binckhorst, c'est qu'il est en pointe triangulaire et que les dents incisives sont insérées obliquement. La seconde mandibule, découverte par Crahay en 1823, et déposée au musée de Leyde, n'a pas encore été décrite.
Une race dolichocéphale, dont Tétude anatomique est encore bien imparfaite, a donc peuplé exclusivement les vallées du Rhin et de ses affluents à Vdge du mammouth y et elle s'y est si anciennement établie, qu'à Lahr, 24 mètres de dépôts alluviaux ont pu, suivant M. Ami Boue, se superposer à des débris humains qui lui appartiennent (^. En Italie, c'est encore un individu susceptible d'être rattaché à cette même race, dont nous allons rencontrer le crâne malheureusement mutilé dans la tranchée de l'Olmo.
CrAne de l*01iiio.
Cette intéressante pièce a été découverte dans les travaux de construction du chemin de fer d'Àrezzo, le 16 juin 1863 (3).
cérébrale (25**) et en cérébrale (iiO*»). On sait que ces deux parties du fronlal sont limitées par la ligne borizontaie qui joint un point fronrtal minimam à l'autre. L'épaisseur maximum de cette voûte est de iO à 11 millimôtres.
(1) Faudei, Noie iur la découverte d'otsements fouUee humains dans le lehm de la vallée du Rhin, d Eguitlieim, prêt Colmary Extrait des ^12. Soe. HisU Nat. de Colmar. Coimar, 1867, br. in-S», p. 8. — Ces mêmes caractères existaient sur un crâne ramassé dans le diluyium d'ingolheim et présenté aux naturalistes réunis à Giessen (Y. Meunier. Rev. Scient, de ïOpinion Nationale du 6 noTembre 1866).
(2) Cf. Ch. Lycll, Ane,, 2* éd., p. 373, n.
(3) I. Cocchi, Luomo fostile neW Italia Centrale, Milan, 1867, in4% p.
Chap. Vil.] CRANE DE L'OLMO. 207
Il gisait avec un petit fragment de face, une belle pointe de lance ou de flèche en silex, et un peu de charbon de bois, à une profondeur de 15 mètres environ, dans une argile lacustre qui contient des restes de ]a faune post-pliocène (défense d'éléphant, mâchoire inférieure de cheval fossile (var. Larteti), et à laquelle sont superposés, sans remaniements aucuns, les sables et les cailloux ferrugineux du post-pliocène inférieur ou supérieur (1), un iehm ou limon souvent dénudé, enfin les alluvions plus ou moins importantes, rapportées par M. Cocchi à la période récente.
Le terrain est caractérisé ^éologiquement par les rapports stratigraphiqiies qu'on vient d'énumérer, paléontologiquement par les animaux éteints qu'on a nommés, arcbéotogiquement pas la pointe de silex représentée par M. Cocchi dans la planche III de son beau mémoire, et qui ressemble complètement aux pointes de lance de la Somme, de la Seine, elc (2). Le crâne appartient donc assurément au premier âge quaternaire dont nous faisons le tableau rapide. Gomme les crânes anciens de même date relative, extraits de divers points de la vallée du Rhin, ûesidolkliacépMe.
Ce caractère si important lui avait été tout d'abord refusé, par M. Yogt (3^^ qui, trompé par une déformation subie par les os crâniens sous des influences posthumes, lui avait assigné un indice céphalique dépassant 85 (4). M. Cocchi lui avait attribué 1 indice 86,5. Et cependant de Texamen des planches, publiées par ce savant, il semblait ressortir que la pièce dont il est ici question possède très-réellement la forme dolichocéphale ; nous nou% sommes efforcé de démontrer (5) que ces deux chiffres correspondent à peu près à l'indice du crâne déformé, mais que le même rapport sur le crâne, rétabli dans sa forme naturelle, doit approcher beaucoup du chiffre 73.
(1) M., tftèd., p. 60.
(2) Voyez pJus haut, fig. 31, 32, p. 4?8, i90.
(3) C. Vogt, Sa alcuni antichi cranii umani rinveauti in Ilalia, br. in-8o. Tarin, 1866 et Bull. Soc, Anthrop, de Paris, %• sér., t. î, p. 62 et saiv., 1866.
(4) Voyez plus haut, p. 129, n. 2.
(3) E. T. Hamy, Étude sur le crâne de VOlmo, {Bull. Soe, Anthrop. de Paris, 2* sér., t. III, p. 112, 186S.)
