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CHAPITRE X

ÉPOQUE POST-PLIOCÈNE (SUITE

Émdes des terrains quaternaires supérieurs et des débris d'industrie qu'ils contiennent.— L'âge du renne. — Stations du Boulonnais. — CiiAtillon-sur-Seine. — Schussenried. — Stations correspondantes des cavernes. — Type des Eyzies, Massât, La Vache, Savigné, Le Chaffaud. — Type delà Madelaine, Laugerie* Uasse, Bruniquel. — Trou-Magrite, Goyet et le Salôve. — Type de Laugerie- Haute, Pont-à-Lesse, Solutré.

Terrains quaternaires supérieurs.

Avant de pousser plus loin nos recherches à travers les richesses paléontologîques des grottes et des abris, il convient, suivant la méthode que nous avons adoptée, de demander au quaternaire supérieur les renseignements qui pourront nous permettre de continuer le parallélisme précédemment établi entre certaines cavernes et les dépôts inférieurs et moyens. Nous avons sommairement exposé, dans un précédent chapitre (1), la constitution des couches quaternaires profondes de la France et de la Belgique, et Ton a vu que les argiles sableuses et marneuses à coquilles terrestres et à concrétions tufacées sont le dernier dépôt qu*il soit possible de rattacher à cet horizon géologique. Au-dessus se sont accumulés les argiles avec silex, les limons et les sables, dont Tensemble constitue le quaternaire snpéneur. Avec ces dépôts commence Vdge du renne.

Ce quaternaire supérieur, généralement très-pauvre en fossiles, a donné cependant dans quelques provinces, grftce à de persévérantes recherches^ un petit nombre de débris os-

(0 Voyei plus haut, p. iSO.

Chap. X.] TERRAINS QUATERNAIRES SUPÉRIEURS. i93

seux associés à des instruments de pierre et d'os qui correspondent, comme formes, à ceux que vont fournir les types de cavernes qu'il nous reste à examiner. * Ces débris osseux se rapportent au mammouth, au renne, au cheval et au bœuf. Le mammouth est de plus en plus rare ; les autres mammifères, le renne surtout qui donne son nom à cet dge^ sont relativement abondants. L'extinction lente de l'éléphant et des autres mammifères disparus s'accuse donc de plus en plus; ils coexisteront encore en petit nombre avec les animaux émigrés, pendant les premiers temps; la seconde partie de Y âge du renne n'en connaîtra plus un seul.

Stations du Bonlonnais.

Au commencement du chapitre précédent, nous avons parlé de débris d'industrie de ChâtillonJès-Boulogne, qui rentrent tout à la fois dans les formes du second et du troisième groupes de nos cavernes. Dans un certain nombre de localités voisines de celle-ci, à Alpreck, au Pont-Hamel, à Ningle, à Equihen, un limon, qui diffère un peu de l'autre par ses propriétés physiques et chimiques, et qui nous a semblé superposé à ce dépôt, nous a donné des instruments de silex, parmi lesquels se trouvaient encore quelques rares pointes du Moustier et quelques casse-têtes d'Aurignac, mais qui presque tous appartiennent à une industrie plus récente. Ce sont des nucleus de petit volume, de fines pointes de flèches pyramidales ou lozangiques, des lames et des couteaux parfois assez finement retaillés vers la pointe, des grattoirs enfin, ces derniers très-rares (1).

Trois éclats d'os longs, affectant grossièrement la forme sagittale, ont été trouvés dans ce dépôt, l'un à Equihen, les deux autres au Pont-Hamel (2).

Ce dernier gisement a fourni, à l'embouchure du ruisseau

(1) Em. Sauvage et E.-T. llamy, op. cit., p. 48 et suiv., 1866.

(2) E.-T. Hamy» Élude sur Vancienneté de l'espèce humaine dans le départe^ ment du Pas-de-Calais. {Bull, Sçe. Acadf de Soulogne-sur-Mer, 1866, n« 4, p. 217 etâuiyantes.)

294 BOULONNAIS, GHATILLON-SUR-SEINE. [Chap. X.

de ce nom, quelques débris osseux rapportables au renne et une dent de cheval. M, Leblanc, d'autre part, a extrait, à Odre, d'un entonnoir ouvert dans le calcaire portlandien et rempli du |méme limon, une défense presque entière d^elephas primigenius . Nous possédons nous-méme un bois de jeune renne trouvé à Blacourt, à 2 mètres de profondeur, dans ce même dépôt. Cette pièce porte des traces d'incisions manifestes, et pourrait bien avoir été destinée à la fabrication d'un de ces bâtons plus ou moins ornementés que nous signalerons plus loin dans les abris du même Âge.

Enfin M. Watelet a communiqué à M. Lartet, pour les Reliquiœ Aquitanicœ, le dessin d'un long harpon en os (1), découvert dans le dépôt alluvial, peu éloigné, de la Selacque, à 3 mètres de profondeur. Ce harpon est armé d'un seul côté de cinq dents récurrentes. Nous trouverons en abondance des instruments plus ou moins voisins de celui-ci dans les grottes et les abris contemporains.

ChAtlUon-siir-Selae .

Les instruments de pierre découverts par M. J. Beaudoin en IStfO, dans l'argile quaternaire supérieure de Châtillonsur- Seine, ne s'éloignent pas de ceux dont il vient d'être fait mention. Avec quelques armes c de forme triangulaire, larges et fortes, véritables armatures de javelots • (type du Moustier), cet observateur a trouvé, dans le dépôt exploité par les extracteurs de minerai de fer, des pointes nettement accusées de 2 à 3 centimètres, souvent taillées avec un certain art, et des (c lames allongées, un peu courbes, dont la partie concave n'offre qu'une seule facette, tandis que la partie convexe présente au contraire très-rarement deux, mais ordinairement trois facettes longitudinales. » Ces derniers, qui sont les plus fréquents, correspondent à nos couteaux (2), ainsi qu'on l'a compris, en lisant cette description (3).

(i) Rûliq. Aquitan, Deseript. of the pL, p. 53 et fig. iO.

(2) Voyez plus haut, p. i92.

(3) J. Beaudoin, iStir les tilex taillés trouvés aux environs de Chàtillon'sur' Seine. (BulL Soe, GéoL de Fr.,t* sér., I. XVH, p. 489, 1860.)

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