IMMUNITÉ NATURELLE
Immunité des êtres unicellulaires vis-à-vis des microbes et des toxines.
Les êtres unicellulaires, les amibes, les infusoires par exemple, ont le pouvoir d’échapper de différentes manières aux infections.
Le moyen le plus simple de ne pas succomber à une infection, est d’éviter le germe infectieux, et les organismes unicellulaires ont une sensibilité merveilleuse qui leur permet de fuir les microbes dangereux par un phénomène de chimiotaxie négative.
11 est intéressant de voir que dans un milieu contenant la flore la plus variée el la plus abondante, les amibes et les infusoires choisissent presque toujours les mêmes éléments pour en faire leur nourriture, et évitent les autres avec soin.
Salomonsen a montré, de même, que les infusoires ciliés ont une chimiotaxie négative vis-à-vis des cadavres d’infusoires de même espèce. Ils évitent ai nsi le contact avec des parasites qui ont déterminé la mort de ces derniers et échappènt à la contagion.
Les paramécies avalent et digèrent les vibrions cholériques comme elles le feraient vis-à-vis d’une substance nutritive banale. Elles se comportent souvent différemment vis-à-vis d’un même germe, suivant qu’il est à l’état de spirille, de bâtonnet ou à 1 état de spores. Ainsi, en présence de la première forme, les paramécies peuvent être altérées et succomber, en présence des spores au contraire elles se contentent souvent d’englober ces dernières et de les rejeter comme tout corps étranger quelles ne peuvent digérer. Ilatkine a bien étudié ces faits dans le laboratoire de Metchnikoff.
La même immunité se retrouve vis-à-vis non seulement de certains çorps microbiens, mais encore de leurs toxines. Les actions de la
PATHOLOGIE CELLULAIRE
toxine tétanique et de la toxine diphtérique sont Lien connues sur les animaux supérieurs ; Gengou a expérimenté ces produits toxiques sur les infusoires et il a vu qu'ils étaient dépourvus d’effet nocif spécial sur les paramécies.
Les infusoires jouissent donc d’une immunité naturelle vis-à-vis de produits microbiens très toxiques pour d'autres êtres. Mais voici encore un exemple plus frappant d’immunité naturelle par rapport aux toxines: ces derniers produits peuvent servir de milieu de culture àde nombreux organismes unicellulaires, bien loin d’entraver leur développement et de plus, par le fait de la pullulation de ces organismes, les toxines s’affaiblissent et perdent leur action nocive.
Metchnikoff et ses élèves se sont efforcés de montrer (pie l’immunité naturelle était tout entière contenue dans la phagocytose et, bien que nous ne partagions pas entièrement cette opinion, nous avons tenu à nous arrêter sur ce chapitre si important de l’englobement des microbes par les phagocytes.
L’amibe, l’infusoire et les globules blancs des animaux plus élevés se comportent vis-à-vis des microbes pathogènes d’une façon identique.
Les exemples fournis par Metchnikoff sont des plus nombreux. Le premier a trait à de petits crustacés d’eau douce, les Daphnies qui sont parfois atteintes d’une maladie causée par des Blastomycètes.
11 est facile de suivre au microscope les péripéties de la lutte à travers le corps transparent des Daphnies.
Les spores des parasites en forme d’aiguille pénètrent avec les aliments dans l’intestin de la Daphnie, le perforent, et arrivent dans la cavité du corps où les leucocytes les attaquent. Les spores sont saisies parles globules blancs, et sont détruites par leurs sucs digestifs.
L’organisme est ainsi protégé. Mais si les leucocytes n’ont pas saisi immédiatement les spores, celles-ci commencent à se développer, donnant naissance à de nombreuses cellules bourgeonnantes. Ces dernières sécrètent alors un produit toxique qui repousse les phagocytes et même les lue.
La Daphnie qui n’a pas été protégée à temps par ses leucocytes devient victime des parasites.
Les larves du scarabée rhinocéros, réfractaire au charbon et à la diphtérie, sont au contraire très sensibles au vibrion cholérique. Ces vibrions injectés chez les larves provoquent une chimiotaxie négative sur les leucocytes et se développent rapidement dans le sang, déterminant la mort des larves. L’injection de culture charbonneuse est par contre suivie d’un englobement des bactéries par les phagocytes et d’une digestion intracellulaire. La constitution des humeurs,
L’IM MUNITE.
suivant Metchnikoff, n’intervient pas comme facteur d’immunité naturelle, il appuie son opinion sur une série d’exemples, dont l’un d’eux est offert par la lutte entre la bactéridie charbonneuse et l’organisme de la grenouille. Celle-ci est naturellement rétractaire à l’infection charbonneuse : si des spores enfermées dans un petit morceau de papier buvard sont introduites sous la peau de la grenouille, elles germent, donnant naissance à des bactéries bien qu’elles soient imbibées par le plasma sanguin. Pendant quelque temps, les germes du charbon sont protégés par le papier buvard des leucocytes, et nullement entravés par les humeurs de la grenouille, mais bientôt les phagocytes traversent le papier, s’emparent des bacilles et les digèrent.
Dans l’exemple précédemment cité, il est également facile de montrer que le sang des larves du scarabée rhinocéros est un aussi bon milieu de culture pour le bacille charbonneux que pour le vibrion cholérique, et cependant la larve est sensible au vibrion cholérique et réfractaire à la bactéridie charbonneuse.
Les travaux de Metchnikoff, de Mesnil et ceux d un grand nombre d’auteurs ayant pour la plupart poursuivi leurs recherches à l’Institut Pasteur* apportent un ensemble de preuves solides en faveur du mécanisme phagocytaire de l’immunité naturelle.
Des objections nombreuses n’ont pas manqué de s’élever en face delà théorie phagocytaire, elles ont été formulées par Baumgarten, Petruschky et Fahrenholz, par Flügge, par Nuttall, par Buchner, etc., toutes tendent à diminuer l’importance du rôle des leucocytes, et a
le rattacher en partie à l’action protectrice exercée par les humeurs
de l’organisme. U est im donnerons seulement le l’immunité, après avoir acquise.
possible d’exposer ici ces discussions, nous résumé des principales théories relatives à indiqué les faits qui ont traita l'immunité