208 CRANE DE L'OLMO. [Chap. VIL
L'examen détaillé du crâne vient à Tappui des conclusions auxquelles nous nous sommes arrêté ; la prépondérance marquée des dimensions antéro-postérieures de chaque os sur ses dimensions transversales, la longueur du frontal en particulier de la racine du nez au bregma, la forme de la ligne d'insertion du muscle temporal indiquent manifestement une dolichocéphalie comparable à celle du crâne d'Eguisheim précédemment décrit et figuré.
Comparable à cette pièce comme aux autres pièces de même nature des vallées du Bhin, de la Meuse, etc., par rétendue relative de ses proportions d'avant en arrière, le crâne de FOlmo en diffère complètement dans sa région frontale qui, au lieu d'être déprimée et comme fuyante, est relativement élevée. A la place des sinus développés de la première, nous trouvons,. sur la seconde, des arcades sourcilières à peine indiquées, au lieu d'un front étroit de 94 millimètres de largeur {diamètre frontal minimum), un front large qui mesure 110 millimètres à peu près.
Ces variations sont-elles de nature à faire supposer que le crâne de l'Olmo appartienne à une race différente de celle qui peuplait vers les mêmes temps les rives du Rhin? Nous ne le croyons pas. Si nous étudions en effet la conformation du crâne d'un certain nombre de sujets de races que leur isolement a permis de se développer pendant de longues années, pures de toute espèce de mélange, nous verrons se produire des variations très-étendues. Chez les Australiens, par exemple, examinés par M. Huxley, chez les Lapons dont M. Bertillon a donné la description, on observera d'un individu à un autre individu, d'un âge à un autre âge, d'un sexe à l'autre sexe, des différences considérables.
L'étude d'un certain nombre de crânes de race dolichocéphale néolithique (celtique de M. Prùner), voisine de celle à laquelle appartiennent en partie du moins les individus fossiles dont nous faisons la description, nous a conduit à penser que c'est l'influence du sexe qui s'est traduite par l'atténuation des saillies du frontal, chez l'individu vraisemblablement féminin que M. Igino Cocchi nous a fait connaître. Quant
Chap. VII.] OSSEMENTS HUMAINS DE DENISE. 209
aux différences de capacité des lobes frontaux, accusées par récart, entre les chiffres qui représentent les diamètres frontaux, on sait que les variations individuelles suffisent à rendre compte de divergences énormes.
Il nous reste, pour avoir terminé la description du crflne de rOlmo, à faire connaître en peu de mots une disposition spéciale que présentait dans sa moitié postérieure la suture sagittale. Nous voulons parler de la dépression qu'on observe dans cette région, sans que Tétat des sutures la justifie, dépression que nous retrouverons plus ou moins marquée sur d'autres crânes réputés contemporains de celui-ci, et dont il sera question plus loin (1).
OMiements homaliia de Denise.
Si les renseignements, assez vagues d'ailleurs, qui nous ont été communiqués sur les ossements fossiles de Denise, près le Puy-en-Velay, sont exacts, les individus auxquels ont appartenu les fragments de crânes que Ton possède de cette localité sont encore dolichocéphales. On sait que ces débris, considérés par Aymard, et quelques autres géologues, comme contemporains de Velephas meridionalis , de ï hippopotamus major, de Vhyena brevirostris, sont rattachés par d'autres observateurs, MM. Pomel, F. Robert, etc., à la faune post-pliocène qui vivait au moment des dernières éruptions volcaniques.
M. Félix Robert a fait remarquer que les tufs légers et poreux, résultat des derniers phénomènes volcaniques de Denise, qui
(1) Il convient de rapprocher de la déconverte signalée par le professeur Cocchi celle du docteur Bleicher. Sous une alluvion argileuse et caillouteuse de deax môtres et demi de hauteur, située à 4 kilomètres de Rome, sur les bords de l'Almone, ce naturaUste a découvert, en présence de M. de Yerneuil, un cr&ne ^main parfaitement intact, avec sa mâchoire inférieure, deux omoplates brisées, un humérus, des côtes et des vertèbres. Ces ossements n'ont pas encore été décrits. « L'étude du gisement faite avec soin, dit M. Bleicher, a démontré que la couche où se sont rencontrés ces os, qiui sont d'ailleurs assez bien fossilisés, a été formée à une époque ancienne où le ruisseau qui n'est plus qu'un mince filet d'eau, même en hiver, était capable de former de puissantes alluvions sur ses deux rives. > (Bleicher, Eisai d'une monographie géologiqw du JHontSaeré, qu^l' ques mots swr Vaneienneté de l'homme dans la vallée de l'AniOm BuU, Soc, Hist ^aU de Calmar. 5« année, 1864, p. 159.)
BAMT. — PALÉONT. HUM. 14
210 OSSEMENTS HUMAINS DES BAS NIVEAUX DE PARIS [Chap. VII.
contiennent les os humains dont nous parlons, renferment non loin de là, avee des restes d'hippopotame, des débris d'une hyène des cavernes (1). Nous savons déjà que cet animal est caractéristique de l'époque post-pliocène ancienne. Les fragments de crflnes humains dolichocéphales renfermés à Denise, dans le même tuf qui contient les €te de cette hyène, appartiennent don€ à Ydge que nous étudions ici.
Osscmeato kuwalas des bas ttlTcawK dm bassin parislea.
Crâne de CUehy.
Ce n'est que dans certaines alluvions de bas niveaux de la Seine qu'on rencontre associés à des débris humains plus ou moins caractérisés comme dolichocéphales, quelques ossements, peu nombreux d'ailleurs et très-ffàgmentés, qu'il est possible de rattacher au groupe brachycéphale. Ce mélange de racés a été surtout ôbselrVé dans les gisements de la rive droite de la Seine, exploités par M. Reboux.
Où renrarqucra d'aiUeurs qùè, dans les couches les plus profohdes, l'homme fossile dolichocéphale est éiicore seul, et ce n'ieèl qu'un peu plus haut, et par conséquent plus tard, qu'il se jùïtapôse au bracfaydSphàlè.
Le 18 avril 1868, M. Eugène Bertrand déc(Mivtait à nne ptoftrtldëûr de 5";*5, dMts une "Ctarière de Clichy, une voûte de cràtoe fatlânàin Jprél^qùe eompflètè et (![uelqties ds ^es membres (2). Cëstiébris avaient été Recouverts pâï un ^aridïioinbre de eouchesnon remàirïées de sabl^, d'argiles et de cailloux (3).
^4) Cf. Gh. Lyell, Ane., 2» éd.
(2) E. Bertrand, Crâne et ostemenU trouvé» dans une carrière de Vavenue de Cliehy. {Bull. Sœ. étAnJthrop. de Paris, 2* série, t.^lU, p. 33i.) — Voyez la dis6tiS^dn (|tii a sniti cette commanicafioti «t deux petites notes de MM. Broca et PrtUlïf^Bey sur la même pièce, insérées daifS'le Mme volume, p. 363, 374 et 406. ^ Cf. 'Belgrand, op. cit., pi. XLYUI etXLViH bis, fig. I et 2.
(8) la carrière de Clichy, d'où prôtiennent les ossttneitts décfrîts' ci*ootttrei présente à sa conpe :
i» Terre végétale O»,70
!• Dilvlviûmrouge 0»,9Ï
3* Sables fomes plus on moinsafgifetii (iûêss inférieur), avec
petites tMiides d'argile î-,68
4« BUMUm gris 1 ■, i5
Cest dans tino petite bande de sable touge&tre subjacente à ces ilSeeUtimôtres de diluvium que M. Eugène Bertrand a fkit sa troarailte.
Ghap. VIL] CRANE DE CUCHT. 211
Au même piveau se rencontrent souvent dans la carrière des débris d'éléphant, de rhinocéros, de cheval, de bœuf et de cerf, la voûte restaurée, d'apparence féminine, se compose de fragments importants du frontal et des pariétaux, de l'écaillé occipitale presque entière, et de la plus grande partie du temporal droit. Assez allongé d'avant en arrière, pour fournir un indice égal à 67 ou 68, le crâne de Clichy, auquel manque malheureusement la portion cérébrale du frontal, est bas, étroit et fuyant d'avant en arrière. Il présente dans sa région pariétale la dépression postérieure de la suture sagittale précédemment indiquée. Ses lignes musculaires occipitales sont peu marquées, son trou occipital reculé en arrière. Le conduit auditif est petit, l'apophyse mastoïde, courte et arrondie; l'épaisseur des os est énorme, elle atteint 14 et 15 millimètres sur le frontal, enfin les sutures sont simples ; caractères d'infériorité très-frappants, qu'on retrouve sur quelques crânes anciens, et qui sont habituels chez un certain nombre de primates voisins du ^enre humain par leur anatomie.
Cette infériorité manque au fémur, qui s'exagère dans un sens opposé en développant énormément sa ligne âpre ; elle
Fig. 40.
ii'ig. 40. — No 1. Coupe transversale df«n tibia ordinaire au niveau N du trou nourricier; Al, face interne sous-cutanée; IN, surface du poplité; NE, surface du jambier postérieur. N* i. Coupe au même niveau d'un tibia platycnèmique (même sigiiflcalion des lettres).
se retrouve sur le tibia, ait platycmémiqi^, parce que, comme celui de l'an^thropomorphe , il est aplati latéralement , de manière à simuler une lame de sa^bre di:oit (fig. 40) , dont le bord tranchant serait clirigé en avant. Ce dernier caractère sur
318 DÉBRIS HUMAINS DE LA RÉVOLTE [Chap. Vil.
lequel, à notre sens, on a trop insisté, se retrouve à peu près au même degré sur presque tous les fossiles, à quelque race qu'ils appartiennent d'ailleurs, dont le squelette des membres a pu être étudié jusqu'à présent. Nous aurons l'occasion d'y revenir plus tard.
Un peu au-dessus de la couche ossifère que M. Eugène Bertrand a fait connaître, s'en trouve une autre d'origine postérieure, dont M. Beboux a tiré tout le parti possible dans ces derniers temps. A ce niveau apparaît une race encore inconnue jusque-là, et qui prendra bientôt une place importante dans les temps quaternaires. C'est l'une des races qui constitueront le groupe mongoloïde de M. Prùner-Bey.
Autres débris humains de la RéTolte, de la Chamalère
et de Gllchy.
Plus heureux que les observateurs qui l'avaient précédé, M. Reboux avait recueilli à diverses reprises dans les bas niveaux de la Seine des fragments de squelettes humains, qu'il a bien voulu nous communiquer. Des trois petites séries de pièces que nous a transmises cet observateur, la première n'a malheureusement aucun autre intérêt que celui de confirmer par la présence des débris de l'homme dans cette couche ossifère sa contemporaineté avec les mammifères éteints, tant de fois prouvée déjà par la découverte des produits de son industrie. Cette première série, recueillie route de la Révolte à 4 mètres de profondeur, ne se compose en effet que d'un fragment de pariétal gauche, et de la partie correspondante de l'écaillé occipitale, qui ne présentent rien de particulier ; leur épaisseur est moyenne (6 à 7 millimètres) et les sutures sont aussi compliquées que dans nos races actuelles.
La seconde série, recueillie route de la Chaumière à une profondeur de 5 mètres, est plus instructive ; cependant les pièces qui la composent proviennent en majeure partie d'un enfant, et l'étude des os en voie de développement, incomplète encore pour nos races actuelles d'Europe, n'est pas
Chap. vu.] et de la route DE LA CHAUMIÈRE. 213
même à Tétat d'ébauche, en ce qui concerne les races anciennes de nos contrées. Le maxillaire inférieur presque complet annonce un enfant de sept ans environ. Cet arc osseux est relativement fort. Son épaisseur au menton est de 44 millimètres, au niveau des molaires en voie d'éruption elle en atteint 15. La branche montante est inclinée à 50^ sur la branche horizontale, et l'union du bord postérieur de l'une au bord inférieur de l'autre plus ou moins anguleuse dans la plupart des cas, se fait ici par une courbe assez régulière.
La cavité sigmoïde est d'ailleurs plus profonde, l'apophyse coronoïde plus allongée et plus inclinée en dehors, l'angle inférieur plus courbé en dedans que chez la plupart des enfants du même âge dan^; nos races européennes ; les empreintes musculaires sont aussi plus marquées, les crêtes myloïdiennes plus saillantes, enfin les lignes maxillaires externes beaucoup plus accusées. Les incisives sont implantées dans le maxillaire obliquement de haut en bas, et d'avant en arrière, de façon à donner naissance à un prognathisme dentaire qui devait être bien plus accentué à la mâchoire supérieure.
Remarquons enfin que la longueur du diamètre interangulaire de cette mandibule est assez considérable, pour avoir fait supposer à quelquea anthropologistes que l'individu dont nous étudions les fragments fut brachycéphale. Nous nous sommes convaincus par l'étude attentive d'un certain nombre de mâchoires dont nous possédons les crânes, que les relations entre l'écartement des branches montantes et l'importance que prend le diamètre transverse maximum, ne sont pas aussi intimes qu'on a bien voulu le dire. Mous avons tout lieu de croire, au contraire, que cette mâchoire inférieure, qui présente bien des traits de ressemblance avec celles des sépultures néolithiques, a appartenu comme celles-ci à un dolichocéphale. ,
Deux morceaux d'occipital et de pariétal ont été recueillis en même temps que les mandibules que nous venons de décrire. Ils semblent avoir appartenu à un même sujet. Quelques points seulement attirent l'attention sur ces débris ;
914 OSSEMENTS DE LÀ ROUTE DE LA CHAUMIÈRE. [Chàp. YII.
la complication des sutures d^abord, qui en dépit des opinions de M. Schaaffhausen (i), ne sont pas moins grandes que dans la pièce mentionnée plus haut, puis l'existence d'une dépression transversale de la largeur de près d'un doigt, coupant horizontalement l'occipital au-dessous de l'inion, et le pariétal, entre sa bosse et son bord temporal. Nous ne croyons pouvoir trouver d'explication satisfaisante à cette anomalie, que dans la supposition d'une déformation artificielle par pression exercée d'avant en arrière, comparable à celle que certains Européens, dignes* d'être rapprochés à ce point de vue des sauvages d'Amérique et d'Océanie, ont impunément pratiquée jusqu'à ces derniers temps (2).
Un dernier fragment, provenant d'un adulte (3), accompagnait les débris dont on a fait connaître ci-dessus les caractères anthropologiques les plus remarquables. C'est la moitié interne et inférieure d'un maxillaire supérieur droit comprenant les alvéoles des deux incisives, de la canine, des deux prémolaires et de la première grosse molaire qui, en raison de son allongement d'avant en arrière, du peu d'étendue de ses dimensions en largeur, nous parait devoir être rapportée à la même race à laquelle appartiennent les restes qu'on vient d'étudier. En eflet, ce qui reste de l'orifice nasal est long et étroit, les fosses incisives et canines, comme la saillie qui les sépare, s'allongent de haut en bas, sans presque s'étendre dans le sens transversal, enfin la voûte palatine est relativement peu développée en largeur et ce qui est demeuré intact de l'arcade alvéolaire prend une direction presque parallèle au plan médiaii vertical de la tête. Tous ces caractères anatomiques indiquent une face latéra-
(i) Congr, IntèrnaL, 3* sess.» 1867, p. 413.
(2) Cf. A. FoTille. Déformation du crâne résuUani de la méthode la plus générale de couvrir la tête des enfants. Paris, 1834. Br. in-S, avec pi. — etc.
(3) Noos aarions hésité à baser noire démonstration de la préexistence des dolichocéphales dans la yallée de la Seine si nettement établie d'ailleurs par la découverte de II. Etig. Bertrand, si nous n'avions en à notre diapositiMi <iae les pièces de la Route de la Chaumière ci-dessas décrites, extrêmement fragmentées d'une fossilisation inconvplôte et sillonnées d'empreintes de racines. Elles pourraient bien avoir été trouvées dans nne allavion remaniée. Cette observation ne porte, nous le répétons, que sur les pièces de la Route de la Chaumière, qui se rapportent à l'enfant de S^pt ans.
Ghap. vu.] ossements humains de GUGHT. 915
lement déprimée, qui devait accompagner un crftne à diamètre antéro-postérieur prédominant. Nous croyons donc pouvoir attribuer ce fragment À une race dolichocéphale, peut-être à celle dont les alluvions rhénanes nous ont conservé des vestiges (1). L'épine antérieure est modérément saillante et la fosse nasale se termine en avant par un bord tranchant, ainsi qu'on l'observe sur les faces des dolmens, dont se rapproche beaucoup ce curieux débris.
L'incisive moyenne est encore en place, et elle est tellement usée qu'une moitié de sa substance a disparu. Cette usure, ii%& paléontologique (2), se rencontre au même degré chez les individus de toutes races des deux périodes, archéolithique et néolithique. Nous l'avons observée sur un grand nombre de dents appartenant à des dolichocéphales de l'âge de la pierre polie (monuments mégalithiques d'Argenteuil, de Chamant, de Bougon, de Genay, ^.), aussi bien que sur celles des troglodytes brachycéphales des Ages quaternaires. Elle peut d'ailleurs se manifester, dès la première dentition, ainsi qu'on l'observe quelquefois aujourd'hui.
Une autre découverte de M. Reboux, à Clichy, vient de la démontrer d'une manière péremptoire. En effet, sur un maxillaire inférieur d'enfant de 7 à 8 ans, extrait de la même carrière dont M. Eug. Bertrand a exhumé le crâne que nous avons décrit, sur ce maxillaire, disons-nous, qui diffère de celui dont nous avons parlé tout à l'heure par l'exiguïté relative de ses dimensions, par une moindre saillie de son menton, par l'effacement de ses tubercules géni inférieurs, les deux molaires de lait sont horizontalement usées au point de rendre presque impossible l'étude des cuspides. La sablière qui contenait cette mâchoire de jeune sujet, avec une partie du fémur droit correspondant et une douzième vertèbre dorsale à peu près intacte, a fourni encore à 4°*,20 (1"25 par conséquent au-dessus du niveau où reposaient les os trouvés par M. Eug. Bertrand) différents fragments de crâne et un maxillaire inférieur d'adulte extrêmement intéressants.
(1) Voyez plus haut, p. 303 et suiv.
(2) Voyez plus haut, p. 65.
216 MAXILLAIRE INFÉRIEQH DE CLIGHY. IChap. Vil.
Ils représentent une race tout à fait différente de celle que les matériaux recueillis par MM. Ami Boue, Faudel, Cocchi, etc., nous ont permis de reconstituer en partie, et qui vivait seule dans la vallée de la Seine, ainsi que nous l'avons iit, pendant que se déposaient les couches les «plus anciennes de ses alluvions de bas niveaux. Nous voulons parler de cette petite race très-vraisemblablement brachycéphale, et rapportée avec raison au groupe hyperboréen, race qui intervient dans la faune quaternaire au moment où se forment les dernières couches des bas niveaux fiuviatiles, et où s'emplissent les grottes du deuxième groupe que nous étudierons dans notre prochain chapitre.
Quelques-uns de ses caractères fondamentaux, exiguïté de taille, réduction des diamètres antéro-postérieurs, conformation particulière du visage, se rencontrent dans les débris que nous a communiqués M. Reboux. lîe premier caractère est affirmé par un fragment de maxillaire inférieur de dimensions très-réduites, quoique provenant d'un pujet dont la dent de sagesse a commencé son évolution; cet arc osseux mesure seulement 18 millimètres de hauteur, au niveau de la seconde molaire. Par contre, il est d'une très- grande épaisseur, puisqu'il atteint 17 millimètres environ vers le même point, et présente des crêtes myloïdiennes bien marquées. Les dents qu'il porte encore, deuxième prémolaire, première et deuxième grosses molaires gauches sont petites et un peu usées, les deux dernières surmontées l'une et l'autre de cinq tubercules. Nous remarquons que la seconde est un peu plus grosse que la première, ce que l'on a cru longtemps particulier aux singes : on observe très-habituellement la disposition contraire, dans les races humaines actuelles (1).
La réduction des diamètres antéro-postérieurs se manifeste d'une part sur la moitié d'un frontal transversalement aplati (2) et sur la partie de l'écaillé occipitale qui comprend
(1) Cf. Priiner-Bey, Vhomme et Vanimal. {Bull. Soc. Anthrop., t. VI, p. 533, i865.)
(3) n n'est pas sans intérêt d'observer que cette pièce porte une suture médiofrontale, visible dans toute son étendue, et qui n'est fermée que vers le milieu de son trajet, dans une longueur de 1 centimètre environ.
Chap. Vil.] DÉBRIS HUMAINS DE LA VALLÉE DE LA SOMME. 217
les épaississements osseux, correspondant aux sinus. Il est facile sur ce fragment, comme sur une autre pièce qui lui est semblable, et qui vient de la même localité, de constater combien la protubérance externe est un peu marquée, combien Tocciput est taillé à pic.
Quant à la face, nous savons que Fangle interne et supérieur de Torbite est un angle droit et que Tapophyse orbitaire externe est fortement inclinée en bas, en avant et surtout en dehors, ce qui est en rapport avec un développement considérable du diamètre bimalaire. Ces deux caractères faciaux sont propres au groupe hyperboréen dont on a rapproché, avec raison, d'autres fragments tirés des cavernes et semblables à ceux que nous venons de décrire succinctement.
Débris homalns de la vallée de la Somme.
Après une trentaine d'années de recherches, Boucher de Perthes a découvert enfin, le 23 mars 1863, une partie de mandibule humaine dans le sable noir argilo-ferrugineux d'une carrière des environs d'Abbeville, à 5 mètres de profondeur et presque au contact de la craie, et à 30 mètres environ au-dessus du niveau de la Somme. Cette pièce était accompagnée de plusieurs dents et de deux haches supposées authentiques. Dans le sable jaune qui surmonte le sable noir on avait trouvé YElephas primigenins.
Tour à tour accepté et contesté, ce maxillaire inférieur, maintenant déposé dans les galeries du muséum de Paris, est demeuré célèbre sous le nom de mâchoire du Moulin Quignon. MM. J. Dubois, Hecquet, de Quatrefages, Prûner- Bey, etc., en ont fait une étude particulière; les deux premiers ont trouvé que « la branche ascendante était plus oblique d'arrière en avant qu'elle ne l'est chez l'homme de nos jours et que le condyle lui-même est déjeté en dedans et un peu en bas (1). A ces caractères importants, M. de Quatrefages
(1) BoQcher de Perthes, Découverte d'unemàchoire humaine dans le dUuvium.des faits qui la précédèrent et la suivirent. (Antiq. Celt. et Antédiluv., t. III, p. 127. — Cf. Comp, Rend, Aead, Se, 20 avril 1863. — il ne, Appendice, p. 40, — etc.)
918 HACHOIRB DD MUDLIN-QIHGNON. [Coat. V)I.
A ajouté ceux que fournissent rincorvaûon interne de l'angle de la mAcboire et la présence d'une gouttière profonde à la fftoe interne de l'os < étendue de la ligne oblique au voisinage du menton (4). > H. Prûner-Bey enân a conclu de son examen que l'individu du Moulin-Quignon « était probablement bra- (^ycépbale (2) i et l'a rappnx^é de quelques sujets petits el bracbycépbales d'un tumulus d» Suisse de Ydge du /'er et de certaines populations Tivantes du haut Nord de l'Ëuiope et de la lisière occidentale de cette partie du monde.
M. Busk cependant constatait que le maxillaire inférietu d'un individu exhumé d'une sépulture que l'on croyait eeltîqui à Hesniêres, près Abberille, offrait tes plus grandes analogies avec celui du Moulin-Quignon, et M. Evans, qui comme Falconer, avait été induit en erreur par les silex taillés extraits de la carrière, déclarés faux depuis lors, suggérait que l'inventeur du squelette de Mesnières avait bien pu procurer i quelque ouvrier d'Abbeville, la fameuse mandibule qui a émotionné le monde savant au printemps de 1863 (3).
Nos observations personnelles confirment celle de M. Busk. Les caractères si particuliers reconnus par MM. de Quatrefages, PrQner, etc., sur la michoire du Moulin^Quignon, nous ont paru faire presque absolument défaut sut les os similaires aujourd'hui nombreux des races quaternaires brachycépbales. On les trouve . au contraire , bien accusés sur quelques pièces des temps néolithiques, parmi lesqneUes nous citerons spécialement la mâchoire inférieure trouvée k Billancourt dans les hauts niveaux de la Seine rapportés commnnément au denier âge de pierre, la mâchoire du dolmen de Quiberon, sept mâchoires du dolmen de Chamant[4}, trois de celui d'Aigenteuil (ô], la mâchoire d'Epéhy qui vient d'un monument de U même période, une mâchoire enfin des tour-
\\\ Ur Q«ilT«tafN'S, A'«l* tar I* mitïmn 4imatTU fmr M. Bauchir ie Ptrihtx J^s k 4itar.>M JTAbbtrUk. (fUL. » •rril, rt Apf. àt.. p. 4346.)
{9^ rniii><r-lW;. Kmmm dt ta ■■!*»■>> et Jhalù-Ouyum «b powl dt iwe mJAiwjw'>>;W*'~ ("^-i K omÎ. — Âpp. tiL, p. 81.)
t3) VA. I >«ll, Amt.. Àpfm iir t. p. 4â.
(tl NuiiK-hu «. T, 8, 10, U « IT. vJTu. Sw. Jalàn^)
(8) Nuiihrw '■ ;• M 19. (W
Chap. VIL] AUTRES OSSEMENTS DE LA MÊME LOCALITÉ. 219
bières de la Somme, donnée par Boucher de Peribes au musée de Saint-Germain. Il semble que cette conformation ait été spéciale à quelques tribus occupant le nord-ouest de la France vers Tâge de la pierre polie.
Nos résultats anatomiques confirmeront-ils en même temps Topinion exprimée par M. Evans ? Nous n'avons pas à nous préoccuper de cette question qui n'a plus beaucoup d'importance aujourd'hui. Si, en effet, la première pièce découverte dans la Somme par M. Boucher de Perthes a été l'objet de contestations assez vives, soit en 1863, soit depuis lors, de la part d'un grand nombre de savants spéciaux, il n'en est pas de même des nombreux fragments osseux recueillis en 1864 par le même observateur, et qui, si la présence d'os humains dans les bas niveaux était reconnue nécessaire poinr prouver l'ancienneté de notre groupe, fourniraient tout aussitôt une excellente démonstration.
Grâce à ces découvertes, nous n'avons plus à débattre dans nos déterminations ethniques, les caractères plus ou moins remarquables d'un arc osseux qui s'adapterait peut-être mieux à un crâne dolichocéphale qu'à un crâne brachycéphale. La fouille du 17 juin 1864 a amené, en effet,- la trouvaille de la moitié antérieure d'un crâne, à 3 mètres de profondeur dans la carrière du Moulin-Quignon, La courbe frontale totale de cet individu mesure 135 millimètres, ce qui met à peu près hors de doute sa dolichocéphalie : ce frontal si long est en même temps étroit (d. frontal min. 97) et peu élevé, ses saillies sourcilières sont assez fortes, la racine du nez large (29 millimètres) et les apophyses orbitaires externes d'une bonne épaisseur. Enfin les sutures sont simples. Ce fragment nous paraît comparable à bien des égards à plusieurs crânes dolichocéphales précédemment décrits. Il n'y a malheureusement rien ou presque rien à dire des autres os recueillis par M. Boucher de Perthes en 1864, morceaux d'occipital ou de sacrum, vertèbres, extrémité inférieure d'humérus, etc. Nous avons cependant remarqué dans cet envoi des dents plus ou moins usées et une partie notable de mâchoire inférieure, malheureusement sénile, et par là même déformée,
!» CHANBS DE HEL6BART. [CHiv. VU
qui diffère dans presque toutes ses parties de la mâchoire du Houlio-Quignon. Sou menton pointu et triangulaire est particulièrement intéressant.
Il est longuement parlé de la découvette de ces ossemeots dans le troisième voliune des Antiquités Celtique» (1). Boucher de Perthes a aussi rappelé dans cet ouvrage que des dents et un petit morceau de mâchoire avaient été trouvés en avril 1863, à HencbecouTt (2), à un niveau inférieur à celui ou gisaient des fragmentsde rhinocéros, debceuf et decerf (3). .
Des outils en pierre taillée de formes très-diverses, les uns propres exclusivement à cette période, les autres dont l'utilisation persistera jusqu'à la découverte des métaux, puis des ossements d'animaux incisés, des fossiles artificiellement perforés, des fragments de squelette humain enfin, telles sont les preuves, irrécusables pour la plupart, de la coeiistencede l'homme avec les mammifères éteints avant et pendant la formation des dépôts de bas niveaux de nos lleuves.
L'étude des os humains trouvés dans ces couches nous a démontré que la race qui peuplait alors l'Europe et à laquelle Dons devons par conséquent attribuer ces divers monuments,
(1) Boucher de Perlhes, Nouvetta décûuverta d'ot humain» dant tt diluciiitn, en 1863 et 1864. (Op. cit.. t. III, p. 21S el sniv.)
(ï) BoQcherde Perthes, op.àt., t. III, oh. itj, p.SOOetsmv.
(3) H. de Vilory a présenté à la Société d'Anthropologie de Paris, dans sasiuice dn 16 juillet 1868, deni crânes hnmains et quelques fragments ossenx Ironïés aï milieu d'uD boia-taillis faisant partie d'un pare de Melgeart (arrondissement M Melle), appartenant à M. Aimé de la Chevredière. Ha 61aieni enfouis mK d'autres fragments bniuains à 3 mètres enviran de profondeur, dans nne eabliéi'. errain d'allarion quaternaire composé de six on sept couches distinctes de dé- Iritns calcaires reposant sur nn fond de roches tertiaires dont l'inclinaison allait du nord-ouest au sud-est. Avec ces ossements humains on a rencontré des dâbris de la fauDe des cavernes, identiques à ceni qui ont été Ironvés dans les fooillM de 1.1 carerne de Loubeat], située à une liene environ plus an nord. Malheur«iisi>mE!iit, ces fragments, mis d'abord à part, ont été ensuite perdus. Un médecin du p.iyg M rappelle cependant y avoir reconnu des os de l'ours des cavernes et dn renne. Les crânes sont remplis d'une m^ilière calcaire analogue à la pierre uieu- Viirc. Ils tout dolichoetphatei. (CI. Bull. Svc. Anlkrop , 2- sér., 1. III, p. SS3,
lhap. vu.] Résumé. m
était dolichocéphale et présentait des caractères spéciaux que nous retrouverons, mais atténués, dans les temps néolithiques et chez un grand nombre d'individus vivants de l'Europe occidentah, rapportés par quelques anthropologistes au groupe celte. Nous avons vu que ce n'est que vers la fin de Y âge que nous décrivons, que des brachycéphales qui différaient profondément par tous leurs caractères anatomiques des dolichocéphales aborigènes, se sont juxtaposés à ceux-ci dans la France septentrionale.
Qes résultats acquis définitivement à la science par l'étude des dppôts fluviatiles, nous allons les constater toujours les mêmes, si nous explorons les grottes à ossements dont le remplissage est réputé contemporain des couches que nous venons d'examiner. Dans ces cavernes, nous rencontrerons en effet des instruments de pierre semblables à ceux que les couches ae bas niveaux nous ont procurés; des os utilisés, plus abondants sans doute et plus variés d'aspect, mais presque aussi grossièrement incisés que ceux des alluvions ; des ossements humains enfip rapportables aux deux races dont il vient d'être parlé.